BERCEAU DES NOUVEAU-NÉS
Il est à remarquer que les tribus établies audessus de la jonction de la branche sud de la Colombie, et désignées sous le nom de Têtes Plates, ont renoncé depuis longtemps à cet usage. Les vrais Têtes Plates sont donc les Indiens de la côte et ceux qui habitent le long des affluents et des eaux inférieures de la Colombie. Leurs tribus principales sont les Klikatas, les Multonomas, les Kaoulis, les Chekilis, les Klatsops, les Killimoucks et les Tchinouks.
Le procédé d’aplatissement adopté par les Indiens de l’Orégon est le suivant : on place l’enfant sur une planche d’une longueur et d’une largeur proportionnées à son corps. Cette planche , qui lui sert de berceau, est garnie de mousse et recouverte d’une peau amollie. Un renflement, destiné à empêcher le menton de tomber sur la poitrine, se trouve à la hauteur du cou. Eorsque le patient est couchésur le dos, on rabat sur son front , au-dessus des arcades sourcilières, une petite planche mince et flexible dont les deux côtés sont garnis de lacets fixés dans les trous latéraux du corps du berceau ; c’est en augmentant graduellement la pression que la difformité est produite. Jusqu'à l’âge de trois ans, les enfants restent presque constamment attachés à la planche. Quelquefois le berceau est creusé en forme
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d’auge , et en voyage, les femmes le portent derrière leur dos ou à l’arcon de la selle. L'enfant y est solidement lié, le corps emmaillotté dans de la mousse sèche et quelques fourrures, et les pieds soutenus par un petit renflement situé à la partie inférieure. Un demi-cercle, allant d’un côté à l’autre du berceau, garantit l'enfant contre les accidents qui pourraient résulter d'une chute.
La nature rétablit en partie chez les adultes la forme primitive du crâne. On verra, dans le dessin n° 26 de l'Atlas, que les têtes des jeunes hommes sont beaucoup moins aplaties que celles des enfants. Quelquefois l’aplatissement s'opère d’une manière irrégulière. Ainsi, dans le crâne n°3, le pariétal de droite a pris plus de développement que celui de gauche. La compression du cerveau exerce sur les facultés de ces Indiens une influence funeste; il n’est donc pas étonnant que de toutes les tribus de la côte, celle des Têtes Plates soit la moins intelligente. Les Européens qui ont résidé parmi eux, et le savant docteur John Mac Loughlin entre autres, ont remarqué qu'ils sont aussi fort sujets à l’apoplexie !.
Les Tchinouks se divisent en hauts Tehinouks, qui habitent au-dessus des Dalles du Rio Colom-
? Voir dans l'Atlas le dessin n° 26.
LANGUE FRANCAISE. 351 bia , et en T'ehinouks inférieurs, qui occupent les bords du fleuve, depuis le fort Van Couver jusqu à la mer. Les hauts Tchinouks comptent encore mille individus; mais la population des Tchinouks inférieurs, qui se composait il ya peu d'années de près de milleloges, ne dépasse pas aujourd’hui trois cents personnes. Les fièvres trem-
blantes ont emporté des villages entiers; les ani-
maux eux-mêmes sont soumis à ces influences funestes et dont l’origine est jusqu'à présent assez obscure. Disons, en passant, que, règle générale, on doit, en parlant des Indiens, compter toujours cinq individus par loge, tente, wigwam, ou cabane.
Le jargon ou petit tchinouk que parlent les naturels le long de la Colombie, est composé de mots indiens mêlés d’anglais, et surtout d’une grande quantité de locutions françaises. Plusieurs d’entre eux, notamment les enfants, entendent parfaitement notre langue; ce qui s'explique par deux raisons : d’abord , parce que la plupart des Canadiens ont, comme nous l’avons déjà dit, épousé des femmes indiennes ; ensuite, parce que les Indiens se trouvent en rapports constants avec les Missionnaires, dont les instructions se font en français. On peut donc affirmer hardiment que d'ici à quelques années notre langue