ESPOIR DE FAIRE UN CONVOI TOUS LES ANS A SANTA FÉ
beaucoup plus. Quoy qu'il en soit, le voyage de ces Canadiens eust esté infructueux et personne n'eust pu retourner à Santa-F'é, sur leur journal, où les routes ne sont pas marquées, si nous n'eussions trouvé quelqu'un capable d'y retourner avec eux, non seulement pour relever cette route, mais encore pour faire toutes les observations convenables dans le pays et y jeter les fondemens d'un commerce, qui peut devenir extrèmement important, [l est vray que ce commerce aura de grandes ditticultés par la distance des lieux; cependant, lorsqu'on pourra aller par eau, il ne sera pas plus diflicile d’y faire un convoy tous les ans, aux eaux hautes, qu'il ne l’est d’aller aux Illinois, et quant à ce qui restera de chemin à faire par terre, les chevaux, qui sont en grande quantité dans ce pays, rendront le transport des marchandises praticable. Il ne sera pas impossible d'ailleurs d'engager les Espagnols à les venir chercher à un lieu d’entrepôt, puisqu'il paroist, par une des lettres cyjointes, que les gens de Santa-Fé vont commercer aux mines de Chikagua, à 200 l'sues de chez eux. Il paroist aussi par cette lettre, et les Canadiens assurent qu'il y a des mines connues aux environs de Santa-Fé, Ils disent mesme qu'on leur en a fait voir une, à trois quarts de licue de la ville, ctque, si les Espagnols avoient le débouché de l'argent, ils en tireroient:; ils les metiroient bientost en valeur.
Tous ces objets réunis à ceux contenus dans le mémoire ci-joint qui nous a esté représenté par le sieur Fabrv, Écrivain de marine icy, nous ont déterminé à accepter l'oflre qu'il nous a faite d'aller avec les Canadiens pertectionner leur descouverte ; les voyages qu'il a desjà faits dans la colonie nous
font présumer qu'il pourra soutenir les fatigues et les risques
de celui-cy. C'est d’ailleurs un sujet plein d'émulation, et à
tm
FE