‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer Vermeille, exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842 Vol.2Chapitre 147 sur 383 · RAPIDES ET CASCADES · texte numérisé non relu

RAPIDES ET CASCADES

des Montagnes Rocheuses ne soit que de quarante lieues , il faut huit jours pour la franchir, à cause des difficultés de la route. On est obligé de faire passer les rivières à la nage par les chevaux, et de construire à la hâte des radeaux pour le transport des bagages et des voyageurs.

Au Campement des Barges se réunissent les trois branches supérieures du Rio Colombia ; la plus srande vient du sud , et a une largeur de soixante mètres environ ; la Rivière des Canots, qui vient du nord, n'en a pas plus de quarante, et la branche du milieu trente seulement. Lorsqu'on a atteint ce campement, on s embarque sur des canots; le fleuve est extrêmement rapide, plein de remous et de courants ; onsaute la Dalle supérieure, puis la terrible Dalle des Morts, fameuse par ses naufrages, et dont la largeur est de vingt mètres à peine, et l’on gagne en deux jours la Maison des Lacs, éloignée de cinquante-cinq lieues. De ce point au fort Colville, la distance est de soixante-douze lieues, que l’on parcourt en trois Jours ; trois autres sont nécessaires pour joindre le fort Okanagam, situé à soixante-quatre lieues à l’ouest, et cinq pour franchir une distance égale qui sépare ce dernier point du fort des Indiens Nez Percés, où la branche sud du Rio Colombia s’unit à la branche nord. Les bords du

. FATIGUES DU VOYAGE. 181 fleuve offrent les paysages les plus pittoresques, mais la navigation est difficile; après avoir passé la cascade supérieure, on arrive au Grand Rapide, ou première chute , à quatorze lieues au-dessus du fort Van Couver. La rivière , en cet endroit, coule dans un canal étroit, qui n'a que cent soixante mètresde large, et dont la longueur estde deux milles ; ilest formé de murailles basaltiques, et son cours est obstrué d'énormes rochers et de petites îles. La hauteur verticale de la chute est de quarante-cinq mètres ; après un portage, on descend le fleuve dont le cours devient magnifique, et la distance de quatre-vingts lieues qui sépare le fort des Nez Percés du fort Van Couver estaisément parcourue en six journées; enfin, du fort Van Couver à la mer, on ne compte pas plus de trente lieues qui se font en deux jours.

Ainsi, le parcours total de Montréal jusqu’à la Mer Pacifique à l'embouchure du Rio Colombia est exactement de dix-huit cents lieues, et la durée du voyage de quatre mois et demi. Pendant ce voyage on est obligé de franchir à cheval soixante-quinze lieues, ce qui exige treize jours environ, et le reste se fait en bateau. Nous n’avons point calculé les journées de halte pour le repos , et celles consacrées aux affaires dans les différentes stations; le retard qu'elles occasion-

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