‹ Exposé budgétaire [microforme] (volume 5)Chapitre 1 sur 8 · M. FOSTER · texte numérisé non relu

M. FOSTER

chambre de se former en comité des voies et moyens pour examiner les subsides qui doivent être accordés à Sa Majesté, je demande pour quelques instants l'indulgence des députés présents, pendant lesquels je vais aire un exposé concis, mais clair et précis, je l'espère, de l'état financier du pays, des opérations de l'exercice passé et de l'exercice présent, et de quelques estimations pour l'exercice à venir.

Sous deux rapports, pendant les années passées que nous avons à examiner, le Canada n'a pas été aussi favorisé que nous l'aurions désiré.

qui avait donné de belles espérances au début de l'année dernière n'a pas tenu ce qu'elle promettait, n'a pas été aussi abondante qu'on pouvait l’espérer, ni aussi abondante que les années précédentes.

Le commerce de bois à eu à souffrir, dans une certaine mesure, de l'encombrement du marché anglais, et, aussi, dans une certaine mesure, des perturbations qui ont surgi dans plusieurs Etats de

l'Amérique du Sud, où nous expédions une grande |

partie de notre bois. Ces perturbations ont été causées par une mauvaise administration financière et des soulèvements et des -révoltes intestines. Sous ces deux rapports, les espérances que nous avions formées pour le Canada ne se sont pas réalisés, mais à part cela nous pouvons nous féliciter, dans cette chambre et dans le pays, de l’état général et de la condition de notre commerce, de nos industries et de nos produits. La récolte, bien que n'ayant pas été abondante, n'a pas été, à tout prendre, beaucoup au-dessous de la moyenne, et.les prix que nous avons obtenus pour nos produits agricoles ont probablement été beaucoup plus élevés que l'année précédente, de sorte que le résultat final, pour le pays ên général, n'a pas été aussi désastreux qu'on aurait pu le croire d'abord.

Pour l’année actuelle, nous ne pouvons pas dire, sans doute ce qui arrivera d'ici à quelques inois, mais les perspectives, surtout-dans le Nord-Ouest, le Manitoba et certaines parties des anciennes pro- | vinces, sont excellentes. Une superficie plus considérable, surtout dans l’ouest, a été mise en cul- | ture, et à l'heure qu'il est les espérances sont des plus brillantes.

En me levant pour demander à lu !

La récolte’

À propos du commerce étranger pour l'exercice ISS9-90, je puis dire que l'énbbnblé de ce commerce a été de $14,000,000 plus élevé que le chiffre de l'exercice précédent, et que c'est un des exercices les plus prospères dans l'histoire de la Confédération; notre commerce à été de $65,000,000 plus considérable que pendant l'exercice de 1878-79, le dernier du gouvernement qui à précédé celui-ci.

Les exportations du dernier exercice ont été de #7,500,000 plus élevées qu'en 1888-89, et d'environ $25,000,000 plus élevées qu'en 1878-79. Notre commerce avec l'Angleterre à été de K7,000,000 plus considérable qu'en ISS8-89, et il à aussi augmenté plus où moins avec la France, l’Allemagne, le Portugal, l'Italie, 14 Hollande, la Belgique, la Chine, le « Japon et la Suisse. Il y a eu une diminution d'environ %1,000,000 dans notre commerce avec les Etats-Unis d'Amérique, une ! faible diminution avec l'Espagne, et une diminution plus marquée avec Terreneuve, l'Amérique du Sud et les Antilles. J'ai déjà indiqué les raisons qui ont amené cette diminution du ecommerce avec quelques-uns de ces pays, et je puis dire dès maintenant que, grâce à la réalisation des promesses | faites l'an dernier, l'exercice courant, qui est maintenant terminé, accusera une forte augmentation dans les exportations, même sur la forte augmentation de l'exercice précédent.

