LE ROCHER NOMMÉ LE ROCHER FRANÇAIS
Le 8, à six heures du matin, nous sommes sortis du cabanage. Ayant avancé de 4 licues, nous avons entouré une pctite isle, entourée d’une longue batture, sur laquellé M. de Francôme a tué un bœuf. Nous avons fait ce jour 4 lieues trois quarts, qui n'ont valu, réduites, que 3 lieues ct demie, et la route le N.-O.
La rivière continue d'estre plus large, pouvant avoir à présent plus de 130 toises de largeur.
Le 9, ayant avancé d’une lieue, nous avons trouvé des pays sur roc, ct à une lieue au-dessus le rocher, qui est à la droite de la rivière; nous l'avons nommé le Rocher Français. C’est ur: accore de montagnes de roc propre à faire de la chaux qui forment trois montagnes fort rapides; il peut avoir d'accorc 1 30 pieds. [l y a dessus quelques chesnes, quelques noyers cetquelques pins. L'on y trouve une pierre qui a du rapport au marbre, estant fort jaspée; mais elle est dure comme Île caillou ; il y a aussi plusieurs carrières d'ardoises, mais elles ne sont pas si commodes à travailler que celle que nous avons trouvée à une lieue au-dessous : il y en a des carrières, des plus belles que l’on puisse voir, très fines, s'élevant par écailles, et en si grande abondance qu’elles fourniroient à toute la colonie.
Il y a aussi à ce rocher de très belles pierres noires, propres à bastir; elles sont naturellement taillées et de toutes grandeurs. Nous avons monté sur cette montagne et gravé dans le haut, sur un arbre, les armes du Roy. Nous avons aperçu du costé de l'Ouest plusieurs montagnes et de beaux pays. Au pied de ce rocher, il y a une chûte d'eau, qui forme un bassin fort agréable, dont l’eau est très claire et fort fraische.
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AVRIL 1722. LA PIROGUE TOURNE. 375 rogue, qui avoit pris le devant avec nos deux Sauvages et quatre soldats, a esté jetée sur un embarras de bois par la violence du courant, de façon qu'elle a tourné. Le monde s'est tenu aux embarras de bois; mais tout ce qui estoit dans la pirogue a esté perdu : ce qui consiste en quatre-vingt-cinq pioches ct haches, une chaudière, trois fusils et plusieurs autres objets, froment et nippes. Nous avons eu beaucoup de peine à retirer la pirogue de dessous les bois, après quoy nous avons fait route.
Nous avons fait ce jour 3 lieues et demie qui n'ont valu, réduites, que 2 lieues trois quarts dans l'Ouest 1/4 N.-O.
Le 10, nous sommes sortis par un temps Couvert: peu après, la pluye estant survenue avec du tonnerre, nous avons
cabané à la gauche sur une batture, laissant à la droite une petite montagne ; notre Sauvage a tué dans ce lieu un bœuf.
Ce jour nous avons fait 5 quarts de lieue, lesquels, réduits, ont valu une lieue dans le N.-O.
Le 11, la nuit passée, nous avons entendu une grande quantité de loups aux environs de notre cabanage. Nous avons remarqué que l’eau commence à monter. A cinq heures du matin, nous sommes sortis de ce lieu. Ayant avancé d’une lieue, nous avons aperçu, à la gauche, plusieurs petites montagnes, lesquelles continuent dans les terres. À 3 quarts de licue plus loin, nous avons laissé à la gauche une isle qui gist Nord et Sud une lieue, sur laquelle l’on a tué un bœuf. A une lieue et demie plus loin, nous avons cabané à la droite, près d'une batture, sur laquelle Bontemps, le sieur Bressent et moy nous avons tué deux bœufs et quatre vaches et pris
un veau en vie. C'est une chose remarquable que ces bœufs
sauvages vont par bandes, et que chaque bande compose toute