‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 65 sur 139 · DE 2 A 3 HEURES DU SOIR · texte numérisé non relu

DE 2 A 3 HEURES DU SOIR

Thermom.

sec.

Thermom.

mouillé.

Différence.

Thermom.

sec.

Thermom.

mouillé.

Différence.

1 Juin.

Juillet.

L'altitude et la latitude de Mourzouk expliquent seules la différence hygrométrique des observations de cette dernière station comparées à celles de Ghadàmès, car Mourzouk comme Ghadâmès est assise au milieu de plantations de palmiers arrosées deux fois par mois, au moins. 11 est vrai que Teau est moins abondante à Mourzouk.

Par comparaison, je donne les différences constatées sur d'autres points du Sahara, mais plus au Nord.

A Mouï-€l-Ferdjàn , près de rOuâd-Rîgh, par un violent vent du Sud, j'ai constaté, les 20 et 21 juin 1860, des différences de 19«4 et21*>5.

A Tougourt, dans TOuàd-Rîgh, du 22 juin au 1" juillet inclus, même année, j'ai constaté les différences suivantes : 6*» 7, 6° 9, 7«5, 7«7, 10^8, 10°9, 12*»5 et ISMô.

Antérieurement, en juillet et août 1859, j'avais obtenu sur le plateau des Benî-Mezâb des différences de 16<>20, 16«>99, 17^68, 18«28, 19<>05, 19°56 et 19'>71.

Malheureusement, mes observations n'embrassent que la saison d'été et ne comprennent pas les parties les plus arides du Sahara, celles où la sécheresse de l'atmosphère est la plus grande.

Rosée. — Dans la série de 310 jours d'observations applicables au pays des Touareg, je n'ai constaté de rosée que les jours suivants : 22 et23 décembre 1860, 23, 2/i, 26 août, et l^^ 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11, 12 septembre 1861. En tout H rosées sur 310 jours. Les cinq premières suivaient des journées de pluie; les autres coïncidaient avec un abaissement notable de la température du sol , sous l'influence des vents.

Gelée blanche, — Quoique la température de Tair ou du sol, du 14 décembre au 12 mars, soit descendue 26 fois au-dessous de zéro, je n'ai jamais constaté ni gelée blanche, ni rien qui pût y ressembler, et je m'autorise de cette observation négative pour conclure que Tair atmosphérique, sur les grands plateaux sahariens, ne contient pas plus d'humidité en hiver qu'en été.

Brouillard. — Deux fois seulement j'ai vu le brouillard se produire: d'abord le 30 août 1860, dans les jardins de Ghadâmès, mais limité aux jardins; puis dans les sables d'Eguélé, après deux jours de pluie, le matin du 30 décembre de la même année. Cette fois le brouillard était épais et paraissait embrasser tout le pays. Une heure après le lever du soleil, il était dissipé.

Pluie. — Depuis longtemps, les pluies semblent être devenues plus rares dans la partie centrale du Sahara habitée par les Touareg. La dernière période de sécheresse, qui a cessé vers le milieu de Tété 1860, avait duré neuf ans. Elle avait été précédée de plusieurs autres de dix à douze années. A In-Sàlah, au pied du Ahaggàr, on avait même, dit-on, traversé une série de vingt années sans qu'une seule pluie y eût été constatée.

Mon journal de voyage, d'El-Ouàd à Tripoli, signale comme journées dans lesquelles il est tombé plus o\i moins de pluie celles des 31 juillet, 20 et 21 décembre 1860, 27 et 30 janvier, 28 et 29 avril, 6, 7, 9 et 25 mai, 21 et 25 août 1861.

Au dire des Touareg, la quantité d'eau tombée dans les montagnes, en 1860 et 1861, avait été considérable et, depuis mon retour, j'ai appris que les pluies avaient continué jusqu'au printemps de 1862.

Je dois faire remarquer que l'ouverture de cette période de pluies a coïncidé avec une humidité excessive en France, et avec les crues extraordinaires du Nil en 1860 ; ce qui implique que le

METEOROLOGIE. 119

Sahara central n'est pas complètement en dehors de l'action des {grands mouvements atmosphériques qui ont lieu dans les autres contrées et particulièrement dans les régions tropicales.

