LE MISSOURI, VÉRITABLE SOURCE DU MISSISSIPI
que c'est la véritable source du Mississipi, qui devroit plus légitimement se nommer le Missouri, Le pays, qu'ils y ont vu aux environs de ce fleuve, est en beauté et en bonté fort au-dessus de celuy du reste de la colonie; c'est un de ces climats heureux qui produisent de tout abondamment, sans contrariété, L'air est très sain, les saisons réglées aussi bien que tempérées. Les campagnes, parsemées de bois de toutes espèces; des prairies immenses couvertes de bœufs sauvages, de chevreuils, de cerfs et de toutes les autres espèces d'animaux sauvages ; le sel y abonde, quoyque esloigné de la mer, preuve sensible et certaine de la fécondité et du voisinage des mines,
On assure encore que les Sauvages y sont humains, afla bles, qu'ils estiment les Francois, mais encore plus les marchandises qu'ils leur portent; ils aiment, comme le reste des Sauvages, qu'on leur parle des mains et qu'on leur donne sans dessein; sur ce pied, les François sont de valeur et ont beaucoup d'esprit. Ce sont leurs expressions. Cette relation du Missouri n’est pas d'un seul voyageur; c'est après en avoir quesionné plusieurs séparément qu'on la rapporte icy.
Rien ne semble pouvoir s'opposer au projet que la despense: au premier coup d'œil, elle paroist considérable, s'agissant de faire remonter, près de Soo lieues sur des rivières rapides, environ cent cinquante personnes, avec des vivres, des munitions, des marchandises, ce qui demande au moins vingt pirogues ou bateaux à rames qu'on feroit construire exprès. Elle ne sera pas considérable, par rapport aux richesses qu'on retirera des mines et de la culture des terres.