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LA HARPE PART POUR DÉCOUVRIR LES NATIONS DU NORD-OUEST

gnols tirent de l'or, que de 120 lieues de très beaux pays.

Le 1°" Aoust, le Caporal arriva des Assinais avec les chefs de cette nation, qui venoient m'assurer de leur amitié pour les François, nonobstant la rupture avec les Espagnols, Je leur fis des présents, afin de les engager à nous continuer leurs bonnes intentions; ils me chantèrent le calumet pour marque de leur sincérité, J'appris par le Caporal que nous avions la guerre avec les Espagnols, et que M. Blondel, commandant aux Natchitoches, avoit chassé les Pères Récollets de la mission des Adayes, ce qui me parut fort estrange, d'autant plus que ces bons Pères faisoient les fonctions d’aumosniers aux Natchitoches, Ce Caporal s'estoit mataché en sauvage ct avoit resté à la cabane du chef des Amediches jusqu'au départ des Espagnols, lesquels, appréhendant nostre garnison et nos Sauvages, s'estoient retirés de l’autre costé de la Rivière de la Trinité,

Voyant que cette guerre estoit un obstacle au commerce, que j'avois entrepris de faire avec les Espagnols, et que je n'avois rien à craindre d'eux pour le présent dans mon poste, je crus qu'il estoit de l'intérest du Roy d'aller à la descouverte des nations, desquelles l'on avoit fait mention du costé du N.-O., afin de faire alliance avec elles pour se faciliter les moyens de pénétrer dans le Nouveau-Mexique et chez les nations Padoucas, d'où les Espagnols tirent plusieurs richesses. Le Caporal m'avoit traité aux Nadacos et Assinais douze chevaux qu'il m'avoit amenés. J’en achetay encore dix de nos Sauvages : je les chargeay d'effets et de vivres, ct, le 11 du moisd'Aoust, je me mis en chemin avec nos deux guides Quidehais, un sauvage Nassonite, les sieurs Du Rivage et de la Filoche, un soldat.

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AOÛUT 1710. SENTIER CONDUISANT AUX TOUACARAS. 281

deux engagés et deux nègres. Le mesme jour, je depeschay une pirogue à M. de Bienville pour l'informer de l’estat de la garnison et des entreprises que j'avois faites; je luy demanday une commission pour pénétrer dans la partie de l'Ouest, afin de me mettre à couvert des événements qui auroient pu survenir.

Nous avancasmes de 3 lieues Sur-O. N.-0. ce mesme jour. Le 12, nous passasmes plusieurs prairies et des pays rempli: de vignes; nous fismes six lieues au O. un quart N.-O.

Le 13, au mesme aire de vent, nous avançasmes de à lieues. Nous passasmes plusieurs chaisnières et autres bois de noyers ; nous cabanasmes près d’un estang.

Le 14, sur le N.-O., nous marchasmes 6 lieues par un bois de futaye, dans lequel l'on commence à trouver des pierrières. Ensuite nous tombasmes dans une grande prairie sur roc en partie, qui continue dans l'Ouest, le long de la rivière, au village Cancy, establi dans le Nouveau-Mexique. L'on descouvre de cet endroit, du costé du Nord, plusieurs chaisnières de montagnes.

Le 15, dans le N.-N.-0., nous fismes cinq lieues. Nous traversasmes la prairie et nous campasmes près d'une croix de chemin, qui forme deux petits sentiers: l'un qui court dans le Ouest aux nations errantes, et l’autre au N.-O. qui est celuy que nous suivismes le lendemain.

Le 16, sur le N.-O., nous fismes 5 lieues par un très beau pays de costeaux ; nous fusmes passer la nuit dans un bois de futaye.

Le 17, nous restasmes au cabanage; nos guides nous tuérent deux vaches ct quelques chevreuils; mais la chaleur

estoit si grande que la viande ne pouvoit se conserver plus

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