NOMBRE DES CABANES DU VILLAGE DES PADOUCAS
miliers, ce qui donne à connoistre qu'il y a longtemps qu'ils pratiquent les Espagnols. Pour le peu de séjour que nous avons fait chez eux, ils s'estoient rendus fort familiers parmy nos François, et ils auroient bien voulu que M. de Bourgmont leur en eust laissé quelques-uns chez eux ; ils dirent qu'ils en auroient grand soin.
Il y avoit au village où nous avons fait la paix environ cent cinquante cabanes, qui faisoient environ huit cents guerriers, ct plus de quinze cents femmes, et environ deux mille enfants. Il y a des Sauvages qui ont jusqu'à quatre femmes, Ils ont aussy quantité de chiens, qui traisnent leurs équipages quand ils manquent de chevaux. Les hommes se couvrent toutes leurs nudités ; la pluspart portent des culottes de peaux passées, ct les bas tiennent ensemble à la manière espagnole. Les femmes se couvrent avec des robes de peaux passécs ; les brassières et la jupe se tiennent avec des franges tout autour de la mesme étoile.
Cette nation est tout à fait dénuée des marchandises qui viennent d'Europe et en a fort peu de connoissance, Quand nous touchions nos armes à feu devant eux, ils baissoient la teste de peur ; ils craignent beaucoup les armes à feu. Quand ils vont en guerre, ils vont tousjours à cheval, etils ont des peaux de bœuf passées exprès, dont ils se garnissent, et ils entourent les chevaux qu’ils parent contre les flèches.
23 Octobre. — Nous sommes partis de nostre camp à cinq heures, Nous avons fait ro lieues dans nostre journée; l'aire de vent, que nous avons suivie, est à l'E.-N.-E. Beau temps.
24 Octobre. — Nous sommes partis à cinq heures, nous
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