NAPOLÉON CHEZ LES TÈTES PLATES
nos privations et l’horrible misère à laquelle nous étions réduit. Rien ne saurait peindre la joie de ces Indiens lorsqu'ils nous virent nous mêler à leurs chants. Pour nous prouver que leur science ne se bornait pas à la connaissance de ce cantique, ils nous en récitèrent plusieurs autres , ainsi que des prières que la Robe noire (M. l'abbé Blanchet) leur avait enseignées ; puis, nous regardant avec une certaine fierté, ils ajoutaient que les king Georges et les Boston (les Anglais et les Américains) ne savaient pas cela.
Notre étonnement augmenta en apprenant que ces Indiens ont quelques notions de l'existence de Napoléon, qu'ils doivent sans doute aux Français Canadiens. En échange d’une chemise, j'obtins d’un Multonoma une corne d'élan servant de mesure à poudre, et surmontée de la figure de l'Empereur, grossièrement sculptée avec un couteau. Un autre Indien, au cou duquel était sus- pendue une pièce de monnaie à l'effigie de Napoléon, nous disait, dans son naïfenthousiasme, que s’il était possible de se rendre à pied auprès du grand chef des Français, 1l se mettrait en route à l'instant même".
Les Tchinouks aiment passionnément les jeux
* Voir dans ce volume la vignette n° 8.