‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 453 sur 662 · POSTES AUX SIOUX ET A TEKAMAMIOUEN · texte numérisé non relu

POSTES AUX SIOUX ET A TEKAMAMIOUEN

vous dire qu'il est extrêmement froid, où il est impossible d'y faire venir aucun grain, ‘et les peuples ne vivent que de chasse, ce qui les rend errans, ne pouvant se tenir en villages, et ne s'assemblent qu'une fois l'année pour faire leurs aflaires, tant pour la guerre que pour régler les lieux où ils doivent chasser.

C'est, Monseigneur, l'endroit du Canada qui fourniroit la meilleure pelleterie, et c'est ce qui fait le commerce des Anglois à la Baye d'Hudson, et pour les empescher d'y aller, il faudroit faire un establissement à Tekamamiouen, qui est à cent lieues de Gamenitigoya, à l'Ouest et dans les terres, situces sur le bord d'un Lac qui porte ce nom. Il ne seroit pas difficile, si l'on y estoit establi, d'attirer ces peuples, pourvu que l’on ait quelques présens de tabac noir, poudre et plomb à leur faire, et l'on ne sçauroit les.

(La suite manque.)

VIT ETABLISSEMENT DE LA RIVIÈRE SAINTE-CROIX CHFZ LES SIOUX ET DU POSTE DE TEKAMAMIOUEN, USAGES DES SAUVAGES,

Extrait d'une lettre de M. Pachot.

Québec, 27 octobre 1722, Monsieur,

Je n'ay reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de

m'écrire à la Rochelle, datée de Versailles, le dix-neuf Juin VI. 4:

514 1722, — TERKAMAMIOUEN LT SIOUX,

de la mesme année, que par le bastiment de M. Richard, qui a parti vingt jours après nous; cela ne m'empesche pas, Monsieur, de vous envoyer les Mémoires que vous désirez; je souhaiterois mesme estre honoré de quelque commission de vostre part, qui méritast une plus grande application. Mais, enfin, Monsieur, au sujet de l'establissement de la riviè Sainte-Croix chez les Scioux et de celuy de Tekamamiouen, je croy vous donner les plus justes idées pour un commencement. Dans la suite, si on réussit à mettre la paix parmi ces nations, on pourroit prendre des moyens plus solides et convenables aux considérables commerces, que l’on feroit dans ces postes par la quantité de castors qu’il y a et le grand nombre de nations que l’on attireroit à soy.

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Ces deux establissements paroissent d’une nécessité très grande pour la colonie du Canada, en ce que le castor, qui er fait le commerce, commence à estre tout à fait détruit de tous les autres postes, et que l'on attireroit aisément une bonne partie des pelleteries qui vont à la baye d'Hudson, si l’on estoit une fois installé à Tekamamiouen, et que mesme nous pourrions avoir dans la suite les Sauvages de la Mer pour nous, si l'on vouloit, en cas que la guerre vinst, faire quelques entreprises sur les Anglois pour ravoir les postes qu'ils occupent de ce costé, qui fournit le plus de castor gras et pelleteries fines.

Pour réussir dans l’establissement de Tekamamiouen, il seroit à propos que celuy des Scioux se fist en mesme temps, car ces deux nations estant en guerre, c’est se faire des ennemis en n’allant que chez une des deux, et, pour ne pas trop risquer dans ces entreprises, il faudroit aussy qu'il n’y allast, les premières années, que quatre congés dans chaque, donnés aux

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1722, —— TEKAMAMIOUEN ET SIOUX, 515

Commandants desdits postes, moyennant quoy ils se chargeroient des dépenses nécessaires pour bien les entretenir, à l'exception de quelques présents, qu’il leur faudroit débourser pour ménager la paix entre les différentes nations de ces lieux, qui pourroient se monter à trente ou quarante pistoles, dans chaque poste, par chaque année, en effets que le Roy feroit parvenir à son magazin. Ce qui faciliteroit les moyens d’avoir des esprits à soi, que l'on ne peut gagner que par la dépense, qu’il est impossible à un officier de soutenir, s'il n’est un peu secouru.

