‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 148 sur 313 · COMPAGNIE D'AGRICULTURE DE LA BAIE DE PUGET · texte numérisé non relu

COMPAGNIE D'AGRICULTURE DE LA BAIE DE PUGET

Le privilége de la Compagnie d'Hudson, ex-

piré en 1842, a été renouvelé et étendu même

par le Gouvernement britannique, sans attendre

. le résultat des négociations pendantes avec le

cabinet de Washington pour la démarcation des

206 COMPAGNIE D’AGRICULTURE frontières de l'Ouest. Cependant, des agents ré. sidant én Amérique, et qui, comme nous l'avons dit, ne sont point actionnaires, voyant la diminution progressive des animaux à fourrures, et craignant que le gouvernement anglais n'abandonne la rive gauche de la Colombie, ont formé entre eux , il y'a trois ans, une société sous le titre de Compagnie d'agriculture de la baie de Puget (Puget's Sound agricultural Company). Ils ont choisi d'avance la partie la plus fertile du ‘lerritoire située autour de la baie de Puget et de ses excellents mouillages, et y ont réuni et confié à des colons libres cinq mille bêtes à cornes et chevaux ét huit mille moutons. Cette association est tout à fait indépendante de la Compagnie d'Hudson; son capital s'élève à cent mille livres sterling (deux millions cinq cent mille francs ). Les chefs facteurs ont donné mille livres chacun, les commis principaux, cinq cents, et les clercs, de cent à deux cents livres. Le docteur Mac Loughlin a contribué pour cinquante mille francs; il est le directeur de l’association, et reçoit en cette qualité cinq cents louis par an. Les chefs facteurs, en constituant cette association, ont agi avec une grande habileté, puisque, quels que soient les événements ultérieurs, ils se trouvent maîtres des portions les plus riches du

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DE LA BAIE DE PUGET. 207 Territoire et de son meilleur port, ils ont dès à présent à leur disposition des terrains excellents qu'ils peuvent céder, ou des bestiaux qu'ils peuvent vendre aux nouveaux colons, et, comme le dit fort bien un auteur, officier de la Compagnie d'Hudson : « L'établissement anglais sur les bords « de la baie de Puget est le noyau d’un futur « empire dans l'Ouest : (The Nucleus of a fu- « ture empire in the far West".)

Dans l'espoir de retirer de grands bénéfices de l'élève des moutons, lasociété en a achetésix mille en Californie, et a fait venir d'Écosse des béliers de race supérieure. Aucun pays, en effet, n’est plus propre à la propagation et l'élève des bêtes à laine ; la douceur de température de la baie de Puget permet de laisser hiverner les troupeaux, qui trouvent une nourriture abondante dans des prairies couvertes en toutes saisons d’une herbe

épaisse. Le docteur Mac Loughlin, qui est un

agronome fort distingué, espère obtenir avant peu d'années des laines d’une qualité égale à celles de Saxe et d'Écosse. Les manufacturiers anglais, effrayés de la redoutable concurrence qui s'élève en France, en Suisse et aux États-Unis

‘ Narrative of the Discoveries on the North Coast of America, etc. By Thomas Simpson, vol. 1, p. 18.

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