‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 105 sur 139 · PI. XVI · texte numérisé non relu

PI. XVI

Pafçe 2m.

Fig, 30.

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IVaprim^dos photographies Me M. H. Duvcyrier^ *»t ii«» M. Puig.

CENTRES COMMERCIAUX. 2f89

partout où la race blanche a retrouvé les conditions du climat originel.

Les plantes ne se conduisent pas autrement. La plus vivace étouffe la plus faible.

L'impossibilité, pour les blancs, de vivre et de se reproduire à Ouarglà, crée donc une seconde cause de faiblesse pour cette ville.

Enfin, tout est en ruine à Ouarglâ : habitations, habitants, moral même.

La Qaçba que j'ai visitée en détail et qui était une petite ville fortifiée au milieu de la grande est aujourd'hui inhabitable : à peine pourrait-on en dresser le plan.

Les maisons de la ville, quoique bien bâties, à plusieurs étages, avec des portes encadrées et décorées d'arabesques, sont mal entretenues ou en ruines. On voit cependant qu'elles ont été construites par des propriétaires riches, car elles offrent le luxe de passages voûtés qui donnent, pour l'été, d'agréables lieux de repos pendant la chaleur du jour.

Les mosquées sont à peine en meilleur état que la Qaçha et les maisons.

Le fossé, large de douze mètres environ, qui enveloppe extérieurement le mur d'enceinte de la ville et qui sert d'exutoireà toutes les immondices et à l'excédant des irrigations des jardins, est aujourd'hui un immense cloaque infect , sans issue , dont les émanations empoisonneraient l'air le plus pur.

Aussi, au printemps et à l'automne, la fièvre paludéenne atteintelle tous les habitants.

Déjà bon nombre d'entre eux ont émigré à Tunis; ce qui reste ne sait que se plaindre et accuser.

Aujourd'hui, à Ouarglà, il n'y a plus un riche négociant, mais des propriétaires mal aisés et des khnmmâs^, qui vivent du cinquième des produits des jardins qu'ils cultivent.

On dit qu'il y vient encore quelques caravanes de Rhàt, d'El- Golêa', d'In-Sâlah, mais, évidemment, ce ne peut être que pour

1 . Le kbammàs, c'està-dire cultivateur au cinquième, est un engagé à la disposition duquel les propriétaires mettent tout ce qui est nécessaire à la culture : sol, plantations, semences, eaux, instruments, et qui donne gratuitement sa main-d'œuvre, moyennant le cinquième de la récolte.

échanger des marchandises sans valeur contre des dattes, seule production sérieuse de Toasis.

Aujourd'hui Ouarglâ est une ville morte, et nul ne la ressuscitera, je le crains; cependant la belle ceinture de 60,000 palmiers qui Tenvirônne, ses eaux artésiennes, sa situation à l'embranchement d'une route sur Timbouktou par In-Sàlah, et sur le Soudan par les mines de sel d*Amadghôr, les nombreux Cha'anba avec leurs chameaux qui peuplent sa banlieue, lui donnent une grande valeur comme station de caravanes, entre le plateau rocheux des Benî-Mezâb et la zone des dunes qui la séparent des montagnes des Touareg.

Conservons à Ouarglâ ce rôle dans l'avenir et cherchons au Nord un endroit plus salubre pour servir d'entrepôt à notre commerce. Methlîli , Ghardâya et Laghouât ne laissent que l'embarras du choix.

Ouarglâ a encore un autre rôle à jouer : c'est le point de nos possessions le plus rapproché des Touareg du Nord, notamment des Ifôghas qui viennent quelquefois camper à très-peu de distance de • cette ville. De bons rapports entre un centre soumis à notre domination et des peuplades indépendantes peuvent être un excellent trait d'union. Mais, pour cette mission spéciale, il faudrait que le chef d'Ouarglà fût en même temps le représentant des intérêts de la France près des Touareg et non un personnage exclusivement préoccupé d'intérêts personnels ou locaux.

S V. — In-SAlah et le TocAt.

Cinq groupes d'oasis constituent l'archipel auquel on donne le nom collectif de Touât, forme berbère du mot Ouasis,

Le Tidîkelt est le plus méridional de ces groupes. In-Sâlah * en est le chef-lieu. En même temps, cette ville est le principal centre de commerce de la contrée, dans ses rapports avec l'Afrique centrale, l'Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine.

In-Sâlah est , à vol d'oiseau , à peu près à une égale distance de Timbouktou, de Mogador, de Tanger, d'Alger et de Tripoli. Par sa position centrale, cette ville devait devenir et est devenue un centre

1. In-Sàlah doit être écrit en deux mots et non en nn seul comme on le fait ordinairement. Ce nom est composé du pronom démonstratif temàhaq, In, celui de, et du nom propre arabe SAlah, c'est-à-dire l'endroit, la yiUe de Sàlah.

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