BEAUHARNOIS DEMANDE QU'IL SOIT RÉCOMPENSÉ
sent toujours entièrement dignes de vos bontés pour lui, — C'estaussi dans l'espérance, où je suis,que vous voudrez bien les lui accorder que je vous supplie, Monscianeur, de lui en donner des marques sensibles, en lui procurant son avancement à la première occasion, ainsi que son ancienneté sur ceux qui ont été pourveus des compagnies vacantes cette année, Je ne connois aucun endroit, par lequel il ait pu mé. riter la mortification, qu'il a eue, de n'être point avancé, et j'oserois même ne l'attribuer qu'à l'oubli que vous avez fait, Monseigneur, de la proposition que j'ai eu l'honneur de vous faire du sieur de La Verendrye, comme le plus ancien des lieutenans et le sujet qui me paroissoit ètre le plus digne des grâces du Roy. En efet, Monseigneur, six années de services en France, trente-deux en cette colonie, sans reproches, du moins je n'en sache aucun à lui faire, et neuf blessures sur Île corps, étoient des motifs qui ne m'ont pu faire balancer à vous le proposer pour remplir une des compagnies
vacantes, et si j'ai eu lieu de me flatter. Monseigneur, que
vous étiez persuadé que je n'admettois sur mes listes que des
ofliciers capables de servir et qui méritoient vos bontés,
c'étoit particulièrement dans l'attention, que vous auriez bien
voulu faire en faveur du sieur de La Verendrye.
Je suis avec un très profond respect, Monseigneur, votre
très humble et très obéissant ser1 iteur,
JEAUHARNOIS.