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Après avoir rAiiii ces observations en tableau, j'ai songé k IcH (igiircr suivant une courbe qui rendît plus sensible aux
yeux leurs variations et l'arrangement de leurs séries. (Voir la carte ci-jointe.)
Les obsei^ations ont commencé à San-Juan-d'Ulloa , en face de la Vera-Cruz, à Textrémité du port où mouillent les vapeurs transatlantiques. En octobre, la température des eaux était de a 5^,3 o, au contact de la côte. Cette température est de deux degrés inférieure à la moyenne de celles qui furent ensuite constatées au large et sous les côtes des Grandes Antilles. C'est une confirmation de rabaissement de la température des eaux au voisinage de la terre ferme en Amérique, abaissement dû au courant polaire, très-énergique à la hauteur de Terre-Neuve, et qui, se maintenant ensuite au long des côtes, en éloigne le Gulf-Stream.
La série des chiffres indique, pour la deuxième observation, une température très-élevée : 27*^,60, correspondant à un des pôles de la carte de M. Deville. En suivant le tableau, on trouve que, vers le banc de Cam pèche, le remous du courant côtier abaisse la température et la ramène à celle de San Juan-d*Ulloa. Après avoir dépassé le cap Catoche, le courant du Gulf-Stream est franchi, et le thermomètre accuse a7^ao dans les eaux du courant. La température des eaux se maintient ensuite, avec de légères oscillations, aux environs de a 7 degrés, le long de file de Cuba, dans le canal resserré de Bahama et sous les côtes de Saint-Domingue , jusqu'à l'archipel des îles Vierges. Ce n'est qu'à une distance de 3oo milles de ces dernières îles, en plein océan Atlantique, qu'une diminution sensible se manifeste dans la température des eaux. Mais ce refroidissement n'est point continu ; les variations procèdent par changements assez brusques, après avoir présenté une égalité remarquable dans la température sur de longues distances. Si l'on exprime les variations par une courbe dont l'espace parcouru repré-
HciilL* l'iuit des abscisses, et les températores mesurées en de ff'és rcntigrades celui des ordonnées, on remarque', dans la IMirlio th'. Iii courbe qui correspond a Tocéan Adandqne. uoe M*ri(* (l(* liiî'gvs paliers se succédant â des niveana décrois- NaiitN; ou peut conclure de ce fait reiistence de courants â t('Uip«*ratun's uniformes sur de grandes largeurs et marchant parallrlrinfiit entre eux. On peut remarquer, pour le 1 1 et Ic! l 'j novnnbrc, une décroissance continue dans la tempelalnrc (l(*s raux. C*est un fait exceptionnel à noter dans la .si'i'ir ; il Vorrr.spond à la partie de l'Océan trarersée entre le Sn' rt lo /io* degré de longitude ouest. Les eaux perdent fliinfi cet intorvalli^ 3°,6o. Cette zone doit être considérée roninin la séparation du régime de la mer entre le nouviMU cl ranri(*n continent. Dans le voisinage des Açores, la nioyninr t(!nip('*ralure de TOcéan est de l8^ao; on peut ron.il.ih'r rnron* dans ces parages une décroissance plus ,if'('r|i*n*r qur dans le reste de la traversée. La disposition piir lar^r.H nappr.s, dcj^alc température, se maintient ensuite diini rOci'aii jiiM|u*aux rivages de France. On arrive à conslalcr If niininiiiiii dr i.V'.sio Si iGo milles de Tembouchure tir la Lnirr ; piiis l.i t(*nipérature s'élève légèrement en <i|)|iiorliaiit {\rs rotes, jus(|uVi atteindre l4^5osous Belletir, l'ii fli'litMs clr l'action des eaux du lleuvc.
l/r\iiiiicn lie la .série des cliilIVes contenus dans le tableau prcrtMliiit l'tahlit cette |)roposition générale : que les eaux lie roreiiii Atlantique, (Mitre les terres iutertropicalcs de TAiiii''iii|iie et l.i l'j'^ioii moyenne des côtes de TEurope, poslèileiit lies teiiipi'ralnre.^ inoyeiuics ])lus élevées que celles fies terres qu'elles bai;;iUMil.
