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sa o
OBUTinoS
Veat do N.E N.B.
Beau temps, pas de Tent.
Temps couvert.vent d'O.
Couvert.
Assez beau.
1. 310 mètres est le résultat des observations hypsométriques. Le ehiffre indiqué sur l'itinéraire est 305 mètres.
Plusieurs membres de la mission profitèrent à Hassi Iniléiy de l'occasion que leur avait réservée leur chef, d'envoyer des nouvelles en France, par des cavaliers de Tagha d'Ouarglâ retournant dans leur pays. Aussi nous reste-t-il quelques rares correspondances, dont les extraits nous donnent sur le pays parcouru, des détails intéressants. Dans une lettre adressée à M. l'ingénieur en chef Fournie, alors directeur de la construction des chemins de fer au Ministère des Travaux publics, le lieutenant-colonel revient sur la possibilité d'aller à Insalah et conseille de faire appuyer des explorateurs à distance par une colonne militaire. Il ajoute à la description géographique de l'Oued Mia quelques observations nouvelles. « L'Oued Mia, dit-il, forme bien une vaste trouée dans la région des Areg, et il faut supprimer de la carte de M. Duveyrier, toutes les dunes marquées au sud de Goleah. La carte par renseignements de M. Ghoisy est également à modifier, pour ce qui regarde quelques points de l'oued, les sables et l'indétermination du lit en amont de Rechag el Itel.... » « Le hamada est souvent très vallonné, etc. » En résumé il conclut en faveur d'un tracé qui abandonnerait l'Oued Mia, pour lui préférer l'Oued Igharghar.
Une lettre d'Inifel, datée du 18 décembre et adressée par M. l'ingénieur Béringer à son collègue M. Fournie, à l'obligeance duquel nous devons bien des détails intimes, mérite aussi d'être citée :
(( Nous venons d'arriver à Hassi Inifel... le pays traversé est des plus tristes : un grand hamada sans végétation et légèrement ondulé; une grande gouttière de 1 à 2 kilomètres de large, dans le thalweg de laquelle est un étroit ruban de végétation; quelques dunes à l'horizon et... c'est tout. » Il explique ensuite, comme il l'a fait dans une lettre envoyée à M. Duveyrier, que la pénurie d'eau va obliger la mission à obliquer pendant quelques jours vers le sud-ouest, ensuivant l'Oued Insokki, affluent de TOued Mia, pour se diriger de là sur Mesegguem.
La mission resta à Hassi Inifel les 16, 17 et 18 décembre, pour abreuver les chameaux et faire des provisions d'eaa pour le reste de la route.
Le départ eut lieu le dimanche 19 ; mais, comme U faisait pressentir la lettre écrite par le lieutenant^colonel i. sa femme, le manque d'eau l'obligea à changer sa direction. Au lieu de gagner Mesegguem par une marche droit au sud, il lui fallut faire un détour par le plateau de Tademaît, €ette légère déviation de son itinéraire était d'ailleurs sans importance; elle rentrait même dans le programme de la Commission supérieure, qui lui recommandait d'ap* puyer plutôt vers le centre du Sahara que vers l'est.
La caravane se développa d'abord dans le confluent d« l'Oued Meseddeli et gagna ensuite l'Oued Insokki, où elle reconnut des traces encore fraîches d'une bande de marao* deurs allant vers le nord-ouest, et qui avait dû franchir ce passage sept ou huit jours auparavant. Là, elle releva un iti* néraire par renseignements de l'Oued Insokki au Gourara, vers Aouguerout, ksar important qu'elle place à l'ouest et très près de Timimoun. On lui indiqua en outre, comme se trouvant autour de Aouguerout, le Ksar de Deldoun au sudsud-ouest; leKsard'Ël Barka, à l'ouest; puis celui de Touki; au nord-ouest de ce dernier, le Ksar des Oulad Rached; puis celui de Mtarfa, qui appartient aux Doul Menia.
Elle apprit qu'entre Mtarfa et le Touàt, on rencontre plus de trente ksour, dont Timmi est le principal; il a pour cheik, en ce moment, El Hadj Mahmed Ould el Aadj Hassen.
