‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 228 sur 662 · ARRIVÉE À L'ILE DES NATCHITOCHES · texte numérisé non relu

ARRIVÉE À L'ILE DES NATCHITOCHES

Le 19, nous montasmes le long d’un ruisseau qui court sur le Nord; de là nous entrasmes dans la principale branche

de rivière, qui serpente extraordinairement. — Le soir, nous cabanasmes à un escore, sur lequel nous tirasmes des dindes.

Le 20, nous suivismes la rivière qui serpente depuis le N.-O. à E..S.-E,; à une lieue de notre cabanage, nous entrasmes dans un ruisseau au N.-O., lequel est rempli de cypres. Ce bayou peut avoir une lieue de long et se termine à plusieurs branches de ruisseau, où est l’ancien portage des

Natcüitoches. Nous tirasmes plusieurs coups de fusil, les- 5 quels nous furent respondus ; après quoy, nostre guide nous c 4 it quitter le dit ruisseau pour entrer dans un autre ; qui court à l'Ouest. — A midi, nous entrasmes dans : des taillis si espais, qu'à peine y voyoit-on la lumière; e nous y restasmes quatre heures avec un travail incroyable, ; à À estant obligés de traisner nos bateaux sur la vase; ensuite s | nous arrivasmes dans une branche de rivière dans l'Est de e la grande isle des Natchitoches, à une lieue au Sud du fort. | Je m'y rendis le mesme soir par terre; nos bateaux restèrent - À à ce portage, estant une nécessité de faire couper les emie | barras de bois pour les faire passer à la petiteisle, sur laquelle ui est le fort, nommé de Saint-Jean-Baptiste. le É Le 21, j'envoyay le chef de la nation d'Oulchionis, avec r, | trente de ses gens, pour aider à couper les embarras de bois : es | ils y furent occupés jusqu'au 25 que nos bateaux arrivèrent rt È au fort, u- [ est d'observation que, depuis le rapide pour venir aux ce N

atchitoches dans les eaux hautes, il faut suivre les chenaux

à la droite et ranger les escores le plus qu'il est possible, toute

294 NATCHITOCHES. OULCHIONIS. YATASÉS.

cette multitude de ruisseaux que l’on rencontre sortant des mesmes lacs par où il faut passer.

Il est à remarquer que depuis l'entrée de la Rivière Rouge jusqu'aux Natchitoches, nous avons supputé avoir fait 83 lieues dans le N.-O., par la rivière, quoique par terre en droiture, il ne puisse y avoir que 38 lieues de chemin ou environ, l'isle des Natchitoches estant à la hauteur de 32 degrés 6o minutes.

La petite isle des Natchitoches, sur laquelle nous n'avons qu'un retranchement de pieux, sans canon ni pierrier, peut avoir Goo toises de long sur 300 de large; il est à une portée de pistolet de la grande isle, et à mesme distance de la terre Espagnole, sur laquelle il conviendroit d'avoir notre fort, le terrain y estant beau et sain, au lieu que, dans l'endroit où il est à présent, l’on y €. sujet à plusieurs maladies, l'isle estant fort aquatique, les eaux mauvaises, les brouillards continuels et l'air y pénétrant difficilement, à cause de l’espaisseur des bois qui l'environnent.

Elle ne laisse cependant pas d'estre très fertile aussi bien que la grande isle, produisant beaucoup de fèves, de mahis, de patates, de tabac, de coton et abondance de racines ct légumes différents.

Les Sauvages, quihabitentcesisles, sont les Natchitoches, les Oulchionis et les Yatasés ; ils necomposent entre eux tous que 150 personnes; ils nous sont fort attachés, mais ils sont mutins et très superstitieux; autrefois ils estoient errants. Dans l'année 1714, M. de Saint-Denis les porta à s’establir sur ces

isles, lieu où M. de Bienville envoya, en 1717, un déta-

chement commandé par M. Dutisné.

Le re Mars, le Père Manuel, chef de la mission des

Aday que } d'esta au-de Je :

guerr relasc Le du N un aË des N N.-0 Le trouv:

bois. .

pale d que rie escart mesm licue « Le.

dans & dithcil quels :

caban:

sur le Le au N..un pas

lieue a

Page 1