Le commerce intérieur du pays, si on le prend dans son ensemble et dans ses grandes lignes, nous arait être dans de bonnes conditions. Certaines er de l'industrie sont florissantes, pendant que d'autres ne sont pas aussi prospères, et à tout prendre, je crois exprimer l'opinion des gens d'affaires en affirmant que la situation du pays est bonne si elle n’est pas très prospère.

| Le commerce interprovincial qui, d'année en année, devient un facteur de plus en plus important | de notre prospér ité augmente constammen* et bien | que nous n'ayons pas de moyens certains de constater par la statistique l'augmentation exacte de l'ensemble de ce commerce, nous possédons des preuves certaines qu'il augmente considérablement | et qu'il apporte avec lui ce surcroit d'énergie, de | vie et de prospérité que nous constatons.

PA

Nous ce rapport, nous avons eu des auxiliaires précieux dans nos chemins de fer, les lignes princi: pales qui ont été construites et qui sont aujourd'hui dans les meilleures conditions d'exploitation, et les autres lignes plus petites qui desservent certains centres intérieurs et qui alimentent le trafic des grandes lignes, Ces chemins de fer, grâce à une administration généralement prudente, sont devenus d'année en année des agents puissants pour le développement du commerce intérieur du pays. Le dexnier exercice à aussi été marqué par un surcroit d'activité dans l'industrie minière au Canada, Le gouvernement à contribué à ce résultat en mettant dans le tarif une clause admettant en franchise pendant trois ans, certaines machines et certains outils qai ne se fabriquent pas ici.

La prime sur le fer produit aussi son effet, et dans certaines parties du pays, la puissance de produerion du Canada sous ce rapport, sera considéra. blement nagmentée cette année, grâce aux capitaux qui sont placés dans cette industrie.

La visite faite à ce pays par l’association des mineurs et ingénieurs d'Angleterre, à l'occasion de sa réunion annuelle, à été, m'assure-t-on, d'une grande importance pour le développement de cette industrie. Les opinions et les intentions de ces hommes experts et essentiellement pratiques ne peuvent que contribuer à faire mieux connaître les grandes et importantes ressources du Canada. Je ne dois pas oublier la part qui revient, sous ce rapport, au bureau du gouvernement spécialement chargé de cette question, et je me fais un devoir de mentionner aussi tout le bien accompli par la commission nommée par le gouvernement d'Ontario, qui a fait des travaux très importants et à fourni des renseignements très complets.

Ni l'immigration n'a pas été aussi considérable que pendant certaines autres années, elle à été d'une classe plus désirable pour notre pays. Klle consiste en hommes responsables, ayant de l'argent, des connaissances en agriculture, qui viennent iei dans l'intention de s'y fixer et de faire vuloir le pepe qu'ils acquièrent, Je suis certain que

a visite des cultivateurs anglais qui a été si cons- | ciencieusement faite et qui nous à valu un rapport |

plus complet et plus pratique que tous ceux que Jai vus, aura pour effet d'éveiller l'intérêt en Angleterre et des autres pays de l’Europe et nous amènera une augmentation dans le nombre des immigrants de la classe que nous désirons avoir. Nos institutions financières, en général, ont bien supporté la forte crise de l'an dernier.

Pendant |

qu'aux Etats-Unis les banques tombaient les unes |

après les autres, par suite de la tension et des ditticultés du marché monétaire, pendant qu'en Angle-

terre, et à Londres, le centre du marché monétaire |

du monde entier, il yaeu de fortes craintes et de grands embarras, les banques du Canada ont continué leurs opérations ordinaires. Cela est dû, je crois, à l'excellent système de banque que nous avons ici, mais aussi en grande partie, à l'expérience pratique et de l’habileté prudente de ceux qui administrent ces institutions. Ils suivent les indications du commerce dans le monde entier, telles qu'elles se font voir de temps à autres, et ils se conforment prudemment aux nécessités du moment; ils tirent profit des avertissements qu'ils obtiennent de cette manière et ils peuvent ainsi suivre une voie sûre.

