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DES ANCIENNES CARTES

« Mémoires des commissaires du roi et de ceux de Sa Majesté Britannique en Amérique, » gravée en 1757, démontre également que la Nouvelle France s’étendait jusqu’à la Mer Pacifique. L’on va voir plus bas, qu'il n’est pas surprenant de trouver sur ce plan, au 45° degré de latitude, sur la Côte Ouest de l'Amérique, une grande rivière dont la direction est exactement celle du Rio Colombia. L’embouchure du fleuve est signalée comme très-considérable , et il existe à peine un degré d'erreur en latitude entre la position indiquée sur la carte et celle ‘:‘eux déterminée de nos jours; erreur qui paraitra peu de chose, si l'on se reporte à l’époque à laquelle cette carte a été dressée, et si l’on se souvient que personne encore n'avait exploré la côte par mer.

Nous avons déjà nommé le chevalier de la Vérendrye, qui doit être considéré comme le premier découvreur du Fleuve et de la Mer de l'Ouest. L'examen de nombreux manuscrits, acvompagnés de cartes intéressantes, ne saurait laisser aucun doute à cet égard. Ce gentilhomme était, en 1704, enseigne au régiment de Bretagne

* Mémoires des Commissaires du Roi en Amérique pour la délimitation des frontières, etc. 4 vol. in-8°. Paris, Imprimerie royale, Le 4° volume, auquel la carte est jointe, est de 1757.

256 DÉCOUVERTES. TRÉS-IMPORTANTES infanterie ; il fut envoyé dans la Nouvelle France en 1711, sous le gouvernement du marquis de Vaudreuil, et se trouva, dès son arrivée, employé dans diverses expéditions à l’ouest du Lac supérieur. Dans ses relationsavec les Indiens Cris, Sioux, Puants, Sauteux, Assiniboines, tribus la plupart voyageuses et habitant les versants orientaux des Montagnes Rocheuses, M. de la Vérendrye dut acquérir les premières notions du grand fleuve et de la Mer de l’Ouest.

En 1716 le marquis de Vaudreuil, capitaine général, et M. Bégon, intendant du Canada, envoyèrent en France un mémoire accompagnéd’un itinéraire à la Mer de l'Ouest, et proposèrent de créer des postes dans cette direction, au couchant des lacs, vers les nations Assiniboines. L’intendant marque « qu’il faudrait tenter cette décou- « verte avec cinquante Canadiens, qui y sont plus « propres qu'aucune nation, étant accoutumés « aux fatigues de ces voyages, portés d’inelination « à. les faire, et habitués à la vie des sauvages. Il « faudrait aussi avoir deux personnes qui sussent « faire des cartes et prendre la hauteur, et donner « à l'expédition pour cinquante mille livres de « marchandises pour échanges et présents.» Pendant la minorité de Louis XV, le conseil de marine, présidé par le comte de Toulouse, et dont le

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| DE M. DE La VÉRENDRYE. 257 maréchal d'Estrées faisait partie, fut saisi de cette affaire : le 17 février 1717 il décida, avec l’approbation du duc d'Orléans, Régent du royaume, que l’on commencerait par établir trois postes à l'Ouest, et il expédia l’ordre au marquis de Vaudreuil de faire partir les premiers canots en avril suivant. À cette époque, des sauvages avaient déjà rapporté au Canada des monnaies avec des caractères chinois, et qui provenaient des bords de la Mer de l'Ouest; mais ce fait ne présente rien d’extraordinaire : plusieurs navires asiatiques ont dû venir à diverses époques échouer à la côte d'Amérique, poussés par les vents régnants de l'Ouest ; et de nos jours, en 1834, une jonque japonaise a naufragé à l'entrée sud du détroit de Fuca.

Le marquis de Beauharnais, qui remplaça M. de Vaudreuil, ne mit pas moins de zèle que son prédécesseur à étendre lez découvertes à l'intérieur de la Nouvelle France ; le but principal était de devancer les Anglais de la baie d'Hudson, et de s'emparer, au profit de #08 marchands de Montréal, du commerce lueratif des pelleteries , très-ahondantes alors chez les Sioux, les Assiniboines , les Chippeouaïans et les Cris, tribus qui chassaient au pied et dans les passes des Montagnes Rocheuses. M. de la Vérendrye

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