' \iiii lii imiiiIh fi^iiiiT .Mil l.i rarlc.
OBSERVATION DES ASTEROÏDES DU 1 3 AD 1 /l NOVEMBRE.
Pendant la même traversée, j'eus Toccasion d'observer le passage périodique des astéroïdes du 1 3 au 1 4 novembre. A mon arrivée à Paris, j'adressais à l'Académie des Sciences la note suivante , qui fut présentée par M. Boussingault dans la séance du 3 décembre i866.
« Le 1 3 novembre deniier, à 45 milles au nord-est de l'île de Flores , la plus septentrionale des Açores , et vers i o heiu'es du soir, nous fûmes témoins , à bord du paquebot l' Impératrice-Eugénie , de l'apparition des étoiles filantes périodiques qui se représentent chaque année à la même date, et qui, cette année , comme en 1 779 et 1 833 , sillonnèrent la voûte céleste avec une remarquable intensité.
« Le ciel était pur, une bande étroite de nuages couvrait le tour de l'horizon jusqu'à une hauteur de 10 degrés. Derrière ce voile et dans une direction N. 59 degrés E. émergeait d'un même point une série de traînées lumineuses qui parcouraient le ciel comme les fusées d'un feu d'artifice. Ces trajectoires parallèles figuraient en perspective les cercles méridiens d'une sphère ayant son pôle au point d'émergence.
(( Les étoiles qui suivaient les cercles voisins de l'horizon ressemblaient à celles qui, chaque nuit, parcourent l'espace, et leurs trajectoires étaient d'autant plus courtes qu'elles étaient plus rapprochées de l'horizon. L'éclat de celles qui se mouvaient plus haut dans le ciel augmentait en intensité et en durée , jusqu'à présenter, pour les étoiles qui passaient au zénith, l'apparition la plus merveilleuse.
«(L'étoile, dans ce cas, s élevait perpendiculairement à rhorizon , atteignait le zénith , puis descendait à f horizon opposé en laissant derrière elle un immense arc phosphorescent.
tt Le temps moyen employé par ces apparitions pour se rendre dun horizon à l'autre , en passant par le zénith, était de six secondes. Dans la moitié de ce trajet, à 45 degrés de part et d'autre du zénith, le noyau de l'étoile était parfaitement visible : il paraissait sphérique, d'un rouge cerise sombre, accompagné en arrière d'un croissant d'un bleu phosphorescent très-lumineux, qui laissait après lui une traînée lumineuse de même couleur, restant visible à l'œil nu pendant plusieurs secondes ou même plusieurs minutes, et encore sensible à la lunette après un temps plus long.
«De 10 à 1 1 heures, les étoiles apparurent, soit isolées, soit groupées par deux ou trois, marchant avec la même vitesse, à des intervalles qui variaient de quatre à vingt secondes, et donnaient pour terme moyen une apparition simple toutes les sept ou huit secondes. Ce phénomène se ralentit à partir de 1 1 heures, pour cesser vers 3 heures 3o minutes du matin, le ili.
(( Le nombre total des apparitions de cette deuxième période peut égaler celui de la première.
(( Pendant les deux périodes apparurent, dans diverses régions du ciel, des étoiles sporadiques se mouvant dans des directions variées.
(( Durant la nuit du i a au 1 3 , aucune observation n'avait pu être faite, par un ciel très-couvert, qui amena une grande pluie le 1 3 au matin. »
D'après les chiffres indiqués plus haut, le nombre des apparitions d'étoiles dans la première période, de i o heures
à 1 1 heures du soir, aurait été de 5 1 A. Dans la seconde période, de 1 1 heures à 3^,3o' du matin, un nombre sensiblement égal fut constaté. On obtient donc, pour toute la durée de la nuit du 1 3 au i /l novembre, un millier d étoiles rdantes visibles pour un observateur placé au N. 0. des îles Açores.
