MALVACÉES
Malva parviflora L.
Khoubbîz {arabe).
Récolté en 1859, dans les jardins de Ghard&ya.
Plante émolliente, employée comme médicament par les indigènes.
Hibiscus escclentus L.
Meloûkhîa (arabe).
Le meloûkhîa (gombo des Européens) est le légume favori des Orientaux, aussi le cultive-t-on dans tous l'es jardins potagers des oasis. C*est un fruit très-mucilagineux, sain et d'une digestion facile.
On le mange en ragoût avec la viande.
On l'emploie également cru en salade.
GossYPiLH viTiFOLiuM Lmk.
Koton-bernâoui (arabe) ; Tàbdoûq (temâhaq).
Récolté le 21 Juin 1861, à Mourzouk, où ce cotonnier est cultivé.
Ce cotonnier, cultivé dans tout le Fezzân, a été importé du Bornou (Afrique centrale), ainsi que Tindique son nom arabe. Il est à courte soie. Dans les graines que j'en ai rapportées, M. Hardy, directeur du jardin d'acclimatation d'Alger, a reconnu deux variétés : Tune blanche et Tautre nankin.
GOSSYPIUM HERBACEDM L.
Koton-fezzâni (arabe) \ Tàbdoûq (temâhaq).
Récolté le 22 mai, à Tekertiba, oasis de TOuàdi-el-Gharbl, et à Mourzouk, le 24 juin 1861, où il est cultivé.
Le cotonnier du Sahara ne peut figurer ici que pour mémoire, en raison du peu d'importance de sa production. Cependant, il y est cultivé et à très-bas prix; c'est là un point important, car le bas prix résulte de l'abondance de la main-d'œuvre et des conditions climatériques qui rendent cette culture certaine , sans exiger aucun travail sérieux autre que celui de la cueillette, conditions qui ne peuvent être modifiées.
Au Fezzân, j'ai trouvé le cotonnier en fleur au mois de juin, c'est-à-
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dire à l'époque où il commence à sortir de terre sur le littoral algérien.
11 en est de même au Touât.
Dans ces deux archipels d*oasis, rien ne sollicite la production, limitée aux besoins des ménages ; car on y reçoit de l'Europe et de l'Afrique centrale des étoffes qu'il est plus commode d'acheter. Mais, dans ces deux districts , il y a un excédant de population qui est forcé d'émigrer pour aller demander des moyens d'existence à d'autres contrées, et il préférerait trouver sur place l'emploi de ses bras. Il s'adonnerait donc volontiers à la culture du coton, si ce produit avait un débouché régulier et assuré.
L'espace non plus ne manque pas, car avec des puits on peut créer des oasis partout où la terre végétale recouvre la roche et les sables.
Si le Touât et le Fezzân paraissaient trop éloignés des ports de l'Algérie, ou si leur situation en dehors de notre colonie devait être un obstacle à des encouragements directs à une culture développée, il y a, dans le Sahara algérien même, la zone des puits artésiens, qui peut produire le coton courte soie dans des conditions climatériques et de main-d'œuvre analogues à celle du Fezzân et du Touât.
Là, le nègre est dans son climat de prédilection, et dès qu'il saura qu'un jçouvernement capable de le faire respecter y creuse des puits pour cultiver le coton, il y viendra, et il suffira de lui donner de bonnes graines et de lui enseigner les meilleures méthodes de culture.
J'ai rapporté des graines du cotonnier fezzanien et du cotonnier soudanien, pour être ensemencées au jaMin d'acclimatation d'Alger. On ne tardera pas à être fixé sur leur valeur comme semences à propager en Algérie.
CllTRUS MEDICA L.
Chedjret-el-Lîm {arabe).
Un seul citronnier existe dans l'oasis de Ghadàmès. Je ne pense pas qu'il y en ait à Rhàt. Au Fezzân, on en compte quelques-uns. Au Touât, ils doivent être rares aussi.
Si un arbre , dont le fruit est si précieux dans la saison des grandes chaleurs, n'est pas plus répandu dans les oasis, c'est que probablement il y résiste à l'acclimatation.
CiTRUS AURANTIUM L.
Chemmâm (arabe).
L'oranger réussit un peu mieux que le citronnier et il y est un peu plus comniun, sans œsser d*être rare cependant.
Les oranges des oasis, même celles du Zibân , sont loin de valoir celles du littoral méditerranéen.
âmpélidéës.
VlTIS VlKilFBRA L.
Dâlia (arabe).
La vigne est cultivée dans toutes les oasis. Le 12 juillet 1861, les ' raisins étaient mûrs à Trâghen, au moment de mon passage.
Le raisin frais, *aneb, qui en provient, de qualité inférieure, est mangé en fruit. Le raisin sec, zebîb, qui entre comme condiment dans le couscoussou, est tiré du Nord.
D'après les renseignements qui me sont fournis, il existerait dans les montagnes du Ahaggâr trois variétés de vignes sauvages auxquelles les Touareg donnent les noms de tezzebibt, de tâlekat et telôkat.
