‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 29 sur 313 · SIERRA NEVADA · texte numérisé non relu

SIERRA NEVADA

stratifications de gneiss, de hornblende, dequartz, d’ardoises talqueuses semblables à celles qui , au Mexique , renferment des filons d’or, de micaschiste et de schiste talqueux. La composition des Montagnes Rocheuses semble être la même que celle de la Cordillère des Andes, dont l’illustre M. de Humboldt a donné une savante description. De ces différentes couches jaillissent d’abondantes sources minérales.

Le grand désert compris entre les Montagnes Rocheuses et la Sierra Nevada est formé en partie de détritus de ces montagnes, de roches basaltiques, de grès rouge et bigarré, et de dépôts calcaires ; leur aspect général est volcanique, et les laves s'y rencontrent souvent. On aperçoit dans les sections verticales du lit des rivières, d'immenses assises de colonnes basaltiques ressemblant à des tuyaux d'orgue.

La Sierra Nevada, indépendamment des granits rouges, des roches trachytiques, offre des grès, des schistes, des roches amphiboliques, et des phylades grises et noirâtres.

La formation des Monts Californiens est 'en général celle des terrains crétacés. Leur partie inférieure présente des grès mélangés de divers oxydes et de silicates de fer; plusieurs de leurs sommets sont couronnés de gypses et autres dépôts cal-

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MONTS CALIFORNIENS. 45 caires d’une blancheur éblouissante, qui, de loin, les font ressembler à des montagnes couvertes de neige. Le chaînon peu élevé qui suit la direction de la mer et la côte elle-même, a tous les caractères d'un dépôt tertiaire récent ; le sol est mélangé de silices, de sables, de marnes, de grès, de gypses, de kaolin et d’ocres de diverses couleurs ; on y remarque l'alternance entre les dépôts des eaux douces et les formations marines faciles à distinguer par les coquilles qu'elles renferment. Un exemple frappant de ce fait se retrouve près de la Mission de Santa Barbara. |

Quelques parties du rivage seulement ont l’aspect de terrains diluviens; ainsi il est aisé de reconnaître que les parties sud-est et ouest des ports de la Bodega, de MonteRey, de San Francisco, de Santa Bärbara et San Diego, sur une étendue de plusieurs lieues , ont été couvertes par les eaux de la mer. On rencontre aussi dans des vallées intérieures de grands blocs erratiques, dontlacomposition n’a aucun rapport avec le terrain sur lequel ils se trouvent transportés. Nous n'avons découvert nulle part d’aérolithes , ni de ces énormes masses de fer magnétique dont la présence n’a pas d'explication connue, et qu’on trouve dans quelques parties désertes du Continent américain,

La terre végétale a souvent, dans les vallées, deux mètres d'épaisseur; les strata supérieurs du sol sont en partie formés par des détritus organiques; aussi est-il d’une extrême fertilité, que contribuent encore à augmenter, les couches de cendres produites par les incendies des savanes. L’humus n’est jamais à nu, l’herbe le couvre toute l’année; les graminées atteignent une hauteur de huit à dix pieds, et les arbres de la. Californie sont, sinon les plus gros, du moins les plus élevés du globe.

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Les saisons suivent le même coursqu’en Europe, et l’année se divise en deux parties bien distinctes : la saison des pluies qui commence en octobre et finit en mars, et la saison sèche qui embrasse les six autres mois de printemps et d’été. Par une heureuse alternative , les vents régnants del’hiver sont ceux du sud-est, qui élèvent la température, tandis que ceux de l'été, soufflant du nord-ouest, diminuent l’ardeur du soleil. Ces vents, il est vrai, sont quelquefois si froids, qu’au bord de la mer et au mois d’août ils obligent à faire du feu dans les maisons qui y sont exposées.

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TEMPÉRATURE. | st Dans les plaines intérieures , la température est au contraire très-élevée.

A la fin d'août et dans les premiers jours de septembre 1841, à la Nouvelle Helvétie, sur le Rio del Sacramento, le thermomètre centigrade, placé à l'ombre et au nord, donnait de midi à deux heures un maximum de 36 à 38 degrés ; au fort de Ross, qui est situé au bord de la mer, au delà du trente-huitième parallèle, la moyenne de l’année est de 13 degrés au-dessus de zéro , le maximum de 30 et le minimum de 4 ; au port de San Francisco (partienord )et à MonteRey, la température de l'air et des sources, aux mois de septembre, octobre et novembre, offreune moyenne de 17 degrés au-dessus de zéro, que l’on peut considérer comme celle de l'année.

Dans quelques matinées de décembre et en janvier, on trouve du verglas et de rares gelées blanches. Une seule fois depuis la colonisation on a

“vu tomber de la neige dans la plaine. Ce phéno-

mène fut observé par le R. P. Payeras, le 26 janvier 1806, à la Mission de Saint Jean Baptiste. Les sommets des monts Californiens, qui n’ont guère que douze ou quinze cents mètres d’éléyation absolue, conservent à peine quelques jours la neige qu'ils reçoivent.

À partir de la Mission de San Antonio, la région

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