VILLAGES DE PANIS= — MINES
souri. L'on y découvre, du costé du Midy, quantité de belles prairies et du costé de l'Ouest beaucoup de montagnes, où il y a, suivant le rapport de plusieurs voyageurs, des mines de cuivre, dont ils ont rapporté différens morceaux pesant jusques à quinze livres, avec du cristal de roche.
A 50 lieues, continuant de monter, vous trouvez une rivière qui vous conduit à une autre, nommée Rivière des Panis, distante de 22 lieues, qui paroist aussv grande comme le Missoury. Vous trouvez le village de ce nom, à 15 lieues dans cette rivière, composé de cent cinquante cabanes. Les voyageurs dans ces cantons rapportent, après les Sauvages, qu’il y a beaucoup de mines.
A 8 lieues de leur village, en montant cette dernière rivière, vous trouvez celle appelée du Cerf écorné. Entrant dedans environ 30 lieues, on y trouve huit villages Panis, à demi lieue les uns des autres; l’on ne scait pas encore le nombre des Sauvages qui les habitent.
À 3o lieues de la rivière du Missourv, il y a quantité de mines, Dans tous ces endroits là, les Espagnols y faisoient des
descouvertes pour les mines, aflin d'y establir des postes. Les
Sauvages ne les voulurent point souffrir en 1720. Après
leurs guerres, les Sauvages trouvèrent quantité de morceaux d'argent faits par les Espagnols.
Les montagnes de ces quartiers sont pareilles à celles, où cette nation trouve tous les jours des mines d'argent, dont ils font le meilleur usage du monde. Il y a des voyageurs qui portèrent à Pensacola, en 1715, des morceaux de ces mines, les fondirent et en tirèrent de l'argent aussy bon, dirent-ils, que celuy qu'ils tirent de leurs mines.
À 90 lieues au-dessus, dans le Missoury, en parcourant
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MAHAS ET RICARAS, — MINES, 395
plusieurs rivières, vous trouvez le village des Mahas du costé du Nord, où il y a quantité de mines. Là sont plusieurs nations crrantes de Sauvages, qui ont toujours grande guerre avec les Espagnols, et qui donnent souvent sur les mules ou autres animaux, dont ils forment leurs convois, lorsqu'ils transportent de l'argent des mines, où ils travaillent fort près d'eux. Quand ils peuvent en attraper quelques-uns, ils les tuent ct abandonnent leurs richesses, n’en sachant pas la valeur, disant que c’est du fer blanc.
Il y a lieu de croire qu'ils sont aujourd'huy plus raffinés, parce quelle nommé La Fleur, Canadien, voyageur allant chez eux en traite, sur quelques morceaux qui traisnoient avec négligence dans leurs cabanes, leur dit que ce fer blanc, qu'ils appeloient ainsy, estoit de valeur ; il leur en traita pour plus de 200 p. gourdes, ce qui leur fit ouvrir les yeux et ils promirent audit François qu'ils en amasseroient pour luy et le luy donneroient au premier voyage.
À 10 lieues de cet endroit vous trouvez les nations des Ricaras ; ils sont alliés avec les Mahas et errants comme eux. [Is rapportoient qu'il y a des Montagnes d'une haulteur prodigieuse et quantité de petits ruisseaux et rivières. où le sable sur lequel elles coulent est jaulne. Ils disent, suivant le rapport des interprètes, que ce sable souffre la pesanteur du marteau.
La pratique et connoissance que je puis avoir dans les métaux, mines et minières, me fait dire qu'il n'y a point de sable de cette couleur et de cette dureté, où il ne se trouve de la poudre d’or ou autrement Mine lavaderre.
Ces mesmes Sauvages rapportent encore avoir veu au bas
de plusieurs montagnes, qui sont à quatre journées de l'en-