Le raisin des vignes sauvages, toujours petit, est de qualité inférieure.
Le Touât paraît posséder quelques bonnes variétés de raisin.
Les musulmans ne font jamais de vin , mais ils conservent des raisins cuits et confits dans le sucre ; ils donnent à cette préparation le nom de robb^l-'aneb.
GÉRANIACÉËS.
Erodium glaucophtllum Ait Sa'adân (arabe).
Récolté le 7 mars, entre Guett&ra-Ahmed-ben-*Amàra et Nafta, et le 12 mars dans les montagnes de Keriz.
Cette petite plante affectionne les terres de heycha.
ZYGOPHYLLÉES.
Tribdlcs megistoptbrcs Kral. in Ann. se. nat, var. magrocarpus. Bôriel (iemôhaq).
Trouvé et récolté dans une station unique, le 5 mars 1861, à Tiferghaslo, entre Ghad&mès et Rh&t.
Sans importance.
Zygophtlluh Gesliri Coss. in Bull. Soc, bot,
Bou-grîba, Agga {arabe).
Récolté le 13 mars 1860 sur les bords de laSebkha de Sedàda. Affectionne les terres salines des sebkha.
Fagonia Sinaica Boiss.
Choreïka {arabe).
Récolté le 12 mars 1860 , dans les montagnes de Kerlz et près de la Gara de Tisfln^ aux environs de Gbadàmès. Abondant dans les dunes.
Malgré ses épines, les chameaux ne dédaignent pas cette plante. Fagonia frdticans Coss. in BtUl. Soc, bot,
Chega'a, Reguîg {arabe).
Récolté en septembre 1859, entre Hàssî-Dhomrân et Chaâbet-Timedaqsin , sur la route de Metblili à El-Golèa' , et sur la bam&da , près de la G&ra- Tlfsln, aux environs de Gbadàmès, le 16 septembre 1860. ^
Assez commun, quoique rare dans le Sahara algérien.
Balanitbs iEGYPTiACA Delilo.
Hadjilidj {arabe local), Heglig {arabe d'Egypte), Tebôraq {temâhaq), Tchaïchot (au Touât), Addaoua (au Haoussa),
Trouvé, chargé de fleurs et de fruits, le 3 mars à In-Ezz&n, et le 4 mai 1861
à Tîterbsîn. Sa limite Nord est au pied des montagnes du TasUi. On le trouve aussi
dans le Ahaggàr et au Touât , mais à Tétat isolé , sans être rare.
Son tronc, d'une circonférence del"àl"50 environ, s'élève à 5 mètres de hauteur sous branches. Dans les pays où cet arbre est le plus commun, son bois est employé à faire des planchettes, des colliers, ce qui indique qu'il est fln et très-dur. Chez les anciens Égyptiens, on en faisait des statues. On dit aussi qu'il sert à l'éclairage à la façon du bois résineux.
Ses feuilles, persistantes, sont petites et charnues; quand elles sont nouvelles, on les cueille pour en assaisonner les aliments, surtout dans les contrées où le sel manque. Elles sont aussi employées pour déterger les plaies de mauvaise nature.
Des épines formidables défendent les feuilles et les branches contre les attaques de la dont des animaux.
Son fruit, ibcn^â^hen, qui a la grosseur d'une forte jujube allongée, est enveloppé dans une écorce jaune, mince, qu'il faut enlever pour arriver au noyau.
Le noyau, de nature cornée, très-dense, jaunâtre, est recouvert d'une pulpe brune qui s'enlève facilement avec Tongle et se délaye dans Teau.
L'amande que contient le noyau, de la grosseur d'une arachide ordinaire, d'un jaune verdàtre, a un goût d'amertume légère.
Avec la pulpe, d'une amertume plus prononcée encore, on prépare une pâte à laquelle on attribue la propriété de guérir les maladies de la rate et de tuer le ver de Guinée (vena medensis).
Avec le fruit, débarrassé de son amertume par la macération, on prépare une pâte, sucrée avec du miel.
RUTACÉES.
RUTA BRACTEOSA DC.
Djell, Jell, Fîdjel {arabe) ; Issîn {temâhaq).
Récolté le 7 novembre 1860, sur l'Ouàdi-Tîji, près de Djàdo.
Dans les oasis, on attribue à l'odeur de cette plante la propriété d'éloigner les scorpions des habitations.
Ses feuilles et ses graines sont employées comme médicaments.
Haplophyllum tuberculatum Adr. de Juss.
Chedjret-er-rîh (arabe).
Récolté le 17 septembre 1860 sur TOuàdi-Aouàl, au Nord-Est de Ghad&niès.
Cette plante, ainsi que l'indique son nom arabe, Varbre au vent^ est employée contre les douleurs causées par les refroidissements.
Peganum Harmala L.
Harmel {arabe); Bender-tifîn {temâhaq).
Très-commun dans TOuàd-Mezàb, où je Tai récolté. Signalé en plusieurs stations, dans les montagnes, entre Rb&t et In-Sàlab.
