‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 126 sur 662 · SAGEAN S'EMBARQUE A BORD D'UN FLIBUSTIER FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SAGEAN S'EMBARQUE A BORD D'UN FLIBUSTIER FRANÇAIS

Saint-Nicolas. Ce Moine les reçut avec hospitalité, et, pendant une semaine qu'ils restèrent à ladite isle, ils en receurent toutes sortes de secours et de consolations; mais n'y ayant point trouvé, non plus qu'aux austres isles, aucune occasion d'e quement, et ne prévoyant pas, suivant ce que l'on dis. qu'il y en dust avoir sitost, ils se résolurent de passer à l'isle de Saint-Antoine, au nombre de quatre seulement; deux de leurs camarades estoient restés à Saint-Nicolas, savoir, un Anglois et un Hollandois. Cette isle est aussi à la veuc de Saint-Nicolas. Ils avoient une lettre de recommandation dudit Religieux pour un autre père du mesme ordre, qui residoit à Saint-Antoine et qui leur fit le mesme accueil que l'autre.

Ils restèrent dans cette dernière isle, l'espace de deux mois, s'exerçant à la pesche pour tascher de gagner leur vie et de n'es pas tout à fait à charge aux habitans, qui, de leur co: r donnoient toutes sortes de secours. Au bout de ce temps-là, ils virent, avec beaucoup de joye et d'espérance tout ensemble, arriver un navire dans le port. C’estoit un françois, venant de la coste de Saint-Domingue, armé en flibuste. Le capitaine estoit un nommé Léger, Normand de nation, qui avoit commission de M. Ducasse, gouverneur dudit Saint-Domingue. Il y avoit d'abord armé une barque longue, avec laquelle il avoit pris, sur les Hollandois, le bastiment qu’il montoit alors. C’estoit une espèce de brigantin, du nom duquel ledit Sagean ne se souvient pas, qui avoit dix pièces de canon, ayant laissé ladite barque longue à l'isle de Saint-Vincent, avec la moitié de son équipage, qui avoit voulu s’en retourner à Saint-Domingue, tellement que,

ne luy restant plus que soixante hommes, tant François

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