La coïncidence des pluies sur le plateau central du Sahara avec les grands débordements du Nil d'Egypte a été constatée par d'autres et ne paraît pas dater de nos jours seulement, car Pline, qui vivait au commencement de l'ère chrétienne , en fait mention dans deux passages de son Histoire 7ialurelle,

« La crue du Nigris (l'Igharghar moderne) se fait aux mêmes M époques que celles du Nil : ilsdem tewporibm aunescit. » (L. V, 8.)

« En outre, on a observé que la crue du Nil correspond à l'abon- « dance des neiges et des pluies en Mauritanie. PrxUrca obscroatum « est, proiU in MauHtania nives imbresve sntiaverint, ita Nilum incrcs- « cere. » (L. V, 10.)

Probablement, nous ne tarderons pas' à apprendre que les pluies tombées chez les Touareg en 1860, en 1861, en 1862, se sont prolongées jusqu'en 1863 sous l'influence des pluies tropicales qui viennent de produire un nouveau grand débordement du Nil.

Les orages qui amènent les pluies, disent les indigènes, se produisent dans toutes les saisons et viennent indistinctement de tous les points de l'horizon-, mais, d'après eux, ceux qui donnent de l'eau en plus grande abondance sont toujours le résultat du choc de nuages de l'Est contre d'autres venant de l'Ouest.

D'après mes observations personnelles, la pluie du 31 juillet a été amenée par le vent du N., celles des 21 et 22 décembre par le vent d'E., celles des 27 et 30 janvier par le N.-E., celles des 28 et 29 avril, des 6, 7 et 9 mai, par une lutte entre les vents de l'E. et du N.-E. contre le S.-O., celle du 25 mai par le S.-E. et celle du 21 août par le N.-O.

Quand les pluies sont générales et abondantes, les rivières débordent, couvrant de leurs inondations les vallées dans lesquelles elles déposent leurs alluvions, seules terres de culture que les Touareg connaissent.

Presque toutes les rivières des montagnes agissent à la façon des torrents, ravageant et dévastant tout sur leur passage. Malheur à ceux que ces avalanches liquides surprennent dans leur chute désordonnée !

Il ne m'a pas été permis d'apprécier les quanliiés variables d'eau

que donne chaque pluie ; mais, d'après les indigènes, je dois croire que, dans certains cas, les pluies sahariennes sont de véritables déluges.

Neige. — Non-seulement il tombe de la neige chez les Touareg, mais encore elle s*y conserve pendant trois mois de Tannée, du mois de décembre au mois de mars. Les sommets du Ahaggâr, il est vrai, jouissent seuls de ce privilège. J'ignore si ce bienfait est annuel ou s'il est limité aux seules années de pluie.

J'ai estimé l'altitude de Ahaggâr à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, amené à cette détermination par la comparaison avec l'Adrar du Tasîli et avec l'Anhef qui ne conservent pas les neiges, bien qu'atteignant des hauteurs de 1,500 et 1,800 mètres.

Pression atmosphérique.

Observations barométriques. — ^^ Pendant les 29 mois de mon exploration dans le Sahara, j'ai fait chaque jour plusieurs obsei^vations barométriques, principalement en vue de déterminer les altitudes des points visités.

Les baromètres dont je me suis servi successivement et quelquefois concurremment, pendant toute la durée de mon voyage chez les Touareg, sont l'anéroïde et un baromètre Fortin, qui m'a été envoyé en roule par M. 0. Mac Carthy.

Ces deux instruments ont été contrôlés, à mon retour à Alger, par M. 0. Mac Carthy , et les observations que je publie sont corrigées de toutes les erreurs constatées.

Quoique des marches et des déplacements journaliers soient peu favorables pour tirer quelques conclusions sur les variations diurnes, mensuelles ou annuelles du baromètre dans le Sahara, je trouve cependant dans mon journal météorologique quelques détails utiles à publier.

Oscillations diurnes. — A Ghardâya, le 22 août 1859, à la suite d'un violent orage qui avait duré une partie de la nuit, j'ai consacré toute la journée, du lever au coucher du soleil, à constater les oscillations barométriques de 15 en 15 minutes.

Pour cette observation spéciale , je me suis servi du baromètre Fortin n® 892, construit par M. Tonnelol.

Les résultats de cette étude sont consignés dans le tableau qui suit.

MÉTÉOROLOGIE

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