HOSTILITÉS DES SIOUX
Saint-Pierre, s'en étant aperçu, lui demanda où il l'avoit pris: il ne lui répondit rien et se mit à rire, Z7 lui arracha ce cachet arec l'oreille, en lui disant qu'il étoit bien hardi de paroître devant lui avec une pareille marque, et le fit mettre dehors du fort.
Le 1S Décembre ils arrivèrent au nombre de trente-six hommes avec leurs familles. Les jeunes gens prirent les devants et vinrent mettre le feu au fort des Puans. Le sieur de Saint-Pierre demanda à Ouakantapé, s'il n'étoit pas content d'avoir fait deux mauvais coups sur les François, sans venir encore les insuiter dans leur fort en brülant celui des Puans, leurs frères. Il répondit que ce qu'il faisoit c'étoit avec réflexion et dessein. Ensuite ils arrachèrent les pieux du jardin du Révérend Père Guignas, les brülèrent et s’en furent.
Le 24 Janvier 1337, sur les huit heures du matin, les portes du fort étant ouvertes parce qu'on charrioit du bois, entrèrent tous à la fois quarante Sioux. Sans en avoir eu connoissance auparavant, lorsque le sieur de Saint-Pierre en fut averti, il fit fermer les portes et leur dit : « D'où vient que vous êtes entrés ici, en si grand nombre, sans avertir, et quel est votre dessein ? Vous devez vous ressouvenir que je vous ai dit, l'automne dernier, que je ne vous recevrois que dix à la fois. Si vous avez quelque chose à me dire, je ne vous écouterai point que vous n'ayez fait sortir tous vos jeunes
gens; ce qu'ils firent. Après quoi ils lui proposèrent d'en-
sager les traitants à leur donner à crédit, Il leur répondit qu'il ne le feroit point, parce qu'il ne pouvoit oublier tous les mauvais coups qu'ils avoient faits; que, cependant, s'ils vouloient avoir assez de bonté pour eux, il ne les empècheroit pas. Les Sioux dirent entre eux : « Nous sommes qua-
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