Notre crédit à l'étranger est aussi bon que les années précédentes, bien que les embarras finan-

Let du pays que

ciers qui ont agité tout le monde civilisé, et surtout les marchés monétaires de l'Europe, aient eu our effet de déprécier nos valeurs, comme les vaeurs de tous les autres pays, et de toutes les autres colonies, méme les consolidés anglais, nos valeurs sont cependant dans une meilleure situation que celles des colonies sœurs et à tout prendre, elles supportent avantageusement li comparaison sous tous les rapports,

Nous pouvons aussi nous féliciter de l'abondance du revenu du dernier exercice, le plus élevé qu'il y ait dans l'histoire du pays, et qui ne provient pas d'un sureroit de taxes par suite de changements dans le tarif, mais qui est une preuve de la plus gr ande capacité d'achat que possède uotre popuiation, et partant indique une certaine prosperite et une situation financière solide,

Nous pouvons aussi nous féliciter de l'équilinre qui a été maintenu entre les recettes et les dépenses, cquilibre qui ressortira plus clairement lorsque j'aborderui les détails sur ce point.

Cependant avant de terminer ces remarques qui servent pour ainsi dire de préambule aux questions plus importantes qu'il me reste à traiter, Je puis ujouter que nous possédons une population heureuse, unie, entrepresante, bien intentionnée, satisfaite de ses institutions, contente de son sort, pleine de confiance dans l'avenir, et de progrès et dot vité dans le présent,

Avec la permission de la chambre, je vais m'occuper à présent de quelques questions générales de commerce. On se rappelle qu'il y a deux où trois ans j'avais l'honneur de présenter certaines résolutions concernant l'établissement d'un service de

[bateaux à vapeur avec les Antilles, l'Australie, la

Chine et le Japon, et un service plus rapide, plus régulier et plus eflicace avec l'Angleterre. Jai la satisfaction d'annoncer aujourd” hui que deux de ces lignes sont maintenant établies, et je l'espère, solidement établies. Différentes lignes s ont été étnblies entre le Canada et les Antilles, comme une expérience, dans le but, si c'est possible, d'établir un commerce plus considérable avec les iles de la mer des Caraïbes et quelques ports de la côte de l'Amérique du Sud ; bien qu'on ait eu à surmonter de graudes difficultés dont la chambre connaitra la nature lor sque cette question lui sera soumise, je crois pouvoir annoncer à mes collègues que ces lignes sont maintenant passablement bien établies, à des conditions aussi avantageuses que nous pouvions l’espérer dans les circonstances, et sur des bases qui, d'ici à deux ou trois ans, nous permettront de démontrer à la satisfaction de la chambre ces iles peuvent nous offrir un commerce considérable et rémunérateur, surtout pour certaines branches d'industries qui se complètent l’une et l’autre et qui ne font concurrence à aucune industrie déjà existante dans l'un ou l’autre pays ; nous n'avons à lutter que contre la concurrence ét rangère.

Quant à l'océan Pacifique, je puis dire que la ligne de navires subventionnée par le gouvernement impérial et en partie par le gouv ernement canadien, est enfin un fait accompli. Depuis deux mois le premier de ces ravires rapides, solidement construit et richement aménagé, est en opération et la malle et des passagers sont allés de” Jrient en Angleterre à travers le Pacifique, à àtravers la partie canadienne de ce continent et à travers l'Atlantique, dans un délai réellement étonnant, qui a fait l’étonnement et nous à valu les éloges de he presse

