‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 33 sur 313 · INCENDIES DES SAVANES · texte numérisé non relu

INCENDIES DES SAVANES

feu pendant leurs campements , oublient de l’éteindre en s’éloignant. Ces incendies durent souvent plusieurs mois, et se propagent d’un bout à l’autre de la province, au point d’empècher les voyageurs d'avancer. Malheur à ceux qui se laissent surprendre par les flammes dans les prairies dont l’herbe s'élève souvent à neuf et dix pieds, ou dans les bois qui n’ont pas de routes tracées! Dans le chaînon de la sierra de Santa Cruz qui conduit à la Mission de Santa Clara , nous avons passé plusieurs heures errant au milieu d’une forêt embrasée, recevant les branchages enflammés et aveuglé par la cendre. L'aspect du feu fait perdre aux animaux toute leur intelligence; les chevaux ne reconnaissent plus leur route, et sont tellement effrayés qu'ils se laisseraient brûler sur place. Les ours, les antilopes, les cerfs courent çà et là, et nous avons vu de ces derniers poursuivis par l'incendie sur la côte ôrientale du port de San Francisco, se jeter à la mer sans craindre les requins , et gagner à la nage les îles de la baie.

Sous l'autorité espagnole, dès qu’un incendie se déclarait, les Compagnies présidiales et les néophytes des Missions arrivaient par centaines,

| armés de haches, et parvenaient en peu de temps

à s'en rendre maîtres. Maintenant, la négligence Le

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est telle, que pendant notre séjour à MonteRey, les bois de la presqu'île de Pinos, situés à deux ou trois cents pas des maisons de cette ville, ont été en proie au feu , sans qu’on ait fait la moindre tentative pour l’éteindre. C’est, du reste, un spectacle magnifique que celui d’une plaine embrasée. Les flammes courent dans les herbes de la savane; enveloppent les coteaux boisés, et s’élancent en serpentant au sommet des arbres, dévorant les lianes et les plantes grimpantes. Les frênes, les sycomores, les chênes brûlent en entier, mais les troncs des pins, qui sembleraient devoir être les premiers consumés, résistent à cause de l’épaisseur de leur écorce ; on voit seulement couler de longues larmes de résine transparente le long de leur tronc, tandis que l'incendie projette une lueur rougeûtre, et que les fortes brises du nordouest emportent des nuages de cendre et de fumée.

Les variations diurnes du baromètre situé au niveau de la mer sont presque insensibles lorsque c’est le même vent qui souffle ; mais le nord-ouest fait monter le mercure, et le sud-est opère un effet contraire ; les minima avec ce dernier vent, sont de 751 à75 4 millimètres, et les maxima avec le nord-ouest de 767 et 769 millimètres , et la différence de l’année 17 millimètres. Le baromètre

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HYDROGRAPHIE. 53 est le meilleur indice du changement de vent, et nous avons remarqué en janvier 1842, à Monte- Rey, des variations ascension inelles de 20et 30 millimètres en moins d’une heure , lorsque le vent passait du sud-est au nord-ouest.

Bien que les ouragans soient très-forts sur la côte de Californie, les orages accompagnés de grêle et d’éclairs y sont fort rares; on passe des années sans entendre gronder le tonnerre et sans voir tomber la foudre.

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