TÉMOIGNAGES EN FAVEUR DE LA VERENDRYE
qu'il ne soit pas encore parvenu au but qu'il s'étoit proposé, il ne me paroit pas, Monseigneur, qu'il ait rien négligé sur la diligence qu'il devoit y apporter, et il ose se flatter que vous voudrez bien en juger ainsi, si vous avez la bonté d’attacher quelque considération aux oppositions qu'il a eu à surmonter, soit pour se concilier l'amitié des nations chez lesquelles on n’avoit point encore pénétré, soit pour parvenir mème à s'en servir, comme il étoit indispensable de le faire, atin d'avoir d’eux les secours et les connoissances qui sont nécessaires pour cette entreprise. — Cet oflicier, Monscigneur, m'a paru dans la dernière des mortitications de ce que l'on ait essayé de donner à lo pureté de ses sentimens pour parvenir à cette découverte un caractère opposé aux vues qu'il avoit. — Je ne prendrai point la liberté d'entrer dans le détail des raisons qui peuvent justifier sa conduite. — Mais je ne puis lui refuser les témoignages qui me paroissent lui être dus, qu'il n’a, dans cette découverte, fait que l'avantage de la colonie par le nombre d'établissemens qu'il
a faits dans des endroits où personne n'avoit encore pénétré,
qui produisent aujourd'hui quantité de castors et pellereries.
dont les Anglois profitoient, sans qu'il ait occasionné aucune dépense à Sa Majesté pour ces établissemens ; que l'idée, qu'on s'est faite des biens qu'il avoit ramassés dans ces endroits, tombe d'elle-même par l’indigence où il est, pouvant vous assurer, Monseigneur, sans aucune complaisance, ni prédilection pour lui, que douze années,qu'il a passées dans ces postes, ne lui pro: duisent pas environ 4,000 livres, qui est tout ce qu'il a et qui pourront peut-être lui rester, après qu'il aura payé les dettes qu'il a contractées pour cette entreprise, ct, quentin, Mon-
seigneur, les choses, dans l’état où il les a mises, me parois-