‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 407 sur 662 · V PROJET DE RELATION DE COMMERCE ENTRE LA LOUISIANE ET SANTA-FÉ · texte numérisé non relu

V PROJET DE RELATION DE COMMERCE ENTRE LA LOUISIANE ET SANTA-FÉ

Copie de la lettre écrite au Père de Beaubois, par le Père Sant-lago de Rebald, vicaire et juge ecclésiastique du Nouveau-Mexique.

Je vous escris, Monsieur, par l'occasion de neuf François qui sont venus de la Nouvelle-France, nommés Pierre et Paul frères, La Rose, Philippe, Bellecourt, Petit-Jean, Gallien et Moreau ‘sic), lesquels m'ont communiqué le dessein qu'ils avoient d'introduire un commerce dans ces provinces, lesquelles se trouvent actuellement dénuées d'argent, et, si on leur permettoit d'exécuter leur dessein, on lèveroit avec facilité cet

obstacle, puisque nous ne sommes éloignés que de 200 lieues

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DEMANDE DE MATTHANDISES, 465

d'une mine fort riche et abondante en argent, nommée Chiquagua, où les habitans de ce pays vont souvent commercer; et, s'ils voyoient apparence de pouvoir employer ce qu'ils en pourroient retirer , cela les animeroit à travailler plusieurs mines qu'ils ont. Et, comme ces François m'ont parlé de Votre Révérence et du grand crédit qu’elle a dans la province et ville de la Nouvelle-Orléans, je luy escris en langue espagnole et non en latin, pour ne la pas ennuver, pour m'informer de l'estat de sa santé que je luy souhaite parfaite et bien de la prospérité, luy offrant mes services. J'occupe icy la place de vicaire et de juge ecclésiastique de ce royaume.

Mon révérend Père, ces François m'ont fait entendre que je pourrois vous demander les marchandises, dont j'aurois affaire, pour subvenir aux besoins de ma famille et que je les aurois facilement par vostre moyen, veu le crédit que vous avez parmy les vostres. Je profite donc sans délai de cette occasion pour vous supplier de me procurer le montant du mémoire cy-joint et de l'envoyer, s'il ÿ a moyen, en me donnant avis des prix fixes en argent ou réaux, auxquels je satisferay en honneste homme et le plus tost que je pourray. Et quoy que je sois dans un royaume où l'argent roule peu, ce que je gagne de ma chapellenie m'est payé en argent où en réaux que je pourray amasser, mais pour l'avenir j'ay quatre mille piastres à Chiquagua que je feray venir sur la response de Vostre Révérence, et nous sçaurons sur quoy nous devons tabler, pourvu que je trouve mon compte sur les marchandises de votre pays; mais, suivant ce que l'on m'a dit, je présume que je le pourray trouver.

Crainte de vous molester, je suis le serviteur de Votre Révérence.

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