See

som)

et des homes publics de l'Angleterre et des autres pays europeens,

4 gouvernement à aussi fait tout son possible jour améliorer de la méme manitre le service sur Atlantique. La Chambre connait l'historique du cette question à venir jusqu'à l'an dernier, Durant le dernier exercice nous avons conclu un arrange. ment provisoire avec une compagnie d'une grande solidité financière et dont M. Bryce Douglas était l'agent au Canada, M, Douglas « visité le pays et inspecter la ligne du chemin de fer Eten du Pacitique et les ports de ln côte du Pacifique. Je puis dire qu'il a été enthousiasmé de l'avenir qui s'offre à ce pays, et des espérances d'un commerce rémunérateur sur ce continent et sur l'Atlantique suthisant pour l'engager à établir une ligne de nu. vires de premitre classe entre les ports du Canada | et ceux de l'Angleterre,

Un contrat provisoire fut conclu et sans deux |

circonstances regrettubles, je crois que le gouvernement serait aujourd'hui en état d'annoncer qu'un contrat formel a été signé pour l'établissement d'une ligne de navires égaux sous tous les rapports à ceux qui font le service entre New-York et l'Angleterre et le continent, L'une de ces circonstances est la! erturbation survenue sur le marché monétaire de ‘Angleterre, à la suite d'événements que tout le monde connait, et l'autre c'est la mort soudaine et regrettable de M. Bryce Douglass lui-même qui était l'âme de la compagnie.

Cette mort prématurée de M. PDouglass et l'état agité du marché monétaire ont retardé le projet et le gouvernement est obligé de se remettre à l'œuvre, | avec l'aide de la subvention libérale que le parle ment a inise à su disposition, pour travailler à attein- | dre le but que cette chambre est unanime à désirer.

Depuis l'an dernier, le bill MeKinley qui était en | discussion, pendant que cette chambre était en ses: sion, et dont les principaux traits étaient connus | avant que nous nous fussions séparés, est maintenant | en vigueur. Beaucoup d'intérêts dans ce pays! voyaient ce bill avec de grandes hésitations et de | grandes craintes. Il menacçait certaines branches | de notre commerce, Sous plusieurs rapports, il devait produire des déplacements et des diversions dans notre commerce, Aujourd'hui, le Canada à fait de ce bill une expérience de quelques mois, et et autant que je puis voir, par une étude sincère de ce qui à eu lieu pendant ces quelques mois dans les industries affectées, les intérêts canadiens ont subi le choc sans être ébranlés, ils ont beaucoup moins souffert qu'on ne s'y attendaient, lorsque le bill était | en discussion devant le congrès de Washington et sur le point d'être adopté.

Tout en déplorant certains traits du bill Me- Kinley, la population du Canada savait que depuis ISS7 jusqu'aujourd'hui, ce n'est pas la faute du! gouvernement canadien si les relations commerciules entre les deux pays ne sont pas plus satisfaisantes qu'elles ne le sont.

Notre population savait que lorsque l'ancien traité de réciprocité a été abrogé en 1866, ce n’est pas à la demande du Canada, mais à la demande expresse des Etats-Unis ; elle savait que depuis, à plusieurs reprises, le Canada à fait des avances, dans un esprit honorable et conciliant, pour la reprise des anciennes ou la formation de nouvelles relations sur des bases équitables et raisonnables. Tenant compte de ce quiasuivi l'abrogation de! l'ancien traité de réciprocité, la population cana- | dienne, tout en déplorant certaines clauses du bill |

MekKinley, n'a pas cru qu'il y avait raison de s'alarmer ni de se décourager, vu l'expérience du passé, notre situation actuelle et les espérances que nous avons pour l'avenir,

Les Canadiens se sont ruppelés qu'après IS66 ils avaient eu assez d'énergie, d'hubileté et de détermination pour convertir ce qu'on supposuit devoir être un grand malheur, en un réel bienfait, en ce que les Canadiens ont dû s'en rapporter à euximémes et à leur énergie pour se trouver de nouveaux débouchés avantageux pour le commerce, et l'écoulement des produits ; cette fois encore, ils se sont dit que tout en ayant désiré des relations commerciules plus cordiales avec les Etats-Unis, il leur restuit assez de ressources, d'énergie et de brillantes perspectives pour faire face à la situation sans mur: murer ni perdre confiance dans l'avenir,

