NOTIONS DU DÉLUGE
avoir besoin. Chinigchinig, en achevant, prit un peu de boue au bord d'une lagune et en forma plusieurs hommes et plusieurs femmes d'où descendent les Indiens actuels. Le grand Être leur dit alors : « Celui qui ne croira pas en moi et qui « ne m'obéira pas sera sévèrement châtié ; je le « ferai déchirer par les vipères et dévorer par les « ours, » Il leur indiqua ensuite les lois et les règles qu'ils devraient observer. La première de ces recommandations fut de lui ériger un temple où ils devraient l’adorer et lui offrir des sacrifices. Ce grand Être, suivant les Indiens , n’a eu ni père ni mère, son origine est entièrement ignorée ; ils croient qu'il est présent partout, qu'il voit tout, même au milieu des nuits obscures ; qu’il est invisible à tous les yeux qu'il est l'ami des bons, et qu'il châtie les méchants. Quant aux descendants d'Oiot, la plupart des Indiens assurent que Dieu transforma leur nature et les rendit en tout semblables à eux. 2
Ces Indiens ont aussi une idée du déluge. Il est mentionné dans leurs chants qu'à une époque très-reculée la mer sortit de son lit et couvrit les vallées. Tous les hommes et les animaux périrent, à l'exception de quelques-uns qui s'étaient réfugiés sur une haute montagne où l’eau ne parvint pas; les Indiens ajoutent qu’un pareil désastre
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ÉDUCATION DES ENFANTS. 367 n'est plus à craindre, Chinigchinig ayant décidé qu’il n’y aurait pas d'autre inondation.
Les pères accoutument de bonne heure leurs enfants aux exercices du corps et au maniement de l’arc et de la lance, et leur inculquent en même temps des principes de morale fort sage, leur apprenant à haïr le mensonge, à ne point faire de mal aux autres, et surtout à respecter les vieillards. En naissant, les enfants indiens sont presque blancs; leur couleur est celle des mulâtres ou quarterons très-clairs; mais ils noircissent en grandissant. Lorsqu'ils ont atteint sept à huit ans, on les place sous la protection d’une divinité choisie presque toujours parmi les animaux , et dans laquelle ils doivent mettre leur confiance ; on ne les consacre jamais au dieu principal Chinigchinig, parce qu'il est invisible. À l’âge de la puberté, on les entoure de sorciers et de devins. Ces derniers leur font prendre un breuvage enivrant , composé ordinairement avec une plante de la famille des solanées assez semblable au tabac, et dont les Indiens fument les feuilles sèches. Quand le jeune hommeest parvenu au paroxysme de l'ivresse , les sorciers l'empêchent de s’endormir, entretiennent son excitation cérébrale et lui demandent sans relâche s’il ne voit pas le lion, l'ours, le cerf, l'aigle ou le loup de prairies.