GARNISON DES NATCHITOCHES
7 lieues d'un fort que les Espagnols ont construit aux Adayes, où 1ls entretiennent une garnison assez forte pour empescher les François de s'approcher du Mexique par les terres. — [1 y a dans le fort Saint-Jean des Natchitoches un détachement de vingt-cinq hommes de la garnison de la Nouvelle-Orléans, et ce détachement en fournit un autre de six hommes au village sauvage des Cadodaquious, qui sont à 150 lieues plus loin que les Natchitoches. M. de Saint-Denis, qui commande au fort Saint-Jean, demande une plus forte garnison, mais, comme il est le maistre des Sauvages de ce quartier, qu’il n'y a rien à craindre des Espagnols de ce costélà, et que de Bienville est convenu que cet officier n'avoit bcesoin que d'un détachement de quinze à vingt hommes, y compris celuy qu'il doit faire aux Cadodaquious, dont la Compagnie ignore encore la nécessité, c'est sur quoy M. Périer s'expliquera avec ledit sieur de Saint-Denis, atin de faire revenir les six hommes qu'on y a placez, s'ils y sont inutiles ; il conférera en mesme temps avec luy sur les moyens de
payer la garnison sans faire les frais d'y entretenir un commis,
ni d'y envoyer un convoy. La Compagnie croit que l’on peut
charger un sergent entendu et fidèle du payement de cette garnison et convenir avec luy de ce qu on luy donnera par an, tant pour ses passes que pour le transport des marchandises, qui seront nécessaires pour le payement de ladite garnison. Lorsque M. Périer aura déterminé le party qu'il trouvera le plus avantageux, il mettra l’aflaire en règle avec M. de La Chaise. Il conférera aussy avec M. de Saint-Denis sur les moyens de tirer des bestiaux des Espagnols établis aux Adavyes et de faire quelque commerce avec eux en marchandises.