M. L'ABBÉ BLANCHET
‘au milieu des fermes des Français Canadiens.
Dans les excursions que je fis avec le digne abbé Blanchet aux chutes du Ouallamet, ilme demanda | sous quelle invocation il devait placer cette Mission. Je crus ne pouvoir lui indiquer de nom plus glorieux pour la France que celui de notre saint Roi Louis. |
Dans les trois Missions de Nesqually, Saint | François Xavier et Saint Paul, des terrains ont été réservés spécialement pour l'accroissement des Missions. Dans les deux premières on a conservé trois cents hectares, et à Saint Paul on a choisi un magnifique vallon de quinze hectares de front | sur soixante-dix de profondeur, mélangé de bois | et de prairies , et possédant plusieurs cours d’eau | où l’on peut établir des moulins. Des fermiers à gages cultivent ces terrains, dont le produit est affecté au soulagement des veuves et des orphehins, et à la fondation des écoles et des ateliers d'apprentissage pour les adultes.
Les secours que MM. Blanchet et Demers recevaient de France, ne suffisant pas à la création de ces établissements, le diocèse de Québec y a suppléé , en envoyant, pendant ces dernières années, un secours annuel de cent louis. M. le docteur. Mac Loughlin a fourni généreusement une somme | égale sur ses deniers privés. Pour aider les Mis-
LES ROBES NOIRES. 27 sionnaires , deux prêtres français, MM. Langlois et Bolduc, se sont rendus, il y a un an, par mer, au Rio Colombia. Ces ecclésiastiques sont en rapport avec les Franciscains espagnols de la Californie, les Jésuites français établis sur les hautes eaux du Missouri, au pied des Montagnes Rocheuses, et notre Mission desiles Sandwich. L’influence que les Missionnaires exercent sur les Indiens est considérable. Il n’est pas rare de voir des naturels franchir des espaces de cent cinquante à deux cents lieues pour connaître les Æobes noires, les grands chefs des Francais , ainsi
qu'ils nomment nos Missionnaires. Quant aux
Canadiens libres, placés à la proximité des Missions, on doit dire à leur louange, qu’en l’absence d'autorité civile ils acceptent volontairement celle toute paternelle des prêtres français. Ceux - ci instruisent leurs enfants, règlent leurs différends et font le partage des terres.
Nous avons été témoin, pendant notre séjour à Saint Paul du Ouallamet, d’un exemple assez touchant de cette justice patriarcale. Un Français-Canadien fut accusé d’avoir volé un cheval à un Américain , et avoua sa faute. Le conseil des pères de famille, présidé par l’abbé Blanchet, le condamna à restituer le cheval à son propriétaire, etde plus , à rester trois mois à la porte de l’église