Le reste des indications sur le Touàt et le Tidikelt (pays d'Insalah), concerne le Ksar de Tamentit, l'Oued Saoura, les ksour de Zaouïat Cherfa qui produisent du henné, rOuedBothaqui va du plateau de Mouydir à TOued Saoura, et les ksour de Tit et d'Aoulet. On put rectifier le renseignement qui avait été obtenu dans le précédent voyage sur la distance de Milianah à Insalah, ainsi que la position d'Aïn Souf, telle qu'elle est donnée dans la carte de Peler-
manDy d'après Tilinéraire de M. Soleillet. Le chef de la mission, qui s'occupait plus spécialement de ces questions, put s'assurer que ces détails concordaient avec ceux que Gérard Roblfs avait rapportés.
On s'engagea ensuite dans l'Oued Insokki, dont le lit se resserrant vers le point où il s'appelle Oued Rezma, obligea les voyageurs à franchir un véritable canon encombré de roches. Dans sa haute vallée qui prend le nom d'Oued Tioughi indiqué par M. Duveyrier, il fut possible d'avoir une note précise sur sa direction et sur sa formation.
En la remontant dans la partie appelée Oued Megraoun, le 22 décembre, on fit la rencontre de cinq hommes des Zoua et des Oulad Baharaou, dont l'un était parent du guide Mohamed ben Radja. Ils apprirent que tout était en paix dans le pays, que la mission pouvait marcher avec confiance, et que récemment, les Hoggar étaient allés au nombre de trois cents pour l'Aïd Kebir, à Insalah, afin de faire la paix avec les gens d'Aoulef, avec lesquels ils avaient eu des difficultés. L'arrangement avait eu lieu, et Ahitaghen, qui conduisait ses Touareg, racontait hautement qu'il avait écrit au chef de la mission pour lui dire qu'il pouvait traverser son pays. Ces détails étaient conformes à ceux qu'avait déjà reçus le lieutenant-colonel, et, en particulier, à une lettre du mois d'août, dans laquelle Ahitaghen lui annonçait son intention de se rendre au Touât.
Depuis son arrivée dans l'Oued Tioughi, la caravane rencontrait plus fréquemment de Teau et des roches de nature plus ferme, qui dénotaient le voisinage d'une con* trée accidentée et rocailleuse. Elle eut, dans cette partie de son trajet, à franchir de nombreux ravins, gagna l'Oued Aghrid, rOudian Lefad, l'Oudian Djidari, et s'arrêta un jour à Hassi Insokki, près de la tète de i'oued du même nom. On y releva un itinéraire par renseignements pour se rendre de ce point à Insalah, et on décida, le 27 décembre.
d'envoyer au chef des Hoggar, dans le Tidikelt, un homme de confiance, cheikh boudjema, qui devait lui remettre des lettres destinées à lui annoncer Tarrivée de la mission. Le lieutenant-colonel écrivit d'Hassi Insokki à madame Flatters une nouvelle lettre, d'où nous extrayons les détails qui suivent :
« Hassi Insokki — !• long. E — tS* 3(K lat N.
» Je terminerai ma lettre à Mesegguem, d'où j'enverrai UD courrier par retour des gens d'Ouarglà arrivés ici hier. L'exploration marche bien et nous sommes en pleine découverte, tout, jusqu'aux renseignements indigènes, étant absolument à modifier, relativement à l'idée qu'on se fai* sait de ce pays.
3 L'Oued Insokki, affluent de l'Oued Mia, était inconnu; le plateau de Tademaït, que nous déterminons^ était soupçonné bien différent de ce qu'il est réellement Pour le
moment, nous sommesà 550 kilomètres sud-ouest d'Ouarglâ, à 200 kilomètres est-nord-est d'Insalah. Le pays est montagneux, très difficile; lesoueds très encaissés coulent en moyenne tous les trois ans. Si on passe en dehors des oueds, on a le rocher mouvementé, nu et aride, sans compter les gros accidents de terrain; si on passe dans les lits d'oued, on peut être emporté, le cas échéant, par une crue. Vous voyez que, pour un chemin de fer, ce n'est pas très praticable
» La marche est fort pénible pour le moment : très froid la nuit, très chaud le jour. Il n'a pas plu depuis longtemps ; nos chameaux trouvent peu à manger, et nous en perdons quelques-uns en route. Malgré cela, la santé est excellente, et nous sommes dans les meilleures dispositions pour aller jusqu'au bout, sauf incident.
