LES SAUVAGES SECOURENT LA HARPE DE VIVRES
pour douze jours. La pirogue de M. Blondel ct mon grand bateau, dans lequel j’avois envoyé MM. Le Blanc et Du Rivage, prirent à la gauche par un bayou ou ruisseau qui estoit un raccourci; mon guide sauvage nous fit continuer le grand chenal, de manière que nous nous séparasmes sans le scavoir.
Le 18, nous passasmes par des pays noyés; nous fusmes obligés de coucher dans nos bateaux, ne trouvant point de terre où pouvoir cabaner.
Le 19, nous avançasmes de 4 licues sans trouver de terre où descendre.
Le 20, nous avançasmes à l'entrée de la Rivière des Ouachitas, à 14 lieues du Mississipy. Voyant la rapidité des eaux et l'impossibilité de nous pouvoir rendre aux Natchitoches avec le peu de vivres qui nous restoient, je pris le parti d'envoyer aux Tonicas, avec une pirogue, le sieur Filoche pour Y traiter des vivres en fèves et mahis.
Le 21, nous eusmes connoissance » à la gauche de la riviere, de quelques chasseurs Sauvages. J'envoyay une de mes pirogues les chercher; ils estoient de la nation Famoucougoula, autrement appelée Anoy. Ils nous firent présent de quelques quartiers d'ours et de chevreuils:; je les retins pendant plusieurs jours pour chasser. Ils me tuèrent dix chevreuils et un ours, quantité d'outardes, de canards, quelques lievres et plusieurs écureuils; ils me peschèrent aussi beaucoup de poissons; je leur fis présent de deux fusils.
25, ma pirogue arriva des Tonicas avec un baril de
mahis et cinq de fèves, qui estoient tout ce que le sieur Filoche avoit pu traiter; nous fismes route le mesme jour pour suivre notre VOovagc.