U peut être intéressant de rapprocher de ce chiffre ceux qui ont été relevés pour la même nuit dans diverses stations du globe.
A Paris, d après les observations de MM. J. Silbermann et Amédée Guillemin, faites à Tobservatoire du Collège de France, il\o apparitions eurent lieu pendant la première heure. « Toutes rayonnaient du N. E. d'un point voisin de rhorizon, et la plupart avaient l'apparence de chandelles romaines d'un blanc jaunâtre; exceptionnellement elles présentèrent la teinte vert-émeraude , vert pâle et rouge pourpré. Les apparitions qui se succédèrent, pendant les quatre heures suivantes, paraissent avoir atteint un nombre double des premières, soit en tout plus de Aoo. »
A Londres, M. Phipson observa, de i i heures à a heures, plus de i,8oo météores. M. Symons, dans un autre quartier de la ville, en a compté loo en moyenne par minute. M. James Glaisher, à Greenwich, en observait 7,800 environ de 9 heures à 5 heures du matin.
Ces nombres si différents pour une même station ne permettent pas dapprécier l'intensité réelle du phénomène. Cependant il parait vraisemblable de supposer que les apparitions ont été plus nombreuses à Londres qu'à Paris. Les deux capitales sont placées, comme on sait, à ido kilomètres de distance; on doit en conclure que les faisceaux météoriques aperçus dans les deux stations n'étaient pas les mêmes et qu'ils devaient , pour échapper à une observation
commune, cheminer dans les régions basses de notre atmospluTe, fait prouvé par divers observateurs^
A Metz, M. C.*M. Goulier observa, par une atmosphère en grande partie couverte, et reconnut très-exactement le point de radiation dans les étoiles du cou du Lion (près de y), qui occupaient dans le ciel une hauteur de a a* à a3* au-dessus de Thorizon. Ce point de radiation avait déjà été observe en i833. Le i3-i^ novembre 1866, il se trouvait au-dessus de Thorizon pour les stations précédentes (il passa au méridien de Paris le i& à 6\3o du matin), tandis qu*il rcsti un peu au-dessous pour les iles Açores.
Dans les portions de la terre qui avaient cette région du civï plus en vue, ie phénomène se présenta avec une intensité exti'ume; tous les astéroïdes émergents s offraient à la vue et formaient comme une piuie d'étoiles du plus étonnant effet. Cest ainsi qu*un voyageur français, M. Méchain, en fut témoin dans la partie centrale de THindoustan, vers /i lienrr» du matin, le ilx (11 heures du soir, i3 novembre*, heure d(* Paris). La constellation du Lion étant alors prrs du zrnitli pour cette partie de la terre, la pluie paraissi\ii (If'srcndre r\ former comme une nappe d'étincelles qui suivait la voûlr rrlcvslc vers tous les points de Thorizon. Ij'.s marins m navigation dans la mer des Indes jouirent (lu hr'au spiTtarle dr cette apparition et la consignèrent sur Ifur livn* de bord comme un phénomène extraordinaire.
A filr dr la Réunion, les habitants qui la virent furent
' M. M. llrrHf'licll , vn n'-siimaiit Ips (ibsrrvalions faites en Anptelcrro, en All<'iiia;;iic, «Il Ilalir et ;iiix Ktats-l;ni>. n adopt**, pour la haiitcMir moyenne rlu point d'appai itioii ilrs rt(>il(>s (îlantfs, i kj kilomètres, et 87 pour relie du [Hiinl où une /'toile sV'tfiiii. La limite fie notre atmosphère se trouve bien plus
frappés de stupeur; même apparition fut observée à Madagascar et au Cap. En somme, elle fut aperçue en Europe, en Afrique et en Asie, c est-à-dire dans Thémisphère qui était tourné vers la constellation du Lion. En Amérique, on ne pouvait rien voir, et les observateurs de ce continent ont pu croire un moment que les pressentiments d'Olbers et les calculs si précis de M. Newton, Tastronome américain, qui fixaient à cette année et à cette dale le retour des astéroïdes de novembre, ne se vérifiaient pas.