« Depuis Hassi Inifel,... nous sommes chez les Oulad Bahamou, tribu arabe dont le centre est à Insalah... »
Le lieutenant-colonel raconte ensuite que cette tribu
voit le passage de la mission sans animosité, pourvu qu'elle ne pénètre pas dans ses ksour ; qu'il est en bonnes relations avec les gens des Zoua comme avec ceux d'Insalah, et qu'il compte sur un passage facile.
« Suivant moi, dit-il, le seul moyen de réussir à Insalahi c'est d'y aller en mission officielle, suivant à peu près notre itinéraire actuel, ou un autre, par l'Oued Mia, soit au départ d'Ouarglà, soit à celui d'EI Goleah, avec une organisation dans le genre de la q^ienne, assez forte pour avoir sa liberté d'allures, sans paraître une expédition militaire destinée à conquérir le pays ; mais le nom de la France derrière et parlant haut. »
Il est persuadé qu'en allant droit à Insalah, sans passer par le Gourara et le Touàt, on sera bien reçu, et que les autres oasis agiront de même. Quant aux Oulad Sidi Cheikh réfugiés au Maroc, il les croit affaiblis et réduits au métier de maraudeurs.
C'était, on le voit, plein de confiance, que le chef de la mission continuait le 28 décembre, sa route vers Mesegguem.
Après avoir franchi une série de ravins accidentés qui forment les têtes de l'Oued Insokki ou de l'Oued Msied, il atteignit le medjebed u sentier » d'IIgou, ainsi nommé du nom d'un cheikh des Zenata, qui fut massacré, à une époque reculée. La caravaue eut ensuite à remonter dans TOued Âghrid et gagna bientôt la ligne de partage des eaux du Mader, c'est-à-dire la tête des oueds, qui, parallèlement à rOued Msied, vont se perdre au nord-est dans la dune.
Le Mader, d'après le journal de route, porte le nom général de Tigmi, d'où Ton avait antérieurement conclu à un oued Tigmi, qui n'existe pas. Cette région est formée par la penteW^ nord du plateau de Tademaït, depuis TOued Msied au nora jusqu*à Mesegguem an sud. C'est un réseau de ravins (oudian) qui se réunissent deux à deux, trois à trois, pour former des oueds. Il n'y en aurait pas moins de 21, entre les
d4 EXPLORATION DU SÂIUBA.
deux points indiqués, savoir: TOuedMsied d'abord, pais les cinq oudians de TiDeikramt, Daiat Nadj, Daiat el Feras, Daiat ben Lekhal, Rokrat ed Diah, l'Oued Tinersal et l'Oued Djairin, presque aussi importants que le Msied.
L'Oued Djokran, le plus considérable, qui occupe le centre du pays de Mader avec de nombreuses tdtes, qui sont les trois oudians Adjerem, et les deux Tîsnaiat ; Fotidfi c petit oued > Eibadi, Oued el Ohelga, Oued Itlou, Ouedel Hassaoi, Oued Imgbarghar, Oudian Sebat, Oudiau Alem, Oued Souf assez importaot, Oued Alenda, Oued Aoulouggui, qu'il faut distinguer d'un affluent de droite de l'Oued Hia qui porte le même nom. Cet Oued Aoulougguj marque l'extrémité sud du pays de Mader et s'arrête en réalité aux sables de Mesegguem.
En continuant sa route, la caravane gagna ensuite TDaed ou Ghabet Tisna!a, atteignit l'AouIouggui le 30 décembre, et en suivant sa direction, passa au Cbabet Zahra, point de croisement du sentier d'Insalah àGbadamès. Là, elle releva les points de campement de la route ordinaire qui relie ces deux villes, soit par Aoulouggui, soit par Mesegguem, et en suivant son itinéraire, put rectifier an sujet de rOued Massin une erreur géographique analogue à celle de rOued Tigmi. L'Oued Massin n'est, parait-il, que l'ensemble des ravins qui descendent du Goudiat au sud. Leur nombre est considérable et a été relevé avec soin; ils aboutissent à un thalweg principal appelé l'Oued Mentga, qui se dirige d'abord au sud-ouest, puis au sud,etva seperdredans le reg,un peu avant une mine d'alun qui est à30 kilomètres environ plus loin, au delà de Tiounghighin.
