PÉTITION AU CONGRES
celui du Ouallamet, où résident, avec MM. Lee, MM. Abernethy et Whitman. Ces messieurs ont fondé un hôpital et une école; ils se livrent à l’agriculture, et possèdent deux moulins à farine et à scie, dirigés par M. Beers, charpentier. La liberté illimitée qui règne aux États-Unis, est trop connue pour qu’on puisse supposer que le caractère des méthodistes soit purement religieux. Plusieurs d’entre eux n'ont été amenés dans l'Orégon que par des affaires commerciales ou agricoles. Ils perçoivent presque tous une indem. nité allouée par le comité de Boston.
M. Lee a établi une ferme assez considérable, où il possède environ quatre-vingts hectares de terres closes, et où il récolte deux cents hectolitres de blé, et autant degraines légumineuses et de pommes de terre. Nous avons vu dans son école une vingtaine d'enfants de toute espèce ,auxquels on apprend l'anglais, et que l’on applique aux travaux de l’agriculture et aux soins de la ferme. M. Lee est le personnage le plus important de tous les Américains résidant dans le territoire de
l’Orégon; c'est lui qui, en 1839, adressa au con- :
grès de Washington la pétition dont nous avons parlé, demandant un magistrat civil ou un gouverneur, afin de protéger les citoyens des États-
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Documents
DE WASHINGTON. 245 Unis, qui forment, dit-il , le germe d’un grand État!.
: M. Lee est en rapports suivis avec son compatriote M. Bingham, chef des méthodistes des îles Sandwich, connu en France par l'odieuse persécution qu’il fit exercer contre nos missionnaïires, les abbés Bachelot, Short et Maigret. Ilentretient aussi quelques relations avec les négociants américains des îles; mais tous les autres citoyens des États-Unis n’ont de rapports commerciaux qu'avec la Compagnie d'Hudson. Cependant, en janvier 1842, quatre charpentiers américains, occupant près de l’:mbouchure du tieuve une baraque en bois laissée par l’escadrille des États-Unis, parvinrent à construire une petite goëélette de vingt tonneaux, qu’ils nommèrent le Young Oregon, et avec laquelle ils espéraient faire quelque trafic avec la Californie. Il est douteux qu'un aussi faible navire résiste à la mer, et
quant aux expéditions mercantiles isolées des
Américains, on peut hésiter à croire qu’elles puissent , avec leurs moyens bornés, faire une concurrence sérieuse à la Compagnie anglaise, dont la puissance est affermie par des capitaux
* Documents du vingt-cinquième Congrès de Washington, troisième Session, Appendice H, pag. 3, n° 101.