‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer Vermeille, exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842 Vol.2Chapitre 291 sur 383 · MANIÈRE DE SCALPER · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE SCALPER

vaincus et des femmes qu’il a enlevées. S'il revêt sa robe de bison, il étale avec orgueil les chevelures fixées sur le cuir de ses manches, au moyen de broderies faites en nerfs d’antilope et en pointes de porc-épic teintes de brillantes couleurs ; car, de même que les chevrons d'un soldat indiquent en Europe le nombre de ses années de service, les chevelures dont les bras de l'Indien sont couverts, indiquent ici le nombre d'ennemis qu'il a scalpés.

Pour scalper, les Indiens se servent d’un couteau ou d’un os tranchant ; ils circonserivent le front et la peau au-dessus des oreilles, puis prolongent l’incision jusqu’à la partie inférieure du cou , entre les deux omoplates ; ils saisissent alors fortement par derrière le lambeau de chair et, appuyant le pied sur les épaules de l'ennemi couché la face contre terre, ils enlèvent d’un seul morceau tout le cuir chevelu. Ils le font sécher avec soin, tannent l’intérieur, et dans leurs fêtes les guerriers portent avec orgueil au bout d’une perche ces horribles trophées. Cet affreux dépouillement du crâne pratiqué sur un homme vivant ne cause pas toujours sa mort, et Washington Irving a conservé le nom d’un vaillant trappeur, Edward Robinson, engagé Astorien, qui avait été scalpé par les Sioux.

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