Cette plante, dont « chaque racine, chaque feuille, dit le Prophète, « est gardée par un ange, en attendant qu'un homme y vienne cher- « cher sa guérison, »> est très-employée par les indigènes dans tout le Sahara.
Avec sa graine on fait une huile , zH-el-harmel , qui s'exporte au loin.
J'aurai l'occasion de revenir sur les propriétés de cette plante.
rhâmnéës.
ZiZTPHUS SPIIfA-CHRISTI WiUd.
Zegzeg (arabe), môme racine que zizyphus; Korna (au Fezzân); Abaka {temâhaq); Nabq {en Egypte); Sidr {traducteurs et commentateurs du Coran),
Cet arbre est cultivé dans le Fezzân , et particnlièremeot daioB TChiàdi-el- Gharbt, près deDjerma. Cest deTekertiba, dans la même oasis, que provient l'échantillon de mon herbier. Je Ta! également récolté à Nafta, le 9 mars 1860.
Ainsi que l'indique son nom scientifique, cet arbre passe pour avoir fourni la couronne d'épines qui ensanglanta la tête de Jésus. Pour ce motif et malgré le triste souvenir qu'il rappelle , ce jujubier est l'objet d'un certain culte chez les chrétiens d'Orient.
Chez les musulmans, il est non moins vénéré, car, d'après le prophète Mohammed, le sidr est un arbre du paradis, et il y en a même un dont la tête est assez considérable pour qu'un cavalier, en un siècle, ne puisse traverser l'ombre qu'il projette.
Au chapitre 66, verset 17 du Coran, il est dit :
« Le sidr est un arbre sous lequel les élus du paradis feront leur u séjour. »
Ainsi, à des titres bien différents, cet arbre se recommande à la mémoire des hommes religieux de l'Orient et de l'Occident. Les pèlerins de Jérusalem en rapportent des branches pour orner leurs oratoires, les musulmans en récoltent les feuilles, dont ils font une décoction pour lotionner les morts, afin de donner à leurs dépouilles terrestres un avant-goût des jouissances du paradis.
Indépendamment du culte dont il est l'objet , ce jujubier forme un bel et grand arbre qui contribue à l'embellissement des oasis.
Son fruit est d'un goût assez savoureux quand il est frais. 11 est recherché comme aliment.
Ses feuilles sont employées comme anthelminthiques.
Le jujubier couronne du Christ est aussi cultivé dans la Tunisie et môme en Algérie , dans le Zibân. En cette dernière contrée , il atteint des proportions assez considérables pour être remarqué.
ZizYPHUs Lotus L.
Sedra {arabe); Tâbakat {temâhaq).
Ce Jujubier nain, si commun dans le Tell de TAlgérie et dont les épines sont si redoutables pour les vêtements, apparaît de temps à autre, jusqu'au pied des montagnes du Taslli. Près de Djerma, dans le Fezzàn, j'en ai retrouvé un pied unique, vers la môme latitude que sur la route de Ghadâmès à Rhât. Je Tavais également rencontré dans le Mez&b et entre Methim et El-Golêa*.
Mes itinéraires par renseignements le signalent sur le versant Nord du Ahagg&r, mais pas au delà.
Son fruit est comestible, il a un goût sucré légèrement acidulé, agréable pendant la saison des chaleurs, mais pas assez pour faire perdre aux étrangers le souvenir de leur patrie, ainsi que le dit Homère.
Ce fruit est-il bien le même que celui qui a donné son nom aux Lotophages? Il est permis d'en douter, car la description de l'arbre et du fruit que nous donnent Polybe et Hérodote se rapporte peu à la baie que les Arabes appellent nabqa et les Touareg ibakâten.
Mohammed (le prophète) , qui devait se connaître en botanique désertique, autant que les savants qui ont assimilé le nabqa au Lotus des anciens, ne se trompe pas quand il qualifie le saveur du fruit du sedra.
Les habitants de Saba s'étant rendus coupables de pacte avec l'erreur, il les punit en convertissant leurs jardins, couverts de fruits délicieux, en d'autres jardins produisant des fruits amers, et au nombre de ces fruits flgure celui du sedra.
TÈRÉBINTHACÉES.
Rhcs dioica Willd.
Djedârîa, Djedâri (arabe); Dezougguert {berbère-nefoûsien); Teh6naq {temâhaq).
Récolté le 18 novembre 1860, sur rOuâdi-Tirhît ; le 3 mars 1861, à In- Ezzàn, affluent du bassin derTUerhsln; trouvé en trois stations entre Ghad&mès et Rhàt; signalé dans les montagnes entre Rhàt et In-S&lah, ainsi que sur le plateau de T&demàyt, entre In-Sàlah et Methlili.
Antérieurement, j'avais constaté la présence de cet arbuste dans les vallées du Djebel tripolitain, dans le Sud de la Tunisie et même autour de quelques rhedtr du Sahara algérien.
L'écorce des racines et de la tige de ce sumac est recherchée pour
le tannage des peaux de moutons. On en fait un commerce assez important par Gâbès. Les Touareg l'emploient aussi aux mêmes usages. Ils l'appellent aoufar.