DES MINES ROCHE
Au retour de la première mission du lieutenant-colonel Flatters, M. Roche communiqua à l'Académie des sciences un aperçu sur la géologie du Sahara septentrional , où nous trouvons les indications suivantes.
Les terrains quaternaires^ crétacés et dévoniens constituent le Sahara septentrional.
La contrée de Ouarglâ forme une cuvette quaternaire dont les bords vont reposer en stratification concordante sur des hamadas ou plateaux crétacés, dont les altitudes sont de 350 mètres environ à Test et au sud, et de 450 mètres à 600 mètres à l'ouest, depuis El Goléa jusqu'au Mzab.
(( Dans le sud, à 400 kilomètres d'Ouarglâ, les plateaux crétacés ont seulement 50 kilomètres à 100 kilomètres de largeur. Ils se terminent par des escarpements de 50 mètres à 100 mètres de hauteur. De larges vallées séparent ces escarpements, des plateaux dévoniens du massif central touftreg, qui s'élève peu à peu vers le sud et dont l'altitude dépasse 800 mètres, près de l'Oued Tldjoudjelt, non loin du lac Mengkhough. Le massif central lui-même se divise en
plusieurs plateaux, séparés les uns des autres par des vallées remplies d'alluvioQS et analogues à la vallée de l'Oued Ighar-
gbar.
» Aux environs d'Ouarglâ, le terrain quaternaire a une puissance de près de 100 mètres. Il est formé par des grès à éléments quartzeux, dont le ciment est argileux ou calcaire. Yers Ouarglâ, ces éléments constitutifs sont des grains roulés de quartz hyalin.
» Les grès sont généralement jaunes, tantôt quartzeux, tantôt argileux, tantôt calcaires. Au centre de la cuvette quaternaire, la partie supérieure de l'étage est ordinairement formée par un calcaire, parfois tufacé, mélangé de petits grains roulés de quartz.
n Au sud d'Ouarglâ, dans la région des Rantras, le terrain quaternaire a subi de fortes érosions. »
Des dunes, atteignant jusqu'à 200 mètres de hauteur, recouvrent une grande partie de la surface. du quaternaire.
La partie la plus importante du travail de M. Roche, au point de vue du Transsaharien et au point de vue géologique, est celle où il signale c l'existence, au milieu du grand Erg ou massif des grandes dunes au sud d'Ouarglâ entre AJn Hokhanza et El Beyyodh, d'une large région plane de 250 kilomètres de longueur, recouverte seulement de dunes iso« lées, parallèles, allongées dans la direction du méridien magnétique et distantes les unes des autres de plusieurs kilomètres. C'est dans la partie orientale de cette région que se trouve dirigé aussi nord-sud magnétique, le lit de l'Oued Ighargha, lit sans berges, marqué par des fragments délave roulés et par quelques coquilles d'eau douce, cyrènes et planorbes. Le parallélisme des dunes et de l'Oued Igharghar montre entre ces deux phénomènes une certaine corrélation. »
Plus loin, les escarpements qui suivent les deux hamadas ou plateaux, situés entre El Beyyodh etTimassinine, sont signalés comme correspondant à deux étages successifs du crétacé, le turonien et le cénomanien.
Le premier est terminé par un escarpement de 80 mètres, < composé d'une corniche de calcaire dolomitique de 10 mètres, couronnant une masse de marnes >. Le second présente une formation identique.
H. Roche a trouvé dans le banc calcaire supérieur des fossiles nombreux de cénomanien supérieur qui sont cités dans sa note à l'Institut. Il en conclut que cet escarpement correspond à l'étage vu par son collègue M. Rolland, près de Goléa, tandis qu'il rattache le premier escarpement à l'époque turonienne.
D'après ses observations, le plateau des Tou® Azgar est constitué par des grès quartzeux noirs, à cassure blanche, cristallins, très durs, qui passent quelquefois à des schistes argileux micacés. Il y a rencontré quelques gisements de minerai de fer peroxyde, et des fossiles qui lui font rattacher le plateau à l'étage dévonien moyen. Enfin, il attribue les laves scoriacées des vallées de l'Igharghar et des Ighargharen à d'anciens volcans du massif central des Touareg.
c Tous les terrains du Sahara septentrional, dit-il plus loin, sont en couches à peu près horizontales. D*où il résulte que les accidents topographiques sont dus à de grands phénomènes d'érosion, qui se sont continués au delà de la période quaternaire. »
S'occupant ensuite de la nappe aquifère, il en constate l'existence à la base du quaternaire, depuis Ouarglâ jusqu'à A!n Taïba et au delà. Il considère la nappe artésienne de Ouarglà comme le prolongement de celle de l'Oued Rhir et admet que celle de Timassinine doit venir du sud par les vallées de llgharghar et des Ighargharen.