‹ Explorations géologiques dans l'Amerique du Sud suivi de tableauxChapitre 14 sur 69 · lameUidens ( A. B.) E. P. N · texte numérisé non relu

lameUidens ( A. B.) E. P. N

8 GENERALITES GÉOLOGIQUES.

Comme on le voit, la question de la formation du limon est d'une grosse importance pour la géologie américaine. Ch. Darwin regardait la formation pampéenne comme tirant son origine du Rio de la Plata qui couvrait de ses eaux saunïâtres les contrées basses environnantes.

En supposant que cette hypothèse soit vraie pour la formation des limons des environs de Buenos-Ayres , elle me paraît impuissante à rendre compte de la présence des lœss à Tarija*'^ par exemple.

L'homogénéité des limons pampéens milite en faveur de leur origine torrentielle, et les lagunes des Pampas aujourd'hui existantes semblent bien être les derniers vestiges du régime limoneux pleistocène.

Les efflorescences salines sont également impropres à fournir une explication rationnelle sur l'origine marine des dépôts pampéens; elles sont au contraire une preuve de la démolition de ces roches gréseuses, auxquelles le chlorure de sodium est si fréquemment associé. Les changements qui se continuent dans les Pampas pendant la période holocène résident dans le déplacement irrégulier de certaines portions très sableuses sous des influences éoliennes, et aussi dans une décoloration des zones superficielles sous l'action des eaux météoriques.

Mais, pour revenir à notre traversée des Pampas, avant d'atteindre Villa Mercedes , la ligne côtoie des lagunes où viennent se reposer des flamants aux ailes roses, dont la quantité prodigieuse rompt par l'aspect chatoyant du coloris la monotonie du paysage.

Durant ce trajet, le voyageur n'arrive pas à se mettre à l'abri de la poussière ; de fines particules de sable passent par les in-

^'^ Les ossements d'animaux rencontrés loquio XXXIII). Depuis cette époque, les

dans le lœss de Tarija (Bolivie) furent, dès découvertes d'ossements fossiles ont été

i6o!i , signalés par Diego d'Avalos y Figu- nombreuses à Tarija. roa (Miscellania austral, lAma^ 1602. Col-

terstices les moins visibles des wagons. Enfin on atteint Mendoza, au pied de la Cordillère; cette ville rappelle un peu, par la beauté de son site, la coquette ville savoisienne d'Aix-les- Bains. La vigne y croît avec une vigueur telle , qu elle atteint la taille de véritables arbres, comme à Llai-Llai^^' au Chili. La beauté du lieu fait de Mendoza un rendez-vous favori de l'aristocratie argentine; malheureusement, ce coin si chéri des Argentins est gâté par la visite fréquente de tremblements de terre.

Le ai mars de Tannée 1861, Mendoza eut à souflFrir d'un terrible tremblement de terre ^^'. Le géologue français A. Bravard, qui avait en quelque sorte prédit la catastrophe quelques instants avant qu'elle n'arrivât, en fut une des premières victimes. Sur les 1 5, 000 personnes qui composaient la population, il ne restait plus que 3, 000 survivants. Tout dernièrement encore, en août 1908, des secousses séismiques se propageant dans la direction de San Juan firent une dizaine de victimes.

C'est en raison des tremblores qu'on n'élève pas à Mendoza de maisons de plus d'un étage, et, malgré que celles-ci soient en parties crevassées, aucun habitant n'a l'idée d'abandonner cette zone dangereuse.

Les environs de Mendoza se signalent par la présence d'énormes masses de grès rouges caractérisés par leur richesse en pétrole^''. Le manque de fossiles a jusqu'ici empêché d'établir nettement leur âge. Darwin et Stelzner supposent que ces couches pétrolifères sont plus récentes que les dépôts du jurassique inférieur, parce qu'elles reposent sur ces derniers au Pont de rinca [Puente del Inca).

^*^ lAai liai, terme indien correspondant districtos minérales, 1869 • **" dépôt consi-

aumot français «vents». dérabic de pétrole se trouve à 70 lieues

^'^ La secousse fut ressentie à Buenos- de Mendoza , sur le chemin del Planchon

Ayres, ville distante de 1,1:17 kilomètres qui conduit au Chili; ce pétrole donne

de Mendoza. 4o p. 100 de kérosène pur; il se répand

^'^ Suivant Richard , Informe sobre los sur le sol.