Le 31 décembre, on était au puits d'Aoulouggui où l'un des guides, Si Mohammed ben Radja, avait vu passer, l'année précédente, une caravane de plus de cinq cents pèlerins du Touàt, du Tidikelt, etc., qui se rendaient à la Mecque, par Ghadamès et la Tripolitaine. En suivant la vallée de l'Aou- Iouggui, on atteignit la limite sud du plateau de Tademaït
et enfin le Hassi Mesegguem qui, depuis Inifel, était ToIh jectif immédiat de Texploration.
Le puits de Mesegguem était comblé depuis plus de deux ans et son déblaiement exigea un travail aussi long que pé"> nible. Ce n'était pas seulement pour ses ressources en eaù^ mais encore pour son intérêt géographique, que ce point méritait d'être signalé par la mission.
« La sebkha de Mesegguem, nous dit en effet le journal de route, ne contient pas de sel ; elle se confond avec le reg avoisinant, qui est la tête de celui de TOued Massin, quoique la pente de ce dernier ne soit appréciable ni dans un sens, ni dans l'autre. C'est plutôt une cuvette plate où se perd TAouIouggui, dont l'embouchure mal définie est marquée par quelques dunes. La ligne de séparation de cette cuvette avec rOued Massin est indéterminée. Au nord elle est limitée par la pente sud du Tademaît, au sud et au sud-ouest par celles duTinghert. LeTinghertetle Tademaît se rapprochent à Test-nord-est, tout en s'abaissant sensiblement. La pointe au coin sud-ouest de Toudje s'avance entre les deux et le reg deMesegguem rétréci, se continue par le medjebed «sentier » d'ElBiodh,Insalah,Ghadamës,ayanlàgaucheroudjederErg.>
Pendant le séjour à Mesegguem, la mission fut croisée par une caravane des Oulad Bahamra, qui revenait de Ghadamès et avec laquelle elle eut d'excellents rapports.
Elle en retira des renseignements commerciaux et politiques qui avaient pour elle une valeur réelle. Ces Oulad Bahamra avaient été, deux mois auparavant, porter des plumes d'autruche, de la poudre d'or, du henné, des dattes, quelques tapis et des cotonnades du Soudan, enfin des esclaves nègres, à Ghadamès. En échange, ils apportaient des cotonnades européennes venues par Tripoli, un peu de quincaillerie, de sucre, du thé, le tout, à peu près, destiné au Soudant Ils avaient trente chameaux dont 20 chargés.
1. 11 est curieux de remarquer la voie que suivent ces marchandise» européennes pour pénétrer dans le Soudan«
96 EIPLORATION DU SAHARA.
Dix hommes la conduisaient, sous le commandement da cbérif Mouley Ahmed, parent d'EI Hadj Abdelkader ben Badjouda, cheikh dlnsalah. Il avait à son compte un tiers des marchandises ; le reste appartenait au marchand de Ghadamès, Mohamed ben Zeid, qui l'accompagnait.
Ils parurent frappés des avantages qu'ils pourraient retirer de relations plus suivies avec rAlgérie et laissèrent entendre que les Oulad Bahamou seraient plus disposés qu'on ne le croyait à se mettre en rapport avec les Français. Cependant le commerce d'Insalah et le genre de ses relations permettent d'émettre un doute à ce sujet. La richesse de cette ville a pour principale source le commerce de transit du Soudan au littoral méditerranéen et réciproquement; mais ses bénéfices les plus assurés viennent du trafic des esclaves. Tous les ans, deux caravanes vont au Soudan, par Akabli et le Tanezrouft; elles se séparent chez les Aoulimmiden, Tune, allant par TAdrar au Haoussa, l'autre, se réunissant à la grande caravane du Maroc, qui va à Timbouktou. Des gens de Ghadamès se joignent à ceux d'Insalah, pour aller au Soudan occidental ; outre les marchandises courantes dont ils font l'échange, ils emmènent surtout des esclaves, et il faut compter que dans la pacotille de retour, les objets de commerce sont, par rapport aux esclaves, dans la proportion de un à quatre. Ces derniers s'écoulent dans le Maroc et dans la Tripolitaine, où les marchandises du Soudan elles-mêmes trouvent un débit plus facile qu'en Algérie, parce que les frais de douane, d'entrepôt et de marché, sont plus simples et moins élevés que sur nos territoires. D'autre part, les marchandises européennes y sont apportées en abondance par le commerce anglais.
