ARMEMENT DU PORT
abondante; mais il y a peu de bois de ce côté. En suivant la côte pour aller à Ross, on trouve la ferme de Kostromitinoff, et quatre postes ou vigies qui servaient aussi aux gardiens des bestiaux. La ferme de Vasili est éloignée d'environ deux lieues dans l’est , et celle de Don-George de six lieues vers l’est-nord-est.
Les Russes n’ont construit aucune espèce de fortifications au port de la Bodega, ils y ont seulement une pièce en bronze pour répondre aux signaux des navires. La défense de ce point serait rendue très-facile au moyen de cinq batteries ainsi situées : au sud à la pointe de la Grande Bodega , à l’est en face de l’île, au nord au milieu de la lagune de terre qui sépare les deux ports, et sur le cap Romanzoff, à l’ouest de la petite île qui commande en quelque sorte les mouillages. Depuis la Bodega jusqu'à Ross, il n’y a point d’abri, et la petite anse qui est devant les ateliers du fort, bien qu'elle ait un fond suffisant, n’est tenable que dans un beau temps.
Tant que les îlots los Farallones, qui sont en face du port de San Francisco, ont été habités par des veaux marins ou des loutres, les Russes y ont laissé à demeure quelques Indiens Kodiaks excellents pêcheurs ; mais ils les ont retirés dès que la chasse n’a plus été favorable. Les autres
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SÉJOUR A ROSS. 19 comptoirs ou postes de l'Amérique Russe, au delà du Territoire de l’Orégon, ne sauraient présenter moins d'intérêt que les établissements de Californie; et nous regrettons d'autant plusqu’aucun bâtiment de l’État ne les ait visités, que dans le séjour de la Vénus au Kamschatka, à Pétropaulowski en 1837, nos officiers ont pu juger de l’empressement avec lequel ils seraient reçus. Quant à nous, nous ne saurions nous montrer trop reconnaissant de l’accueil amical que, dans nos différentes visites en 1841, nous avons toujours trouvé auprès des agents russes. Le gouverneur de Ross, M. Alexandre de Rotscheff, sa dame, née princesse Gagarin, M. Kostromitinoff, chef du comptoir de Sitka , le capitaine Sagoskin, commandant la corvette Hélène, M. Wosnesenski, naturaliste de l'Académie de Saint-Pétersbourg, se sont empressés de nous rendre le séjour de leurs établissements agréable. Indépendamment d'une réception tout européenne, ils nous ont facilité l'exploration d’une partie de la contrée, mettant à notre disposition des embarcations, des mougiks, des soldats, et organisant pour nous de nombreux relais d'excellents chevaux. Ces soins, ces attentions sont surtout appréciables lorsqu'on a passé de longs mois ne vivant que de privations, et n'ayant pour toute société que de