JANVIER 1710, LA HARPE REMONTE LE MISSISSIPI
composer deux cents hommes. Cette nation s'occupe à élever des poules et à la culture du mahy et des fèves.
Le 28, nous partismes des Homas, ayant avancé deux petites lieues. Nous laissasmes à notre gauche la Rivière des Chétimachas, qui descend à la mer à l'ouest du Mississipy. Nous fismes rencontre, devant cet endroit, de plusieurs pirogues de cette nation, avec les chefs qui alloient à la Nouvelle-Orléans demander la paix à M. de Bienville, lequel les avoit presque tous fait détruire par nos alliés pour venger la mort de quelques François, auxquels ils avoient levé la chevelure.
Le 29, au matin, je tuay un chevreuil qui traversoit la rivière; peu après nous arrivasmes aux Bayagoulas, à la gauche de la rivière. Autrefois il y avoit un village de Sauvages de ce nom. La concession de MM. Pûris Duverney et De la Garde y est placée sous la direction de M. Dubuisson, qui est un très honneste homme, fort entendu, et, suivant toutes les apparences, il pourra réussir dans cet establissement, qui n'est esloigné de la petite rivière des Chétimachas que de | lieues. Cette nation s'est establie en 1719 à un quart de lieue de cette concession.
Le 1°" Janvier, nous avançasmes de trois lieues en sortant de chez M. Dubuisson. Le 2, nous fismes trois lieues jusqu’au passage de Manchac, qui traverse au lac Maurepas, ce qui est d'une grande commodité pour les bateaux, qui ont affaire en droiture au Biloxy et à l'Isle aux Vaisseaux.
Le 3, nous avançasmes de 6 lieues et fusmes cabaner aux Baslons Rouges. L'étymologie de ce nom vient de plusieurs
poteaux peints de rouge, plantés dans cet endroit pour servir
de limite entre /a nation Tonicas et Oumas pour leurs chas-