LES COUREURS DE BOIS
Extrait d'un mémoire d'Aubert de La Chesnaye, 1697.
Au premier temps, les François alloient seulement chez les Hurons, et depuis à Missilimakinak, où ils vendoient leurs marchandises aux Sauvages des lieux, qui ensuite les alloient eschanger à d'autres Sauvages dans la profondeur des bois, terres ct rivières ; mais à présent lesdits François, porteurs de congez, pour profiter davantage, passent sur le ventre à tous les Outaouas et Sauvages de Missilimakinak pour aller euxmesmes chercher les nations les plus esloignées, ce qui déplaist beaucoup à ceux-ci.
C’est aussi cela qui a fait faire de belles descouvertes, et quatre ou cinq cents jeunesses, des meilleurs hommes du Canada, sont occupez à ce mestier.
Ils nous ont donné la connoissance de plusieurs noms de Sauvages, que nous ne connoissions point; et à quatre ou cinq cents lieues plus loin, il y en a encore d’autres qui nous
sont inconnus,
LIEUX ELOIGNES QUE FRÉQUENTAIENT LES COUREURS DE BOIS DÈS LE PREMIER GOUVERNEMENT DU COMTE DE FRONTENAC.