Ce bill McKinley était à peine voté, qu'à la demande des représentants d'une industrie impor: tante j'ai envoyé un homme pratique et habile en Angleterre pour étudier dans tous ses détails une industrie qu'on croyait devoir être gravement atteinte par le bill McKinley, le commerce des œufs ; l'enquête que cet envoyé à faite, qui a été poursuisuivie depuis par le haut commissaire nous à procuré une foule de renseignements qui nous démontrent avec certitude que nous possédons en Anygleterre, pour les œufs et les volailles, un marché illimité où la concurrence locale est presque nulle et où la demande va toujours augmentant, Lorsque nous aurons étudié et bien compris les besoins et l'idiosyncrasie de ce marché, ce qui nous sera facile, nous aurons là une débouché permanent et illimité

| pour les articles qu'il nous plaira de produire et

d'exporter,

La statistique nous enseigne, sans l'ombre d'un doute, que sur le marché américain la demande pour le surplus de notre production d'œufs devenait de plus en plus restreinte par suite de la concurrence locale et l'augmentation de la production indigène, Cette même statistique nous enseigne qu'en Angleterre la demande dépasse continuellement l'offre, et qu'il n'est pas probable qu'il vienne un temps où la production indigène sera plus suftisante qu'aujourd'hui. Ce quiest vrai pour les œufs est également vrai pour les volailles, les animaux vivants, le foin et autres produits. Je ne crains pas que ma réputation ait à souffrir en aflirmant que l'exportation de ces produits suivra la même marche et produira des résultats tout aussi avantageux que l'exportation des animaux, du fromage et autres produits, qui à eu des commencements trè8 modestes et qui rapporte aujourd'hui des millions à notre commerce et des bénéfices considéra-

bles à nos producteurs,

Je suis certain que personne ici ne désire un autre résultat. Et après l'expérience que j'ai du passé, après les études que j'ai faites des conditions de ce commerce, je ne vois rien pour m'engager à être plus modéré que je l'ai été dans mes déclarations.

Pendant ces dernières années, plusieurs tentatives ont été faites aussi pour augmenter notre commerce avec les Antilles. On a subventionné dans ce but des compagnies de navires à vapeur, et lan dernier,

Len vertu d’une décision du Conseil j'ai eu l'avan-

tage de visiter ces pays, d’avoir des entrevues avec

| les gouvernements, les marchands et la population,

pour me renseigner plus intimement sur les conditions et les avantages que nous pouvions attendre d'un commerce plus considérable avec ces îles.

Qu'ai-je constaté dans ce voyage? D'abord j'ai constaté que la population des Antilles anglaises était très bien disposée envers le Canada, On s'est montré enchanté de l'intérét que ma visite excitait parmi le pRuge Ils n'ont que des sentiments d'af fection pour leurs frères du nord, et tous sans exception, se sont montrés favorables à létablissement de relations commerciales plus étendues entre ces îles et le Canada, Justement vers cette époque le bill MeKinley entra en opération avec ses effets divers sur la population des Antilles, et cette nouvelle loi les porta à réfléchir avant d'accepter les propositions que j'étais autorisé à leur faire d'un tarif différentiel pour les produits qu'un des deux pays eut avoir besoin de l'autre. L'adoption du bill MeckKinley les obligea à étudier sérieusement la nouvelle situation qui leur était faite, à ce momentlà, avant d'accepter mes propositions, ou prendre une décision quelconque.

