‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 6 sur 313 · BORNES DE LA COLONIE · texte numérisé non relu

BORNES DE LA COLONIE

bite le nord de San Francisco, et qui se trouve ainsi à l'abri des incursions des Indiens qui dévastent le pays situé au sud , volent les hestiaux, et tuent quelquefois les habitants.

Le terrain occupé par les Russes n’a jamais eu de limites bien fixes, puisqu'à l’époque de leur établissement en 1812, il n'existait aucune ferme espagnole au nord du port de San Francisco , et qu'ils commirent alors la faute de ne pas y fonder quelques maisons. Cependant, d’après les renseignements les plus précis, on peut dire que la ligne de démarcation commençait au sud du port de la Bodega, à la lagune nommée e/ Estero americaro, et qu'elle se prolongeait vers l'est-nord-est jusqu'à la rencontre de la petite rivière de San Ignacio (Avatcha des cartes russes). Mais il y a au moins six lieues inoccupées entre cette limite et la chaumière espagnole de Bohorquez, qui est la plus au nord-ouest. Au sud-est, à une lieue de la ferme de Vasili, ils ont laissé s'établir, il ya cinq ans, l'Écossais Mackinstosh et l'Américain Dorson : les fermes de l’ancienne chapelle de Santa Rosa sont éloignées de six à huit lieues; au nordest et au nord on ne trouve quedes tribus indiennes peu nombreuses, et à l'ouest la mer. Les Russes ont souvent fait des excursions à l'est pour tuer des castors, et parcouru la côte par mer pour

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TOPOGRAPHIE. it chasser les phoques et les loutres ; mais par terre, ils n’ont pas dépassé la Punta Barra de Arena, long promontoire très-bas qui s’avance dans la mer.

La topographie est celle de toute la Californie;

une chaîne de collines court parallèlement à la

côte, et derrière, vers l'orient, se trouvent de belles prairies où paissent des troupeaux de cerfs et les bestiaux des fermes. Ces plaines sont très-fertiles et arrosées de petits ruisseaux ; les mamelons sont boisés. Le long de la mer, depuis la Bodega jusqu’à la rivière Slawianska, il n’y a pas de pins; mais au delà, jusqu’au fort Ross et jusqu’à Barra de Arena, ils croissent presque dans l’eau, et garnissent tous les versants occidentaux, de manière qu'en les coupant , ils roulent au bord du rivage. Rien n'est alors plus facile que d'en former des radeaux et de les remorquer, soit au port de la Bodega , soit près de la petite anse qui est devant le fort de Ross où les Russes ont construit des bricks et des goëlettes. Les coteaux de l'intérieur sont remplis de chènes, de frènes, de sycomores, d'énormes lauriers royaux, de petits laurierscamphre , et de plus de vingt espèces différentes de pins et autres arbres de la famille des conifères. Quelques-uns atteignent une hauteur de

trois cents pieds.

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