Ces huit canots supposés, que Sa Majesté donneroit à deux officiers pour l’establissement de ces deux postes, demanderoient à estre exploitez dès la fonte des glaces, afin de pouvoir se rendre facilement sur les lieux, et,comme, la première année, il faudroit y porter quantité de grain, et qu'il est ordinairement cher à Michilimakinac, on ne pourroit faciliter le moyen de soutenir les gros frais, qu’en permettant à chaque officier d'envoyer un de leurs canots, dès l'automne, avant leur départ, hyverner dans le lac Erié pour, dès le printemps, prendre les provisions nécessaires, au Détroit, avec la liberté de les acheter des Sauvages mesmes, sans estre obligez de les prendre de celuy qui en remplit ses greniers pour les survendre et vexer tout le monde. De cette manière, ceux qui s’en iroient, le printemps, par la Grande Rivière trouveroient les autres tout près au Sault-Sainte-Marie, où ils les viendroient attendre et leur épargneroient la peine d’aller à Michilimakinac, ce qui accourciroit le chemin de soixante lieues, que l'on est souvent très longtemps à faire, par rapport aux traversées qu'il y a dans cette route, de sorte que cela mettroit en estat de se rendre aux

deux postes, dont nous parlons, dans un esté.

510 1722, — TERAMAMIOUEN, — SIOUX,

L'ofticier, destiné pour ‘Tekamamiouen, se sépareroit de l’autre au Sault-Sainte-Marie et prendroit le Nord du lac Supérieur pour aller passer à Kamanistigouyangue, où il prendroit langue avec le commandant de ce poste pour travailler de concert au bien du service de la Colonie. Le plus beau chemin pour aller au prétendu establissement seroit par une petite rivière, nommée Nantokousgane, qui est à environ sept lieues de Kamanistigouyangue.

L'autre commandant, destiné pour les Sioux, passcroit par Chagouamigon, pour s’aboucher aussi avec l'officier de ce poste, et iroit ensuite par Neouissakouete s'establir au Sault- Saint-Antoine,

Ces deux officiers, rendus dans chacun de leurs postes, travailleroient unanimement à faire faire la paix à toutes les nations qui les occupent, et il leur seroit aisé de se faire sçavoir des nouvelles de l’un à l’autre, dans le cours de l'hyver, et de fixer un lieu de rendez-vous pour terminer les aflaires, s'il estoit besoin. Ils s'attacheroient à faire cultiver la terre aux Sauvages, à la cultiver eux-mesmes, le climat et le terroir y estant tout propres à produire beaucoup, pour éviter les trop grands frais de transport des vivres et mesme en fournir dans la suite au Lac Supérieur.

Comme les hommes, qui seroient avec ces officiers, se trouveroient obligés de laisser, tous les cestés, pour descendre le provenu de ces postes, il est d'une très grande importance qu'ils aient avec eux, chacun un sergent et quatre soldats au moins, pour garder leur fort, pendant deux ou trois mois qu'ils seroient exposés à cestre seuls. Sans cela, ceux qui partiroient, le printemps, pour aller dans ces postes, n’y arrive-

roient que ce temps après le départ de ceux qui y auroient

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(72%: — TEKAMAMIQUEN, — SIOUX, — USAGES, 517 hyverné. Les commandants seroient chargés, moyennant la paye des soldats, de les nourrir en ces lieux.

Dans peu d'années, ces postes augmenteroient et fourniroient un avantage considérable à la Colonie, tenant mesme les nations, qui se révoltent quelquefois contre nous, en respect, par celles de ces lieux qui sont belliqueuses et très attachées, surtout les Scioux, parce qu'ils n’ont point de voisins desquels ils puissent tirer les secours que nous leur fournirions, et les Cristinaux ct Assinibouanes, qui peuvent aller aux Anglois, n’y vontqu'en s’exposant à crever de faim, ce qui leur arrive très souvent.

Monsieur,

Souvenez-vous, je vous prie, de celuy qui a pris connoissance de tous ces pays, en exposant bien des fois sa vie pour le service de Sa Majesté, et qui s'est donné toutes les peines imaginables. Il a l'honneur d’estre avec beaucoup de respect

Monsieur, Votre très humble ct très obéissant serviteur,

Signé : Pacuor.

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