S0 RAMANASTIGOYA, POSTE AU LAC DE LA PLUIF
J'associai plusieurs personnes avec moi afin de pouvoir plus facilement fournir aux dépenses, que cette entreprise pourroit occasionner, et je pris, en passant à Missilimakinak, le R, P, Messaiger, Jésuite, pour notre missionnaire,
Nous arrivames, le 26 Août, au grand portage du Lac Supérieur, qui est à quinze lieues au Sud-Sud-Ouest de Kamanastigouia.
Le 27, tout notre monde, épouvanté de la longueur du portage qui est de trois lieues, se mutina, et tous me demandérent, avec de grandes instances, à relîcher; mais, à l'aide de notre Père Missionnaire, je trouvai le moyen de gagner quelqu'un, parmi le nombre de mes engagés, pour aller avec mon neveu la Jemeraye, qui étoit mon second, et mon fils, établir le poste du lac dela Pluve. J'en eus assez pour équiper quatre moyens canots. Je fis faire sur-le-champ le portage et leur donnai un bon guide.
J'ai été, ensuite, obligé d’hiverner à Kamanastigouia, ce qui m'a fait un tort notable, tant pour le payement des engagés et ies marchandises dont j'étois chargé, sans aucune espérance de pouvoir rien retirer de tous ces frais qui étoient considérables.
Le 20 May suivant 1732, à l'arrivée des canots que j avois envoyés dans les terres, j'envovai monfils aîné conduire à Missilimakinak le peu de pelleteries qui m'étoient venues et pour me rapporter les effets qui devoient me venir de Montréal.
Le S Juin nous partimes, le Père Missionnaire, mon neveux et deux de mes enfans, avec sept canots, pour suivre ma découverte, J'eus grand soin de faire accommoder tous lesportages par où il nous falloit passer. Enfin nous arrivämes, le
14 Juillet, au fort Saint-Pierre, qui est à la décharge du lac de
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1733-54, LAC nrs noirs. RIVIÈRE MAUREPAS, 587 la Pluye, que nos François avoient bâti l'automne précédent. Plus de cinquante canots de Sauvages nous aCCOMpagnèrent et nous conduisirent au fort Saint-Charles, au lac des Bois, Le 12 Novembre, notre convoi de Missilimakinak arriva sur les glaces, ayant été obligé de laisser leurs canots à dix lieues de notre fort,
Le printemps suivant (1 793), comme j'avois formé le dessein d'aller établir un fort à la portée des Assinibocls, mes intéressés me représentèrent que je ne pouvois rien entreprendre, que les canots que j'envoyois à Kamanastigouia et à Missili-
Makinak ne fussent de retour. Le Père Missionnaire, s'étant
trouvé très incommodé, prit la résciution de retourner à Montréal.
J'envoyai, dans le même temps
, Mon neveu rendre compte à ML. le Général d
es Ctablissemens que J'avois faits, et de la
Manière favorable dont j'avois été reçu de toutes les nations,
ct des nouvelles Connoissances que les Sauvages m'avoient
données dans le cours de l'hiver, J’attendois quatre canots, que j'avois laissés à Kamanasti.
gouia l'automne précédente; il en arriva une alléoc pour me
me faire scavoir que CEUX que mes intéressés avoient laissés pour faire la traite et garder les marchandises avoient tout
consommé, Le 27 Septembre, les canots de Missilimakinak
arrivèrent très mal assortis, de façon que je me trouvai très
endetté et dans l'impossibilité de Pouvoir rien entreprendre. Comme les Cristinaux du Ncpigon, ainsi que les Assinibocls, me demandoient avec instance, jénvoyai mon fils ainé, ‘u commencement de Mars : 1754), dansle bas dela rivière que Nous appelons aujourd'hui Maurep
as, Ct qui est dans le voi- Sinage de ces nations. Cette riviè
re est là décharge de toutes