La faute que nous avons commise, c'est de n'avoir |

pas établi un navire à vapeur entre le Canada et ces îles, il y à douze ou quinze ans. Ni nous avions fait cela nous aurions ouvert des débouchés au

commerce des deux pays avant l'établissement des |

lignes américaines et nous aurions aujourd'hui un commerce solidement établi avec tous les avantages qui en découlent. Pendant que nous restions inactifs, négligeant notre devoir, des navires fuisaient un service fréquent et régulier entre ces îles et les ports des Etats-Unis, des relations commerciales s'établissaient, des débouchés étaient trouvés et aujourd'hui, le Canada, pour introduire ses produits dans ces pays, est obligé de lutter contre des intérêts puissants et un commerce bien établi.

Mais je n'en suis pas moins convaincu, que lorsque la question aura été soigneusement étudiée, lorsque le bill McKinley aura été en pleine opération, avec les clauses de réciprocité qu'il contient,

les populations des Antilles qui sont si bien dis- |

posées envers nous, qui ont un si grand désir de commercer avec nous, seront désireuses et heureuses

de s'entendre avec nous pour adopter un mode com- |

mercial également avantageux aux îles des Antilles etau Canada. La chose ne devrait pas exister, mais il est possible que quelques-uns trouvent plaisant de ridiculiser l'idée d'établir un commerce entre le Canada et les Antilles. On nedevrait pas se permettre cela. Il est vrai que les Antilles sont habitées en grande partie par une population noire, mais cette population est nombreuse et consomme beaucoup.

s'élèvent à $75,000,000 dont près de la moitié œnsiste en importations d'articles, qui sont des spécialitésdu Canada, en ce qui concerne leur production. Ils consomment ces articles, qui sont nos produits naturels et les produits de nos industries ; et je suis convaincu que ces articles, lorsqu'ils seront connus aux Antilles, y trouveront un écoulement facile. Ce fait est prouvé par le résultat que nous avons obtenu l’an dernier et, aussi, par les résultats que commence à produire l'exposition de la Janaïque où le Canada à exposé de nombreux produits et remporté les plus beaux succès. A cette expo ion, qui a fait disparaître une foule de préjugés et une foule d'idées erronées que les habitants ‘de cette île nourrissaient à notre égard, le Canada & exhibé ses marchandises le plus avantageusement possible ; il a prouvé à ces Éabitants qu'ils pouaient faire avec nous un commerce qui serait avantageux aux deux pays ; il a jeté les bases de ce commerce en faisant des ventes réelles de diffé

L'ensemble du commerce de ces îles |

rents articles et ceux qui exposaient lt des échauntillons de leurs produits, m'ont déclaré que les erspectives d'un commerce futur entre ce pays et e notre sont des plus belles,

Puis, dans le cours de l'année derniere, nous avons eu, de la part des Etats-Unis d'Amncrique, une réponse différente de celles que nous en avons recues depuis IS66 jusqu'aujourd'hui, Les papiers, ou au moins une partie de ces pps été déposés sur le bureau de la chambre, Ts feront plus turd le sujet lune discussion, Qu'il me suflise de dire, pour le moment, qu'à l'invitation de M. le secrétaire Blaine

Quelques VOIX : Ecoutez ! écoutez !

M. FOSTER les délégués du Canada se sont rendus à Washington dans le but d'avoir une entrevue non officielle avec M. Bluire et de parler des possibilités de relations commerciales entre les Etats-Unis et le Canada. Ces délégués ont été à Washington à la demande expresse des Etats-Unis et pour la convenance de ce pays et non pour la notre, le président de la république américaine nous à demandé d'ajourner cette conférence non oflicielle qui avait été fixée à cette époque et de nous réunir à sa propre demande, au mois d'octobre prochain, à Washington. Voilà le véritable état de choses. Relativement aux offres qui, souvent, ont été faites par l'entremise des ministres anglais et autrement, c'est la première fois que le gouvernement américain donne à entendre qu'il consent à traiter avec nous et à discuter ouvertement et {librement les bases d'une convention commerciale. [I ne n'appartient pas, aujourd'aui, il ne serait

