‹ Exposé budgétaire [microforme]Chapitre 32 sur 32 · AVEC L'EMPIRE · texte numérisé non relu

AVEC L'EMPIRE

Mais il est une chose que je crois possible et qu'il convient pour les hommes d'Etat de ce pays, de même que pour ceux de la Grande-Bretagne et des colonies de l'Empire, d'étudier soigneu. sement : c'est la question de savoir s’il ne leur est pas possible de déterminer entre les colonies, Puis entre les colonies et l'Angleterre la coopération qui contribuera à développer les intérêts commerclaux de tous, et d'où il résultera une plus grande force et une plus grande puissance.

J'ai lu dans le Méneteenth Century Review, il y a peu de temps, un article soulevant et discutant la question générale qui agite aujourd'hui des esprits sérieux, de savoir si l’Empire sera en état de suflire à son alimentation dans le cas d’une guerre contre là Grande-Bretagne qui se verrait privée de toutes ressources chez les nations ennemies. Sufire à son alimentation! M. l'Orateur, si les hommes d'Etat ne sont pas capables de résoudre cette question, résoudre toutes

ils doivent être incapables de grandes questions qui de temps

à autre s'offrent à leur considération. L'Empire capable de suffire à son alimentation ! Oui. Il

était établi, dans cet article, qu'il fallait à l'Angleterre 100,000,000 de boisseaux de blé de plus que ne lui fournissent actuellement les colonies, pour pourvoir à l'alimentation de sa population. Cent millions de boisseaux de blé! Mais 50,000 cultivateurs canadiens, avec 100 acres de terre chacun, récoltant 20 boisseaux de blé par acre, produiraient les 100,000,000 de boisseaux de blé dont a besoin l'Angleterre. Et qu'est-ce que 50,000 agriculteurs cultivant 5,000,000 d’acres, si l’on tient compte du nombre de cultivateurs anglais qui veulent de l'emploi, et du nombre de millions d’acres de bonnes terres à blé dans le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest où la charrue n'a pas encore passé.

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Il faudrait à l'Angleterre des viandes pour la valeur de $140,000,000 pour suppléer à l'approvisionnement actuel provenant des pays étrangers, Eh bien ! nous pouvons élever du bétail, des chevaux et des porcs en quantité illimitée dans ce pays.

Et quant au beurre et an fromage, 50,000 cultivateurs ayant chacun 50 vaches, soit un total de 2,500,000, pourraient produire du beurre et du fromage pour répondre à la demande de la Grande- Avec nos immenses terres du Nord- Ouest, ce n'est pas là un chiffre que nous ne puis-

Bretagne,

sions atteindre, si nous prenons les moyens nécessaires pour atteindre ce résultat.

Ainsi, M. l'Orateur, je pourrais pousser plus loin l'énumération, Le sucre nécessaire à l'Angleterre pourrait être fourni par les Antilles et par les Indes Orientales, grâce à la culture de la canne à sucre, culture qui est maintenant négligée et qui appauvrit les planteurs et les ouvriers des Antilles, Cette industrie pourrait prospérer de nouveau avec l’action conjointe de l'Angleterre et des Iles,

Il en est de même de tout le reste, (C’est un problème dont la solution ne demande que du temps et de bons hommes d'Etat. Et, ainsi que je l'ai dit déjà, il est du devoir du Canada, de l’Australie, des autres colonies anglaises et de l’Angleterre elle-même d'étudier sérieusement et attentivement s’il est possible d'arriver à un arrangement qui assurera l'indépendance de l’Empire et de ses colonies en rendant en même temps notre commerce plus prospère et plus rémunérateur.

M. l'Orateur, la politique qui créera un semblable commerce aura atteint un but infiniment plus élevé et plus difficile. Une telle politique fera sortir des profondeurs insondables d'un avenir peu éloigné une vie nationale d’une grande puissance et d'une grande beauté qui grouperait dans une noble unité impériale le Canadien, l’Australien, l'Anglais de 1 Asie et de l'Afrique et des Iles de la mer ; le vieux enrichissant le jeune, le jeune donnant au vieux une vigueur nouvelle—royaume immense dont les éléments d’un commun commerce s’unieraient à l'esprit d’un patriotisme commun, dont la puissance serait un gage de paix, et dont les millions G’heureux habitants jouiraient de la plus entière liberte et de la plus haute civilisation.

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