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LES PAMPAS ARGENTINES, MENDOZA

Pour se rendre de Buenos-Ayres à Mendoza , on traverse en chemin de fer pendant quarante-huit heures ces immenses plaines hmoneuses, les pampas argentines, où se profile au loin de temps à autre la silhouette d'un gaucho^'^\ ou la forme d'une €stancia^^\ ferme modèle par excellence, où l'agencement et le confort dépassent de beaucoup les installations fermières européennes.

Il semble que ces vastes espaces de l'Amérique contribuent à développer les idées de grandeur et de richesse.

Les pampas argentines sont uniformément constituées par le limon pampéen, composé de sables plus ou moins argileux contenant des restes d'animaux, sur une superficie qui s'étend depuis le détroit de Magellan ou de Magalhaens au sud jusqu'au bassin de l'Amazone au nord.

Le terrain pampéen a été regardé comme pliocène par

<') Montevideo doit son nom à la coUine tine, remplit les fonctions des cow-boys

qui domine la ville ; c'est l'Espagnol Juan dans T Américpie du Nord. Diaz de Solis qui lui donna ce nom en ^'^ Les estancias comprennent non seu-

]5i5, car il Taperçut le premier. Cette lement l'habitation fermière, mais en-

colline est de composition gneissique. core les pâturages qui Tentourent (syn.

^ Le terme gaucho n'a pas de syno- &ngl. : grazing farms). nymie en français : le gaucho, en Argen-

Bravard et Ameghino, et comme quaternaire par Darwin et Burmeister.

A notre avis, le limon pourrait bien être quaternaire, mais les vertébrés qu'il renferme semblent devoir être rapportés au pliocène, au miocène et peut-être même à l'éocène. Je serais disposé à croire que les ossements d'animaux rencontrés dans les lœss pampéens ont été charriés alors qu'ils étaient déjà fossilisés.

Voici, en outre, la division du pampéen d'après F. Ameghino :

Tx ^ / ( nëolithîque. . . . Faune actuelle et pierre taillée.

Post-pampeen . | ^ / r^ *i * r

mésolithique . . ^^.^^ ^^ ^» ^\ ^^""^ P'^^.f

( identique a la faune actuelle.

ILagostomus fossilis.

Canis Âzarae.

Cervus magnus.

Pampéen ) moderne ( Lagostomus angustidens.

(d*Orb. i842)*] ou supérieur. | Canus protolapex.

ancien

. r/" Typotherium cristatum.

ou inféneur. \

Patagonien (d'Orb. i84a) j Anoplotherium.

* 'I Palaeothenum.

« Les argiles pampéennes — dit Alcide d'Orbigny — s*appuient sur les roches granitiques. Elles ne supportent aucun grand dépôt; seulement elles ont, à leur surface, des sables d'alluvion ou de petits bancs de coquilles fossiles, identiques à celles qui vivent actuellement soit dans la mer, soit près de l'embouchure de la Plata. L'argile pampéenne se compose d'une seule couche où il serait même difficile de trouver une stratification marquée. Il y a bien, dans certains endroits, des parties plus ou moins dures, plus ou moins arénacées, mais ces parties, loin d'être séparées du reste des lignes horizontales qui se montrent toujours dans les couches lentement déposées au sein des eaux, forment une masse où l'on ne reconnaît que des zones peu distinctes, qu'on ne peut suivre longtemps, dans

4 GENERALITES GEOLOGIQUES.

aucune des coupes naturelles des falaises. En un mot, on dirait, en examinant l'argile pampéenne , qu'elle s'est en quelque sorte déposée dans un laps de temps très court, comme le résultat d'une grande commotion terrestre. »

Les observations de l'illustre naturaliste sur les argiles pampéennes sont si précises, qu'il serait superflu d'en dire davantage. Le seul point qui reste obscur est l'origine même de ces argiles : à notre avis, elles paraissent comparables aux limons de Villejuif ou d'Arcueil, près Paris, et on dirait qu'elles résultent, en partie du moins, d'apports torrentiels. Le géologue Auguste Bravard, enlevé à la vie d'une façon tragique lors du tremblement de terre de Mendoza, en 1861, n'a malheureusement pas pu étudier d'une façon critique les espèces fossiles qu'il avait rencontrées dans les limons argentins. Je donnerai ci-dessous, dans ses parties les plus essentielles, la copie du catalogue que Bravard a lithographie lui-même en 1860 et qui montre d'une façon assez éloquente non seulement la richesse des fossiles pampéens, mais encore les distinctions apportées par ce géologue dans la chronologie des faunes.

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