‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 109 sur 662 · SAGEAN ENVOYÉ CHEZ LES IROQUOIS · texte numérisé non relu

SAGEAN ENVOYÉ CHEZ LES IROQUOIS

capitula, et fut, un soir, parler au Gouverneur, estant descendu à terre avec sa chaloupe, bien armé, ct ils firent la paix, sur la promesse qu'il luy fit de luy faire raison de ce qui luyrevenoit de sa part du butin, comme ledit Sagean l’a appris des gens mesmes du Gouverneur.

Le lendemain de cette entrevue, ledit Gouverneur proposa audit Sagean d'aller de sa part au fort d'Orange, distant de ladite ville de New-York de Go lieues, sur la frontière des Iroquois, dont ledit Sagean entend et parle la langue. — Ledit Sagean se défia du motif de cette commission, et crut que ce Gouverneur vouloit se défaire de luy, comme d’un tesmoin incommode de ses pirateries, mais son penchant pour ses compatriotes le determina à accepter ladite commission, qui estoit pour aller proposer auxdits Iroquois, lesquels alloient faire la traite audit fort d'Orange avec les Anglois, dont ils estoient amis, de ne plus tuer les François qu’ils prendroient en guerre, comme ils faisoient, mais de les amener audit fort, et qu'on leur y donneroit de la marchandise pour leur rançon. Ce que le Gouverneur disoit vouloir faire par reconnoissance, parce que les François du Canada en avoient autrefois usé de mesme à l’esgard des Anglois, lorsque ceux-ci estoient en guerre avec les Socouky et les Loups, qui estoient amis des François, disant ledit Gouverneur qu'ilne vouloit pas se laisser vaincre en générosité et qu’il leur vouloit rendre la pareille.

Ledit Sagean ayant donc accepté cette espèce d'ambassade, ledit Gouverneur luy donna cinquante pièces de huit pour fournir aux frais de son voyage. Mais, avant que de partir, il voulut pourvoir à la seureté de ses camarades, lesquels i! fit passer secrètement à la Longue Isle, qui n'est distante de ladite ville de New-York que d'environ une lieue.

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