‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 85 sur 662 · SAUVAGES ATTIRÉS AUPRÈS DU FORT DE LE SUEUR, OI · texte numérisé non relu

SAUVAGES ATTIRÉS AUPRÈS DU FORT DE LE SUEUR, OI

lesquelles courses estant repassé en France, et ayant obtenu une commission de la Cour pour retourner dans le lieu de ses descouvertes, il a esté pris par les Anglois avec tousses eflets, qui se montoient à plus de dix mille livres, mené à la Nouvelle-Angleterre, d'où il repassa en France. Vous eustes ia bonté, Monsieur, de luy faire renouveler sa commission. Il passa en Canada en 1698, où il trouva des oppositions qui le réduisirent à la nécessité de revenir en France, d'où vous avez jugé à propos, Monsieur, de le renvoyer par la mer au Mississipi, qu’il a remonté plus de Goo lieues avec le premier bastiment qui y ait jamais monté. Il y a fait bastir un nouveau fort par les 44 degrés 13 minutes, où il a laissé seize hommes de garnison avec un commandant, auprès duquel fort il a attiré plusieurs villages Sioux, aussi bien que les Mahas, Hoctatas et Paoutès, nations très nombreuses qui habitoient les bords du Missouri, dont ce fort n'est éloigné que d'environ Gu lieues; et, par ce moyen, il espère faire la descouverte entière de tout le Missouri et des vastes pays de l'Ouest de cette rivière. Si vous voulez bien, Monsieur, luy faire l'honneur de l'employer pour cela, il s'oblige, si Dieu luy conserve la vie et la santé encore deux ans, de vous donner des connoissances parfaites de tous ces pays-là qui vous donneront, Monsieur, beaucoup de plaisir par rapport aux intérests que vous prenez à ce qui regarde le bien, l'honneur et la gloire de la France.

N'ayant encore rien reçu ny demandé, il vous supplie très humblement de luy faire accorder une gratification pour l'aider à se défrayer de tous les voyages, qu'il a esté obligé de faire avec une commission de lieutenant général du siège, qui sera establi pour la Justice dans la ville commencée à la Mobile,

Page 1