OCTOBRE 1724. GRANDE RIVIÈRE DES CANZÉS
dix heures, une petite rivière; à onze, un ruisseau. Ainsy nous sommes arrivés à la Grande Rivière des Canzés, que nous avons passée à gué; il n'y a que trois pieds d'eau, et le sable y estoit mouvant. Nous avons deschargé nos chevaux . ils y enfonçoient. Nous avons fait cette traversée du Nord au Sud; de là nous avons continué du costé de l'Ouest-Sur- Ouest. Il y avoit une petite rivière à droite de nostre chemin, ct des petits costeaux à gauche; une autre petite rivière cet de grands costeaux; l'aire de vent de ceste rivière est tout droit à l'Ouest; elle entre dans celle du Missoury à environ 20 lieues d'où nous l'avons traversée. Quand les eaux sont hautes, cette rivière paroist aussy grande dans des endroits comme le Missoury ; elle est d’une belle longueur, à ce que disent les Sauvages. Il y a, le long d'elle, des bois des deux costés, quantité de chevreuils, de cerfs, de dindes, du canage, des bœufs et vaches sans nombre. Nos chasseurs en ont tué deux pendant nos traversées. Nous sommes venus camper où il passe une petite rivière. Nous avons fait, suivant nostre estime, $ lieues. Grandes prairies, costeaux, où les pierres sortent de terre, et l'herbe est bien courte, bouquets de bois à droite et à gauche.
12 Octobre. — Nous sommes partis à cinq heures du matin, nous avons marché jusqu'àonze heures et demye ; nous avons arresté pour disner. Nous avons marché jusqu’à six heures du soir, nous avons fait S lieues, suivant nostre estime.
Nous avons costoyé toute la journée de grandes escores sur
nostre gauche, grandes prairies unies, costeaux, vallons, où il y a quantité de pierres grosses et petites. Nous voyons des quantités de bœufs, de vaches, des troupeaux de cerfs ct de biches ; il y en a plus de deux cents ensemble, Il y à des