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DDC LA PROVINCE ROMAINE D'AFRIQUE

Limitée au nord par la Méditerranée, à l'ouest par l'Atlantique, au sud et à l'est par le Sahara, la partie de l'Afrique septentrionale qui comprend la régence de Tunis, l'Algérie et le Maroc forme, ainsi que l'a remarqué Ritter, un tout isolé, une sorte de presqu'ile dans la grande presqu'île africaine, et les Arabes, en la désignant, dans leur langage imagé, sous le nom de Djezirat el-Maghreb « l'île de l'Occident», n'ont fait que constater une vérité géographique. Séparée du reste du continent africain par les sables, les dunes et les plateaux arides de la zone désertique, elle s'en distingue encore par des caractères bien différents de ceux qu'on observe au sud du Sahara. Les géographes de l'antiquité avaient cru pouvoir rattacher l'Égypte à l'Asie; la science moderne, avec plus de raison, considère la partie de l'Afrique comprise entre la Méditerranée et le Sahara comme une annexe de l'Europe, à laquelle, selon toute apparence, elle se reliait par plus d'un point aux

Isolement de l'Afrique septentrionale dans la grande presqu’ile

africaine.

Rôle de l'Atlas dans l'Afrique

septentrionale.

Isolement des différentes parties de l'Afrique

septentrionale,

Avantages exceptionnels que présente

12 territoire

de Carthage.

—#2( 2 }eer— époques antéhistoriques. Il est certain aujourd'hui que le nord de l'Afrique, par sa faune comme par sa flore, appartient à cette grande région naturelle, qui a reçu le nom de zone méditerranéenne.

L'Atlas forme l'ossature de cette région, dont 1] est, en quelque sorte, la raison d'être. Le désert commence au sud de ses derniers contreforts méridionaux : il atteint la Méditerranée là où les dernières ramifications orientales de la chaîne atlantique s’abaissent et se perdent dans les sables. L'île du Maghreb, pour nous servir de l'expression arabe, pourrait tout aussi bien s'appeler l’Atlantide : elle est réellement la fille de l'Atlas.

Mais, si l'Afrique septentrionale doit son unité géographique à l'immense massif qui la traverse, elle lui doit aussi l'isolement si marqué des différentes parties qui la composent. Les hautes chaînes de l'Atlas, parallèles au littoral, forment autant de barrières qui la partagent en zones distinctes, communiquant difficilement entre elles. Le littoral lui-même, de l'Atlantique aux caps tunisiens de Sidi Ah el-Mekki et du Ras Adar, n’est guère qu'une longue falaise à peine interrompue sur quelques points. Les-mouillages y sont rares, les abris sûrs plus rares encore.

Cette «côte de fer», ainsi qu'on l’a justement surnommée, offre.cependant une partie accessible. À la hauteur du promontoire de Sidi Ali el-Mekki, les montagnes s'abaissent sur le littoral comme dans l'intérieur; en outre, à partir du «cap Bon, la côte cesse de courir de l'ouest à l'est, prend la direction du sud et ouvre ainsi, en les baignant, les trois zones déterminées et fermées jusque-là par les deux chaînes atlantiques. C'est par cette large échancrure, comprise entre les hautes falaises de la Numidie au nord-ouest οἱ les bas-fonds des

Syrtes au sud-est, que l'Asie et l'Europe ont successivement pénétré dans l'Afrique du Nord. Située au centre de la Méditerranée, à égale distance de l'Égypte et de l'Espagne, en face de la Sicile, de la Sardaigne et de l'Italie, et en même temps au point de la côte qui donne le plus facile accès au Soudan, cette contrée privilégiée était destinée à servir de lien entre l'Europe et l'Afrique, à devenir le grand entrepôt de la région méditerranéenne. Carthage dut sa prospérité à cette situation incomparable, qui lui donnait un royaume libyen en même temps que l'empire de la mer et en faisait le seul centre politique que l'Afrique septentrionale ait jamais possédé. Carthage détruite, ce centre devait, par la force des choses, renaître au profit des dynasties indigènes. Rome l'occupa, et la province d'Afrique, dans ses frontières primitives, représenta, à peu de chose près, le territoire de la puissance vaincue.

C’est cette province que nous nous proposons de décrire à l'époque où, comprenant la Numidie et la Tripolitaine, elle atteignit ses limites les plus étendues.

Nécessités

politiques ‘qui obligent Rome

à occuper

le territoire

de Carthage.

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