On ne voit donc pas quel avantage les marchands dlnsalah pourraient retirer d'un courant commercial vers l'Algérie, oh la traite est prohibée. Il ne faut pas chercher ailleurs la raison de l'abandon relatif des routes commer-
ciales du Sahara algérien; et la Chambre de Commerce d'Alger n'aurait trouvé d'autre remède à cette situation que dans l'admission des engagements de nègres dans des conditions analogues à celles des coulies chinois. La question^ on le voit, est loin d'être résolue, et le séjour de la mission à Mesegguem ne pouvait que constater une fois de plus l'état des choses.
La mission s'aperçut à Mesegguem que ses chameaux fatigués réclamaient du repos. On y resta donc 6 jours, depuis le !•' janvier de cette année jusqu'au 7, profitant de cette halte pour mettre les notes au courant, expédier un courrier et étudier l'état de la contrée. Celui-ci n'était pas également favorable partout, et dans sa lettre au Ministre, le lieutenant-colonel dut lui rendre compte de l'obligation que l'aridité de la plaine d'Adjemor lui imposait, de se détourner vers le sud-est, pour atteindre Tiounkinin, par le Tinghert, Tlraouen et l'Ifetassen. Aussi ne comptait-il pas alors être sur TOued Gharis avant une dizaine de jours, où il espérait rencontrer Ahitaghen, le chef des Hoggar.
Il envoya à cette époque à madame Flatters, des détails qui sont la répétition de ceux du journal de route, avec un abandon plus intime, qui leur restitue souvent leur vraie couleur locale.
« Mesegguem, lui dit-il, est un puits dans une immense plaine, au débouché de la montagne de Tademalt, que nous avons complètement explorée. Nous sommes ici à 120 kilomètres sud-est de Hassi Insokki, et à 670 kilomètres d'Ouarglà, par 2 degrés de longitude est, et 28 degrés de latitude nord ; nous coupons Titinéraire suivi par Rohlfs en 1864, et nous nous retrouvons en pays inexploré, comme depuis Ouarglà... Hassi Mesegguem n'est à personne; c'est le grand chemin,et sion établissait des limites fixes, il tomberait en partage aux Touareg. Triste pays en tout cas ! désert de roches ou
de sables ; végétation à chameaux, c'est-à-dire, çà et là, dans
98 EXPLORATION DU SAHÂBÂ, *
des semblants de vallée, plantes plus ou moins ligneuses que broutent ces animaux. Les points d'eau sont éloignés de 4 à 5 jours, et encore faut-il parfois creuser soi-même des puits de plusieurs mètres de profondeur, pour arriver à faire boire et à faire une provision d*eau qui conduira au puits suivant... »
M. fingénieur en cbef Fournie reçut aussi de Mesegguem une lettre détaillée, dans laquelle le chef de la mission, après avoir expliqué le peu de praticabilité de TOued Mia, ajouta : « Gomme d'autre part la route directe de Goléah à Insalah est dans le même genre; comme l'Oued Saoura est, à n'en pas douter, encombré de sables, au moins entre Kerjaz et la hauteur deTamentit, sinon plus haut encore, il ne reste en voie facile que celle de Goleah, par les Ksour duGourara, de TAouguerout, duTouAt, qui sont au nombre de plus de 150, et c'est toute une occupation àfaire....» «La carte de M. Duveyrier nous est toujours utile; mais elle comporte des modifications dans la partie que nous venons de voir, et ce n'est pas étonnant, vu la distance à laquelle les renseignements ont été fournis par cheikh Otbman. »... Il cite plus loin l'Oued Insokki, comme le principal affluent de l'Oued Mia, qui, o par rapport à la route d'Insalah, serait plus important que l'Oued Mia lui-même ^ » Enfin, il termine par des considérations déjà reproduites sur les difficultés qui le rejetteront sans doute vers l'est.
Dans une autre lettre écrite par M. Béringer à M. Fournie, nous trouvons une appréciation qui évalue l'altitude de Mesegguem à 365 mètres et celle d'Insalah à 300 mètres.
Quant aux dates de l'itinéraire, aux distances parcourues et aux maigres ressources de la contrée, les notes prises depuis Hassi Inifel, permettent de les résumer comme il suit :
1. n écrivit aussi de Mesegguem à M. Tamiral de La Roncière une lettro qui n*est que le résumé des précédentes.