M. Faye, dans une note lue à l'Académie des sciences, dans la séance du ig novembre 1866, fait observer que les apparitions du i3 novembre, de même que celles du 10 avril et du 10 août, qui ont un caractère de périodicité bien reconnu, appartiennent à des essaims météoriques dont les anneaux sont à peu près circulaires comme Torbite de la terre, et que les plans passant par la tangente à Torbite terrestre et par les points de divergence de ces astéroïdes sont tous à peu près peipendiculaires à fécliptique. L'inclinaison moyenne est de 88° 1/2 pour ce groupe, tandis que, pour le groupe des météores sporadiques des 10 avril, 19 octobre et 1^2 décembre, les plans correspondants sont tous couchés à peu près sur Técliptique, leur angle moyen étant de 1°.
Dans une seconde note, présentée dans la séance du 'ik décembre 1866, le savant astronome de la Commission, en examinant et en résumant les travaux récents de MM. Al. Herschell, Heis, Newton, Secchi, Schiaparelli, Greg, Behrmann, et les observations de MM. Coulvier-Gravier, Chapelas et Saigey, en a déduit les propositions et les faits suivants, qui résument les connaissances acluellement acquises sur ces phénomènes astronomiques :
1° Les trajectoires des étoiles qui nous arrivent dans une
direction donnée sont rejelées pour la pkipart de TmÊbK
coté du zénith;
1* Le centre de gravité des mflieiB de trajectoires se meut en sens invene de
3* L#a quantité d'étoiles qui atte^nent* pm d hol le mit, lin horizon déterminé, varie évidemoieiit avee le du point radiant au-dessus de cet horiiOD. La sera atteint «u moment du passage de ce point au naéridieii supérieur;
A* L*ampiitude des trajectoires dépend de la dSiÂeDoe aénithalc de Tétoile fiianle;
5* I^a période de retour peut être fixée à trente-quatre années'.
Ajoutons encore, avec M. Paye, que Tétnde géométrique de la marche des étoiles filantes amèuera k fizer mien enf!ore la connaissance de ces phénomènes, particaKèrement intéressants pour nous, puisqu'ils se passent dans les li-
' 1^ mtour fut Aensiblfi à partir de 1 864 . el le ph é n o Bi è ne mgBniuUi Ah trniiit«* juMiuVii i866. On «^attendait pourtant au manimiai pour fuuiée 1H67 ; inniA la prrâicTiro de la pleine lune empêcha d*obserfer le retour nnn^t, Kn i8(»8, il fut observa en Amérique, et il parait avoir étéaus» ianl (|u*«'ii iSfUi en Fîiirope, ce qui permettrait de placer le maiimuiB en 1^(17.
Voici vv que non» communique do Mexiro le profesACur Don Antonio del ( JiMillo (ettrnil du Siylo XIX) :
■ f jfie ninie d'étoileii filante» fut observée, dan» la nuit du i3 novembre der» fiiiT (1868) , au Minmil de la Luz, près de Guanaxuato.
fl Ver» minuit, des aAtérokle» brillante, en quantité infinie, commençaient il %e df'tiiclier du riel et A former une pluie d'étoiles. L'atmosphère parais. Hflit pleine flr lumi^re , et le phénomène dura jusqu'à 5 heures du matin le 1^. Le» inélrore» hc rroinaient dnns toutes les directions; mais ils étaient plus nombreux et plus brillniils vers le N. K.
f Dans la matinée du 1 5 . des étoiles apparurent encore : elles se limitèrent seulement à 10 ou 12 grnnds météores qui sillonnèrent le ciel à des intervalles de plusieurs minutes. »
mites de noire almosphèrc. Ils entreront peu à peu dans Tensemble des faits astronomiques définis, et Ton doit espérer que bientôt, grâce à de nouvelles observations, les diverses circonstances de leur apparition pourront figurer dans les éphémérides avec autant de rigueur que les annonces d'éclipsés et d'occultations.