pas prudent, non plus, de tracer les lignes, on de [faire connaître les détails de la politique que sui-

vra le gouvernement, lorsque cette assemblée aura {lieu à Washington, en octobre, Cependant, je puis dire que le gouvernement est prêt, comme l'ont | toujours été les gouvernementsconservateurs, à traiter avec les Etats-Unis sur des bases justes let équitables et désire sincèrement et ardemment | faire disparaître tous les griefs qui existent, et don- [ner la plus grande liberté de commerce compatible ‘avec les plus grands intérêts de ce pays dans ses rela- | tions avec les Etats-Unis d'Amérique. On ne devrait | certainement pas demander plus au gouvernement d'un pays qui jouit de l'autonomie et qui se respecte, | Plus que cela, nous pouvons dire que, bien que nous consentions à faire toutes les concessions que nous pouvons raisonnablement faire sous ce rapport, nous ne voulons pas aller jusqu'à renoncer au commerce que nous lai,ons avec la Grande-Bretagne et les autres pays de l'univers ; nous ne voulons pas perdre, pour un gain douteux, les avantages réels dont nous avons joui et que nous espérons retirer [encore par nos relations avec la mère patrie, relations dont nous avons tant retiré dans le passé et dout nous espérons tant retirer à l'avenir. Mais, autant que la chose est compatible avec les meilleurs intérêts de ce pays et dans le sens le plus large, commercialement etnationalement parlant, eu égard | à notre position comme pays formant une partie de l'empire, nous sommes disposés à faire tout ce que nous permettront ces considérations, mais rien de plus. Et le gouvernement des Etats-Unis ne voudrait exiger rien de plus. Le gouvernement d'aucun pays qui se respecte ne voudrait demander plus, mais estimerait la nation qui conserverait le respect de soi-même, position que nous devons inévitablement prendre. Je ne désespère pas que,

aride ai D

lorsque notre conférence aura lieu, en octobre, s'il ne survient pas des empéchements qui pourraient amener un fiasco, il soit possible d'adopter un! systéme qui rendent nos relations commerciales | avec les Etats-Unis beaucoup plus satisfaisantes qu'elles ne le sont aujourd'hui. Voilà pour ce qui ü trait à ces questions générales,

Passant à un autre point, je désire signaler le changement qui a été opéré au sujet de nos caisses d'épargnes fédérales, Les membres de la chambre qui ont étudié la constitution de COS CHÎÏSSES d'é épaur'ges, et les règlements en vertu desque ls e Tr ont

été adiministrées, savent que le taux d'intérêt et le montant des dépôts ont été fréquemment changés, Le 24 décembre, 1877, la limite était fixée à 1,000, En ISSO, elle était fixée à 3,000 ; en ISS6, à S1,000 et, en ISS7, le maximum en a été fixé à $1,000, avec une autre limite de $300 par année, comme maxium de dépôt annuel et, en ISS9, le taux de l'intérèt a été réduit à 34 pour 100, Avant l'adoption de cet arrêté du conseil et après, la balance qui avait

iusqu ‘ici existé sur les dépôts, changeu et, de ‘puis le!

mois d'août ISS9, jusqu'aujourd'hui, presque à cha que mois, l'on à vu retirer des caisses d'épargnes du pays, des montants plus élevés que Les dépôts qu'elles renfermaient, Cela ne provient pas tout à fait du changement fait dans le taux de l'intérêt, vu que dépôts quelques mois avant que l'on eût diminué le taux de l'intérêt,

qu'à ce que nous eussions constaté qu'en ISS9-90 il y avait une réduction réclle de près de #2,000,000, Cette réduction, cepe ndant, n'accuse pas de perte dans l'ensemble des dépôts du pays, et, partant, cela n'accuse pas de perte dans les gains du pays, en général, mais plutôt un transfert. Pour prouver ce que je dis, je Lnnerei le tableau suivant :

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