‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 140 sur 662 · LE NAVIRE ÉCHOUE A L'ILE FORMOSE · texte numérisé non relu

LE NAVIRE ÉCHOUE A L'ILE FORMOSE

ne dessaouièrent quasi depuis leur départ dudit Malacca. — Tout cela fut cause qu'ils observèrent mal les courans et qu'au lieu de mettre le cap Ouest-Nord-Ouest, ils le mirent à l'Est-Nord-Est et furent eschouer le navire à la coste de l'ile Formose, esloignée de 120 lieues de celle d'Amoüé, le 22 Aoust de ladite année 1608, trois mois huit jours après leur départ de Surate. Le navire toucha d’abord sur un rocher, qu'il franchit, et fut s’enfoncer sur un banc de sable environ les quatre heures et demie du soir, à un quartde lieuc de terre. Ils furent contraints de passer la nuit dans le bastiment, qui, par bonheur, ne se brisa point. Le jour venu, chacun songea à son salut : le capitaine fut des premiers qui gagna la terre et fut suivi de tous les autres, dont il ne périt personne que le Père Avril, Jésuite, et un marchand anglois nommé Mister Henry, s’estant mis tous deux sur un piperv, où ils se noyérent. Un nègre, qui estoit avec eux, domestique dudit Père, se sauva à la nage. Il y avoit dans ce vaisseau, outre 150 balles de coton, de l’estain et des rotes ou rotins, 60,000 piastres en espèces, qui furent sauvées, avec quelque partie d’estain et de rottins et quatre petites pièces de canon de fonte, par les gens de l'équipage, car, pour les Chinois, habitants de l'isle, ils n'approchèrent jamais que pour piller. — [ls ont une grande aversion pour les Européens, dont ils ne veulent plus souffrir qu'aucun s’habitue dans iadite isle, à cause, disent-ils, de la tyrannie que les Hollandois y ont autrefois exercée sur eux, s’y estant allés establir pour y faire commerce, il y a cinquante à soixante ans. Il y pa-

roit mesme encore deux forteresses tout en leur entier, bas-

tis par lesdits Hollandois, l’une sur une pointe qui fait l'entrée du port ct l’autre au fond dudit port, où est la ville

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