MM. D'AVEZAC, J. DUVAL, V. MALTE-BRUN, QUATRBFAOES
et VIVIEN DE SAINT-MARTIN, Rapporteur.
Messieurs,
Le 8 mai 1859, un jeune voyageur, un Français, débarquait à Philippeville, cette antique station maritime de l'Algérie orientale, qui est rede>renue, sous son nom moderne, le port de Constantine.
Ce voyageur était M. Henri Duveyrier.
A rage où, parmi ceux que la fortune n'a pas astreints aux rudes nécessités du labeur quotidien , tant d'autres préludent par une oisiveté périlleuse aux devoirs sérieux de la vie, M. Henri Duveyrier avait conçu le projet d'une grande et difficile entreprise. 11 voulait pénétrer dans les contrées , peu et mal connues , qui bordent au Midi nos trois provinces algériennes; il voulait étudier, sous la tente, au milieu de leurs habitudes à demi nomades, les populations indépendantes de ces contrées incultes qui ne sont pas encore le Désert, mais qui déjà en offrent l'image; il voulait, en poussant, aussi loin que possible, dans toutes les directions, rattacher par une série d'observations physiques et astronomiques ces plaines du Sahara algérien et leurs nombreuses Oasis aux positions extrêmes oii s'arrêtait alors l'action politique et militaire de l'autorité française ; il voulait étendre par les conquêtes de la science les conquêtes du drapeau.