‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer Vermeille, exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842 Vol.2Chapitre 164 sur 383 · RÉCOLTES DE LA COMPAGNIE · texte numérisé non relu

RÉCOLTES DE LA COMPAGNIE

au milieu du fleuve; mais, durant la saison des pluies et la fonte des neiges, les trois canaux se réunissent, et la nappe tombante des eaux embrasse toute la rivière. Il est évident que ces chutes, dont la Compagnie s’est déjà assuré la possession, acquerront plus tard de l’importance; à l’aide de petites rigoles et en ramifiant les cours d’eau, on pourra mettre en mouvement un très-grand nombre d'usines, moulins et : scieries mécaniques déjà usitées dans le pays. Lorsqu'on arrive aux chutes du Ouallamet, on est obligé de faire un portage de deux cents pas environ; on peut ensuite remonter la rivière pendant près de quarante lieues. Les petits affluents qu'elle recoit sont aussi navigables pour des canots. |

La- Compagnie d'Hudson s'étant engagée à fournir annuellement aux comptoirs de l’Amérique Russe cinq mille fanègues de blé (deux mille huit cent quinze hectolitres), et voyant, d’un autre côté, le nombre des animaux à fourrures diminuer tous les ans, a du fixer son attention sur l’agriculture. Elle récolte pour son compte, à Van Couver, Nesqually et Kaoulis, à peu près quatre mille hectolitres de blé, deux mille d'orge, deux mille d'avoine, quatre mille de pois, et quinze cents hectolitres de pommes de terre. Comme les

ARBRES GIGANTESQUES. 201 colons n’ont d'autre débouché, pour la vente de leurs produits, que les forts de la Compagnie, on conçoit que celle-ci leur impose arbitrairement les prix qu’elle juge convenables. Ainsi elle ne paye le blé qu’à raison de deux piastres et demie ou trois piastres l’hectolitre, et encore ne prend-elle les grains qu’en échange de marchandises venues d'Angleterre, sur lesquelles elle réalise déjà un bénéfice considérable. La Compagnie possède dans ses forts six mille moutons, sept mille bêtes à cornes et deux mille chevaux ; elle vend des bestiaux aux colons moyennant quarante piastres par tête de bœuf ou de cheval, et lorsqu'elle leur prête du bétail, elle partage avec eux les produits.

Les bois faconnés etéquarris, qu’elle envoie aux îles Sandwich, ne laissent pas que d'offrir, malgré leur qualité médiocre, une valeur assez grande, eu égard à la pénurie des lieux où on les exporte. La dimension des arbres est énorme. Tous les voyageurs s'accordent sur les mesures de quelques pins, élevés de trois cents pieds et ayant un diamètre de quinze et dix-huit pieds; mais ces arbres, poussant au milieu d’une atmosphère constamment humide, présentent généralement un grain spongieux et trop gros; en été, ils se dessèchent aisément et deviennent très-légers,

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