10 GENERALITES GEOLOGIQUES.

Luis Brackebusch concède à ces grès rouges {en raison de Chemnilzia [Meîania] potosensis d'Orb. qu'il a rencontré en abondance dans les provinces de Salta et de Jujuy et des considérations d'Agassiz relativement aux formations calcaires de Bahia) un âge néocomien. Quoi qu'il en soit, les grès et les conglomérats que Ton rencontre au nord de l'Argentine et au sud de la Bolivie m'ont paru appartenir plutôt à l'étage permien , et c'est, je crois, l'opinion de Pissis et de David Forbes.

PROrrL SCHEMATIOUC DE LA'CORDiatRC DES ANDES ENTREYALPARAISO ET MENDQZA

l' écheUedes IiautEUra est vingt Tcns ci;llc des longueur» -

C'est, à mon avis, trop s'avancer que d'étendre à la formation pétrolifère de L. Brackebusch, c'est-à-dire subcrétacée, tous les grès des environs de Jujuy.

Des espèces du genre Glossopteris , rencontrées récemment dans la province de la Rioja (Sierra Famatina) , sembleraient indiquer d'ailleurs, d'après L. Szajnocha, qu'on se trouve dans cette localité en présence du permien.

Selon les déterminations de M. Kurtz, la flore la plus importante de cette province se compose de : Noeggerathiopsis Hislopi Feistm.; Eguisetites Morenianus Kurtz; Neupropteridiam validam Feistm.

Ces espèces étaient déjà connues dans les Indes Orientales,

GÉNÉRALITÉS GÉOLOGIQUES. Il

au cap de Bonne- Espérance, en Australie, et tout à fait identiques à celles de Bajo de Velis, dans la Sierra de San Luis (Rép. Arg.). Cette flore, comme dit M. Kurtz, a des affinités très grandes avec celle du système Gondwana inférieur (Kaharbari-beds).

Selon le D' F. Kurtz, il conviendrait de distinguer trois formations d'après la flore de la République Argentine, comme l'indique le tableau suivant :

Formations de Cacheuta

Ghdlao, Uspallata (Meadoza) .

Marayes (San Juan)

Escalera de Famatina (La Rioja]

Formation de Bajo de Veiis Permien ou Dyas.

Formation de Retamito (San Juan) | ,„, ^Tr^^i ^

^ ' I (Flore du Culm).

Mon court passage à Mendoza et aux environs ne me permit point de me livrer à aucune recherche géologique utile ^^l J'arrivai , en passant par Punta de Vacas, Puente del Inca , Las Cuevas et le col Jwwai de la Cumbre, sur le ver- i

sant chilien à Juncal. Je ^^

recueillis là rapidement Q-

quelques porphyrites , et

La Cumbre

LaSÙt£V€Lf

Nivecui' de la- Mer £ •

EII3

mon attention se COncen- Porphyrite G;ypse Callovien

tra sur le relief général Échelle de i. soc ooo

de la Cordillière. Celui-ci Schéma d'un proCl géologique de la Cambre de (Jspallata , 1 1 \ • entreJuncaletPaente del Inca,d'aprè8G.Burckhardt.

est beaucoup plus a pic

sur le versant chilien, comme on peut s'en rendre compte par le profil schématique ci-contre de la Cordillère des Andes de Mendoza à Valparaiso, établi d'après les altitudes que j'ai successivement prises au cours de ma traversée des Andes.

^^ Enire Mendoza et Punta de Vacas, il n*est pas rare d'apercevoir des bandes de condors. Ce sont les condors des Andes.

12 GENERALITES GEOLOGIQUES.

Il faut une journée pour se rendre de Juncal à Valparaiso; on traverse d'abord la région montagneuse du Chili, où croît en abondance Cereus Qaisco, sorte de haut cactus épineux que Ton retrouve sur l'altiplanicie de Bolivia à Colcha (Nor. Lipez) et sur les collines situées entre Uyuni et Pulacayo (Porco).

De Salto, un chemin de fer conduit à Valparaiso via Los Andes.

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