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QUATRE OSAGES JOINTS À LA DÉPUTATION

vostre voyage. L'on meurt partout. Nous voyons tous les jours des hommes et des femmes, qui viennent d'où vous allez, quoy qu'ils soyent François. Vous estes des hommes comme eux; un de nos enfans y a esté et s’en retourne avec nous.

Ne doute donc plus aujourd'huy de la confiance que nous avons en toy. Tu ne nous as jamais trompez : prends le soin de tes enfans. S'ils sont plus de vingt-cinq lunes sans revenir, nous les comptons morts.

Nous espérons que nos gens ne reviendront pas nuds ny les mains vuydes, s'ils vont dans ic pays où se fait tout ce que nous aimons.

Paroles de la nation Osage. — Voilà, ne°re père, nos frères les Missoury qui viennent de te parler; nous estions tous ensemble convenus de ce qu'ils ont dit. Nous croyons que tu dois estre content de nous, aussy bien que de toutes les nations de cette contrée.

Fu nous as dit que le Grand Chef des François t'avoit envoyé pour establir un poste, et faire la paix et une alliance générale tant avec nos alliés qu'ennemis; tu nous dis estre content, ct que tu vas en rendre compte à ton maistre qui est notre véritable père. Nous te chargeons de quatre des principaux de notre nation aux mesmes conditions que les Missoury. Aye pitié d'eux, nous te les recommandons.

Nous allons attendre leur retour pour savoir se que l'on demande de nous et pour nous rapporter ce qu'ils auront vu dans leur voyage.

Les Otoptata, dans l'assemblée des chefs de leur nation, parlent : Tu sçais, notre père, quenous ne sommes pas moins bien

intentior : que les Missoury et Osages, qui viennent de te

parler, a ire ce que tu demandes de nous. Tu nous demandes

452 LES OTOPTATAS N'ENVOIENT QU'UN DÉPUIÉ,

trois chefs de nostre nation pour aller de lautre costé du soleil, où est le Muistre de toutes les nations, Nous souhaitons d'apprendre par le retour de nos alliés si tout ce que tu nous dis est vray.

Nous ne voulons risquer qu'un de nos gens. Tu sçais que nous députasmes, il y a dix ans, son grand père, grand chef et grand guerrier, pour aller jusqu’au bord de la mer, qui est fort éloigné d’icy, porter le calumet de paix; il y mourut, Nous l'avons beaucoup regretté, nous le pleurons encore; celuv-cy en passant va voir les os de son père. Ne prends pas cecy pour une lascheté; tous les François de ce pays sçavent que nostre nation a esté détruite par la guerre. Nous ne te parlons pas beaucour, d'autant que les Missourys viennent de te parler pour ‘es trois nations, portant parole pour

tous.

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