OCT. 1724. DÉPART DE CHEZ LES PADOUCAS
mont luy respondit : « Demain matin. » Le Grand Chef luy dit: « Très bien, mon Père, je m'en vais haranguer dans mon village pour qu'on apporte à manger pour toy et pour tes oucrriers, » À deux heures après midy, le Grand Chef des Padoucas est venu à nostre camp et dit à M. de Bourgmont: « Eh bien, mon Père, tu pars demain: ainsy, je te prie de te souvenir de moy ct de toute nostre nation; ne manque pas de nous envoyer des François le plus tost que tu pourras, et qu’ils nous apportent des marchandises; nous leur traitcrons des chevaux. Nous en aurons plus qu'à présent, car nous en irons chercher, en ton absence, chez les Espagnols, et dans le cas où les François voudront y aller, je les v feray conduire jusqu'à leur village. »
22 Octobre. — Nous sommes partis des Padoucas à dix heures du matin. Nous avons marché jusqu'à cinq heures, nous avons fait 5 lieues ; l'aire de vent que nous avons tenue est à l'E.-N.-E.
Manière de rirre de cette nation. — Les villages de cette nation éloignée des Espagnols vivent tous de chasse, hyver comme esté. Cependant ils ne sont pas tout à fait errans, car ils ont de grands villages, où ils ont de grandes cabanes. Îls vont en chasse par bandes de cinquante à quatre-vingts, ct mesme jusqu’à cent cabanes ensemble ; et quand ils arrivent à leur ancien village, ceux qui estoient restés repartent incessamment, ct les arrivants apportent avec eux des provisions de viande sèche, quoyqu'ils avent le bœuf et le cerf, aupres de leurs villages, d'environ cinq à six journées. [ls trouvent des bandes de bœufs et de vaches en grand nombre et en tuent tant qu'ils veulent.
Manière de cette nation pour faire leur chasse. — Le
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